NOUVELLEMENT COMPOSE A L4 LOUANGE DU JOYEUX ESPRIT DE L'AUTEUE
Cinq cens dizains, mille vidais2.
Et en rimes mille virades, Des plus gentes et des plus sades De Marot, ou de Saingelais, Payés content sans nulz délais, En présence des Oreades, Des Hymnides4, et des Dryades, Ne suffiroient, ny Pont-Alais 8 A pleines balles de Ballades, Au docte et gentil Rabelais.
1 Ce dizain , dont l'auteur nous est inconnu , se trouve ainsi placé dans deux éditions in-16 de 1552 et 1553, sans nom de lieu.
2 Sorte de poésie ancienne , dont l'invention est attribuée aux Picards. Nous en trouvons la description dans la suite des Divertissements de Sceaux :
Deux rimes faut employer seulement, Tous vers égaux construits naïvement.
Que si l'on prend d'abord la rime ment , Faut répéter icelle constamment Jusques à tarit que par un virement.
Qui virelais nomma premièrement, L'auteur en fasse autant de rime en esse.
3 Gentilles et gracieuses.
4 II faut probablement lire Limnides , les nymplies des lacs.
5 Ce Pont-Alais (Pantalais dans
i la plupart des éditions), dont, à l'exception de Kegis , aucun commentateur n'a dit un seul mot , n'est autre que Jean du Pont-Alais, dont de Bèze , Clément Marot, Duverdier et Bonaventure des Perriers ont parlé, et que de Beauchamps mentionne expressément dans ses Re~ cherches sur les théâtres , à l'année 1537, comme désigné dans ce dizain. Du Pont-Aïais avait composé et fait jouer, sous François Ier, des moralités , sotties et farces , dont le succès fut immense. Son nom était devenu synonyme de farceur. Begnier le lui a jovialement emprunté en signant sa plaisante Epître III :
Votre serviteur à jamais, Maistre Jcnin du Pont-Aliis.