LIVRE 1, CHAPITRE UV
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Cy entrez, vous, et bien soyez venus,
Et parvenus, tous nobles chevaliers.
Cy est le lieu où sont les revenus
Bien advenus : afin que entretenus,
Grands et menus, tous soyez à milliers.
Mes familiers serez, et peculiers :
Frisques, galliers *, joyeux, plaisans, mignons;
En gênerai tous gentilz compagnons.
Compagnons gentilz,
Serains et subtilz,
Hors de vilité,
De civilité
Cy sont les houstilz2;
Compagnons gentilz.
Cy entrez, vous, qui le saint Evangile 3 En sens agile annoncez, quoy qu'on gronde. Céans aurez un refuge, et bastille Contre l'hostile erreur, qui tant postille 4 Par son faulx style empoisonner5 le monde : Entrez, qu'on fonde icy la foy profonde. Puis, qu'on confonde, et par voix et par rolle, Les ennemis de la sainte parole.
La parole sainte Ja ne soit extaincte En ce lieu très saint.
Chascun en soit ceinct :
1 Fringants , gaillards .
* Hôtes.
3 Kabelais invite, dit de Marsy, îes prédicateurs du nouvel Évansjilé à entrer dans l'abbaye de Thélème. Si l'on veut inférer de ce passage que Eabelais adoptait les principes des calvinistes , on se trompe , à notre avis.
* C'est-à-dire qui tant commente, apostille comme on dirait aujour-
d'hui. L'épitaphe du célèbre théo logien Nicolas de Lyra portait ; Hic jacet qui Biblia postillavit.
C'est peut-être à tort que Le Duchat explique ici postille par : court en poste. Eoger de Collerye s'est servi du verbe postiller :
Nul tant soit clerc à postiller Ne scauroii au vray ma pensée.
3 II est vrai que la phrase eçt irré-