‹ Œuvres. Collationnée sur les meilleurs textes, et prédédée d'une introdChapitre 7 sur 117 · Comp. Méditât, sixième · texte numérisé non relu

Comp. Méditât, sixième

3. De vera methodo philosophie, p. 110, M. Erdm., et Epist. ad Thomas. , p. 53, ibid.

xx INTRODUCTION.

l'étendue se réduisent à la grandeur et à la figure. La matière, la la matière nue, est donc quelque chose de purement passif [aliquid mère passivum) , dont les attributs ni leurs Variétés n'enveloppent aucune action. Or, le mouvement est une action; et, comme l'étendue est en elle-même, et par sa nature, incapable d'action, aussi bien que de passion , réduire le corps à l'étendue c'est s'obliger à nier le mouvement, et, par suite, la situation et la figure ; car il ne faut mettre dans une chose rien qui ne découle de ses attributs, rien qui n'en soit une variété ou une modification1. L'impénétrabilité, Vantitypie , n'explique pas mieux le mouvement : elle consiste en cela seul que le corps résiste à la pénétration. Mais résister n'est pas agir; ce n'est qu'une pure passion, à moins qu'il ne s'ajoute à l'impénétrabilité elle-même une force d'élasticité, distincte d'elle, et d'où partira la réaction.

Il faut donc, comme le dit Leibniz, guérir les esprits séduits et corrompus par la nouveauté d'une philosophie trompeuse , parée d'un faux semblant de rigueur mathématique. La notion qu'elle donne de la nature corporelle, inouïe jusqu'à ce jour, est inconciliable avec les phénomènes de la nature. S'il n'y a que l'étendue, sans autre qualité, tout est parfaitement fluide et vide, l'union des corps, la résistance que nous y sentons ne se peuvent plus expliquer, et il faut admettre des lois du mouvement absolument étrangères à celles que découvre l'expérience s.

Second argument. « Ceux qui veulent que l'étendue soit une «substance, renversent l'ordre des paroles aussi bien que des » pensées. Outre l'étendue, il faut avoir un sujet qui soit étendu, » c'est-à-dir.e une substance à laquelle il appartienne d'être con- » tinuée ou répétée. Car l'étendue ne signifie qu'une répétition ou » multiplicité continuée de ce qui est répandu, une pluralité, con- » tinuité et coexistence des parties; et, par conséquent, elle ne » suffit point pour expliquer la nature même de la substance ré- » pandue ou répétée, dont la notion est antérieure à celle de sa » répétition . »

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