‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 104 sur 401 · LIVRE I, CHAPITRÉ". L · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRÉ". L

sidii avec l'enfant, jusqucs à ce qu'il le cognoistra idoine1 cfe pouvoir par soy régir et régner.

Je considère que facilité trop énervée et dissolue de pardonner es nialfaisans leur est occasion de plus legïcrcmenl de rechef mal faire, par ceste pernicieuse confiance de grâce.

Je considère que Moise, le plus doux homme qui de son temps fust sus la terre2, aigrement punissoit les mutins et séditieux au peuple d'Israël. Je considère que Jules César, empereur tant débonnaire que de luy dit Ciceron que sa fortune rien plus souverain n'avoit sinon qu'il pouvoit, et sa vertu meilleur n'avoit sinon qu'il vouloit tousjours sauver et pardonner à un chascun3; iceluy toutesfois, ce non obstant, en certains endroits punit rigoureusement les auteurs de rébellion.

A ces exemples, je veulx que me livrez, avant le départir, premièrement ce beau Marquet, qui a esté source et cause première de ceste guerre par sa vaine oultrecuidance ; secondement ses compagnons fouaciers, qui furent négligera de corriger sa teste folle sus l'instant : el finalement tous les conseillers, capitaines, officiers, et domestiques de Picrochole ; lesquelz l'auroient incité, loué, ou conseillé de sortir ses limites, pour ainsi nous inquiéter.

1 Propre à (idoneus).

2 « Et homo Moyses mansuetus valde praîter omnes hommes qui e«sent super terrain.» [Num.. XII, 3.J

3 « Nihil habet uec forîuna tua majus, quam utpossis, nec natura tua melius, quam ut velis servait quam plurimos. »

( Oraiio pro Ligario. )

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