‹ Œuvres. Collationnée sur les meilleurs textes, et prédédée d'une introdChapitre 29 sur 117 · I,-, AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

I,-, AVANT-PROPOS

le iivre 2 <ie l'Essai sur l'entendement (chap. 2M , S 15", 27 et 2H)

que les opérations de l'âme nous fournissent l'idée de l'esprit, et que l'entendement avec la volonté nous rend cette idée aussi intelligible, que la nature du corps nous est rendue intelligible par la solidité et par l'impulsion. Voici comment notre auteur y répond dons la première lettre (p. 65 et sniv.) : « Je crois avoir prouvé t. qu'il y a une substance spirituelle en nous, car nous expérimenta tons en nous la pensée; or, cette action ou ce mode ne saurait » être l'objet de l'idée d'une chose subsistante de soi, et par con- » séquent ce mode a besoin d'un support ou sujet d'inhésion; et

- l'idée de ce support fait ce que nous appelons substance car

» puisque l'idée générale de la substance est partout la même, il ; s'ensuit que, la modification qui s'appelle pensée ou pouvoir de » penser y étant jointe, cela fait un esprit, sans qu'on ait besoin » de considérer quelle autre modification il a encore, c'est-à-dire o s'il a de la solidité ou non: et. de l'autre côté, la substance «qui a la modification qu'on appelle solidité sera matière, soit » que la pensée y soit jointe ou non. Mais si par une substance » spirituelle vous entendez une substance immatérielle, j'avoue de » n'avoir point prouvé qu'il y en ait en nous, et qu'on ne peut

peint le [trouver démonstrativement sur nies principes. Quoique <• ce que j'ai dit sur les systèmes de la matière (liv. i, cli. 10. £ lli . « en démontrant que Dieu est immatériel, rende probable au su- » prême degré que la substance qui pense en nous est immate-

- lielle... . cependant j'ai montré ajoute l'auteur, p. 68 que les >> grands buts de la religion et de la morale sont assurés par l'im- » mortalité de l'âme, sans qu'il soit besoin de supposer son immatérialité. »

Le savanl évèqae, dans sa réponse à relire lettre, pour faire voir que noire auteur a été d'un autre sentimenl lorsqu'il écrivait son second livre de i'Essai, en allègue . pag. 54, ce passage (pris du même livre, e. 2.5. § 15 où il est dit que, o par les idées

-impies que nous avons déduites des opérations de notre esprit, » nous pouvons former l'idée complexe d'un espril : et que, met- 0 lanl ensemble les idées de pensée, de perception, de liberté et H de puissance de mouvoir notre corps , nous avons une notion aussi

claire des substances immatérielles que des matérielles. « Il al-

w wr- propos. i"

lè-nie d'autres passages encore pour faire \oir que l'aulenr opposai! l'esprit au corps, et dit p. 54) que le bul de la religion et de la morale est miens assuré, en prouvant que lame est immof telle par sa nature, c'est-à-dire immatérielle. 11 allègue encore [p. 70 ce passage : « Que toutes les idées que nous avons des espèces par- • ticulières el distinctes des substances ne sont autre chose que » différentes combinaisons d'idées simples, o et qu'ainsi l'auteur a cru que l'idée de penser et de vouloir donnait une autre substance différente de celle que donne l'idée de la solidité et de l'impulsion, et que §4"? il marque que ces idées constituent le corps, opposé à l'esprit.

M. Worcesler pouvait ajouter que . de ce que l'idée générale de substance est dans le corps et dans l'esprit, il ne s'ensuit pas que leurs différences soient des modifications d'une même chose, comme notre auteur vient de le dire dans l'endroit que j'ai rapporté de sa première lettre. Il faut bien distinguer entre modifications et attributs. Les facultés d'avoir de la perception et d'agir, l'étendue, la solidité sont des attributs ou des prédicats perpétuels et principaux ; mais la pensée, l'impétuosité, les figures, les mouvements sont des modifications de ces attributs. De plus , on doit distinguer entre genre physique ou plutôt réel , et genre logique ou idéal. Les choses qui sont d'un même genre physique , ou qui sont homogènes , sont d'une même matière pour ainsi dire, et peuvent souvent être changées l'une dans l'autre par le changement de la modification, comme les cercles et les carrés. Mais deux choses hétérogènes peuvent avoir un genre logique commun, et alors leurs différences ne sont pas de simples modifications accidentelles d'un même sujet ou d'une même matière métaphysique ou physique. Ainsi le temps et l'espace sont des choses fort hétérogènes , et on aurait tort de s'imaginer je ne sais quel sujet réel commun qui n'eût que la quantité continue en général, et dont les modifications tissent provenir le temps ou l'espace. Cependant leur genre logique commun est la quantité continue. Quelqu'un se moquera peut-être de ces distinctions des philosophes, de deux genres, l'un logique seulement, l'autre encore réel; et de deux matières, l'une physique, qui est celle des corps, l'autre métaphysique seulement ou générale, comme si quelqu'un di«ait que deux parties de l'espace sont d'une même matière, ou

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