Y\.\T- PROPOS
donnera Irop de licence aux marnais philosophes; et en admettant
ces vertus centripètes ou ces attractions immédiates de loin, sans qu'il soit possible de les rendre intelligibles, je ne vois pas ce qui empêcherait nos scolastiques de dire que tout se fait simplement par les facultés, et de soutenir leurs espèces intentionnelles, qui vont des objets jusqu'à nous, et trouvent moyen d'entrer jusque dans nos âmes. Si cela va bien,
Omnia jam fient, fieri quœ posse negabam.
De sorte qu'il me semble que notre auteur, tout judicieux qu'il est, va ici un peu trop d'une extrémité à l'autre. Il fait le difficile sur les opérations des âmes, quand il s'agit seulement d'admettre ce qui n'est point sensible; et le voilà qui donne aux corps ce qui n'est pas même intelligible, leur accordant des puissances et des actions qui passent tout ce qu'à mon avis un esprit créé saurait faire et entendre, puisqu'il leur accorde l'attraction et même à des grandedistances, sans se borner à aucune sphère d'activité, et cela pour soutenir un sentiment qui n'est pas moins inexplicable, savoir, la possibilité de la pensée de la matière dans l'ordre naturel.
La question qu'il agite avec le célèbre prélat qui l'avait attaqué est : si la matière peut penser ; et comme c'est un point important, même pour le présent ouvrage, je ne puis me dispenser d'y entrer un peu et de prendre connaissance de leur contestation. J'en représenterai la substance sur ce sujet et prendrai la liberté de dire ce que j'en pense. Feu M. l'évêque deWorcesler, appréhendant (mais sans en avoir grand sujet , a mon avis que la doctrine des idées de notre auteur ne fut sujette à quelques abus préjudiciables à la foi chrétienne, entreprit d'en examiner quelques endroits dans sa Vmdieation de la doctrine de la Trinité; et ayant rendu justice à cet excellent écrivain, en reconnaissant qu'il ju<2;e l'existence de l'esprit aussi certaine que celle du corps, quoique l'une de ces substances soit aussi peu connue que l'autre, il demande p. 2 il et suiv.ï comment la réflexion nous peut assurer de l'existence de l'esprit, si Dieu peut donner à la matière la faculté de penser suivant le sentiment de notre auteur (liv. i, chap. .'» , puisqu'ainsi la voie des idées, qui doit servir a discuter ce qui peut convenir a l'âme ou au corps, deviendrait inutile; au lieu qu'il était dit dans