LIVRE II, CHAPITRE XXVI
userons du droit de guerre, qui potest capere capiat1. Non , non, dist Panurge. Mais attache ton asne à un croc, et chevauche comme le monde.
Et le bon Pantagruel rioit à tout , puis leur dist : Vous comptez sans vostre hoste. J'ay grand peur que, devant qu'il soit nuyt, ne vous voye en estât que n'aurez grande envie d'arresser*, et qu'on vous chevauchera à grand coup de picque et de lance.
Baste, dist Epistemon. Je vous les rends à routir, ou bouillir; à fricasser, ou mettre en pasté. Hz ne sont en si grand nombre comme avoit Xerces, car il avoit trente cens mille combattans, si croyez Hérodote et Troge Pompone : et toutes- Ibis Themistocles à peu3 de gens les desconfit. Ne vous souciez pour Dieu. Merde, merde*, dist Panurge. Ma seule braguette espoussetera tous les hommes, et Saint Balletrou, qui dedans y repose , decrotera toutes les femmes. Sus donc, enfans, dist Pantagruel, commençons à marcher.
surprise en conversation criminelle ou donnant à son époux une correction de bois vert , tous les villages voisins s'en vengent. . . sur le mari. Le coupable est planté de gré ou de force à califourchon sur un âne , et à rebours, bien entendu. On lui fait saisir en guise de bride la queue de l'animal ; puis, au son des cornes et de toute la ferraille du canton , on promène gaiement les deux bêtes *t on les montre à tous comme si
ce fût chose rare. Epistemon a donc raison de ne point se soucier de mener l'âne.
1 C'est une espèce de calembour latin. Ces mots, qui veulent dire ordinairement comprenne qui pourra, signifient ici prenne qui pourra.
2 De roidir, dans le sens du latin arrigere.
3 Avec peu.
4 Et non mer dé, en patois poite vin.
PANTAGRUEL