‹ Œuvres. Collationnée sur les meilleurs textes, et prédédée d'une introdChapitre 14 sur 117 · Nonv, l-'s^.-iis. liv. [V, Si · texte numérisé non relu

Nonv, l-'s^.-iis. liv. [V, Si

INTRODUCTION. \xxv

de nubles penseurs, un axiome; ailleurs, on cherche à démontrer l'existence de l'âme; ici, c'est du corps que l'on cloute; on n'y croit que sur la foi de l'Écriture ou pur l'autorité d'une démonstration '.

L'âme est une substance active douée (T aperceplion, c'est-à-dire de conscience : elle agit incessamment, parce que l'activité est son essence; et en agissant, elle sait qu'elle agit; de plus, son notion est */>< m lunée, c'est-à-dire interne -, elle en contient en elle-même le principe et aussi la fin; l'acte prend naissance en elle, s 'accomplit en elle et ne sort pas d'elle: le dehors ne l'a pas produit et il ne produit rien sur le dehors. Les actions de l'âme sont avant tout des pensées, et il y en a de deux sortes, des pensées distinctes et adéquates, des vérités universelles et nécessaires, des idées, notions ou principes innés; ce sont ces semences de vérités, imprimées par Dieu en nos âmes, et d'où se tire toute science démonstrative; c'est ce que les modernes appellent la raison; puis des perceptions, les unes claires et remarquables, bien qu'inadéquates et indistinctes; les autres, à la fois confuses et obscures, perceptions insensibles, sans aperceplion ni conscience, pensées sourdes [cogilationes cœcas), sans conscience ni aperceplion: ensemble, elles forment ce que nous nommons Y expérience.

Les notions universelles se marquent assez par la vive chute qui les entoure; on sait déjà leur usage, leur rôle, leur origine : leur caractère est d'être démontrables par la réduction aux propositions ou maximes identiques, et d'engendrer à leur tour des vérités démonstratives. La perception, claire ou confuse, est la représentation interne de ce qui se passe à l'externe : claire, elle est accompagnée d'aperception et peut être suivie de mémoire; obscure, elle est dénuée de conscience. Si la perception, source des vérités contingentes, est la représentation de ce qui se passe au dehors, il s'ensuit qu'elle est inépuisable à l'analyse, parce que, dans le momie infini des monades, tout est lié et que chaque chose y a sa raison dans toutes les autres. Aussi, tandis que les notions de l'entendement pur sont distinctes à raison de leur simplicité, la perception enveloppe l'infini, et c'est ce qui fait sa confusion. La raison d'un fait

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