Epist. ad R. P. Des Bosses, p. 456, éd. Erdm
2. Voy. à ce sujet, et sur toute cette discussion, le morceau que nous avons traduit et publié dans le supplément du premier volume sous ce titre : De la Nature en elle-même, etc.
x\u INTRODUCTION.
» qu'ils ont très-bien raisonné e$ hypothesi. Mais l'hypothèse n'a >■> pas encore été démontrée, et comme la conclusion est peu con- » venable en physique, il y a plus d'apparence de dire qu'il y a du » défaut dans l'hypothèse '. » Ainsi, ces deux systèmes retombent de tout leur poids sur leur commun principe et l'accablent; et cette condamnation est d'autant plus légitime que la conséquence est plus rigoureuse.
L'étendue ne contient pas en elle le principe du mouvement. Maintenant, stiflira-t-il de dire, pour en donner raison , que le mouvement est la suite d'une loi éternelle portée par Dieu , dès l'origine des choses, et qu'on appellerait la volition et l'ordre de Dieu"? I\e dire que cela, c'est encore s'arrêter en chemin, et c'est ne rien expliquer, quand bien môme on ajouterait que Dieu n'a pas besoin de répéter ses ordres, ni encore moins d'entretenir, par un continuel effort et comme par une action laborieuse , le mouvement une fois imprimé. « Je demande plus, dit Leibniz, » je demande si cette volition , si ce premier commandement n'a » attribué aux choses qu'une dénomination purement extérieure , « ou s'il a fait sur les créatures une impression durable, s'il y a » déposé quelque chose, une force ou vertu intime qui survive en » elles au décret divin, et d'où puissent naturellement procéder à » l'avenir leurs actions comme leurs passions. » Que si l'on se décide pour le premier, on retombe forcément, qu'on le sache ou qu'on l'ignore, dans la doctrine de Malebranche. Le décret de Dieu, son ordre est passé; passé, il ne peut rien produire d'actuel. Il n'y a pas d'absurdité qu'on ne puisse soutenir, si ce qui est passé et absent peut, sans intermédiaire, agir actuellement, ici et maintenant. Médiate ou immédiate, il faut une connexion entre la cause et l'effet; donc ou Dieu continue sans cesse d'ordonner et de vouloir, ou sa volonté se relâchant, les choses retombent dans l'inaction, d'où elle suilit seule à les tirer. D'ailleurs, il est contraire à la notion de la puissance divine qui est absolue et infinie, que Dieu veuille et que voulant, il ne produise rien, qu'il agisse toujours et ne laisse jamais ni dans les choses créées aucune trace di' son action, ni derrière lui aucun ouvrage accompli.