‹ Œuvres. Collationnée sur les meilleurs textes, et prédédée d'une introdChapitre 8 sur 117 · Lettre à Foucher, p. lit, éd. Erdm · texte numérisé non relu

Lettre à Foucher, p. lit, éd. Erdm

INTRODUCTION. \xt

En d'autres terme?, ou le? corps n'ont rien de substantiel et le monde n'est qu'un flux de phénomènes sans réalité ni liaison, ou il v a à l'étendue des principes premiers et constituants, plus réels qu'elle-même et qui font sa réalité. Les agrégats ne sont pas de véritables substances; ce sont des amas, des touts, des composés et le composé suppose le simple, il y a sa raison. Or, où sont, dans la physique géométrique, les unités réelles et substantielles? L'étendue, divisible à l'infini, ne donne que le point mathématique; et le point n'est que l'extrémité de la ligne, une abstraction sans contenu ; et comment avec des points inétendus, en quelque nombre qu'on les accumule, former une étendue? Une étendue toujours divisible n'est qu'un composé chimérique, dont les principes n'existent point; puisque sans unités, il n'y a point de multitude véritablement. La matière s'évanouit donc dans cette divisibilité sans limites de l'étendue; le terme de la division est zéro, et une somme de zéros ne constitue pas une quantité '.

Troisième argument. En thèse générale, les faux principes se réfutent par l'absurdité de leurs conséquences. Or, de la philosophie de Descartes procèdent en ligne directe et le panthéisme de Spinosa et la théorie des causes occasionnelles de Malebranche. D'une part, en effet, la pure étendue n'étant point une vraie substance, il reste, s'il n'y a qu'elle, que toutes choses ne soient que des modifications passagères et changeantes d'une substance permanente et unique, des fantômes et des ombres, si l'on peut dire; ou ce qui revient au même. Dieu s'identifie avec la nature, il devient la substance des choses , ainsi que l'a soutenu « l'auteur )> subtil , mais profane, de la plus détestable des doctrines2. » D'autre part, « ceux qui sont pour le système des causes occasion- » nelles se sont déjà fort bien aperçu que les lois du mouvement » ne peuvent être tirées de la seule étendue; et comme ils ont pris » pour accordé qu'il n'y a que de rétendue, ils ont été obligés de » lui refuser l'action et d'avoir recours à la cause générale , qui » est la pure volonté et action de Dieu. En quoi l'on peut dire

Page 1