LIVRE II, CHAPITIŒ XXX. i
contre une muraille, en laquelle estoit peint le feu de saint Antoine. Il le déclara hérétique, et le eust fait brusler tout •if, n'eust esté Morgant, qui, pour son proficiat, et antres jienus droits, luy donna neuf muys de bière.
Or, dist Pantagruel, reserve nous ces beaux contes à une antre fois. Seulement dis nous comment y sont traictés les usuriers ? Je les vis, dist Epistemon, tous occupés à chercher les espinglcs rouillécs et vieux doux parmy les ruisseaux des rues, comme vous voyez que font les coquins en ce monde.
Mais le quintal de ces quinquailleries ne vault que un boussin de pain ; encoresy en a il mauvaise depesche1: par ainsi les pauvres malautrus sont aucunes fois plus de trois sepmaines sans manger morceau ny miette, et travaillent jour et nuyt, attendans la foire à venir : mais, de ce travail et de malheureté y ne leur souvient, tant ilz sont actifz et maudits, pourveu que, au bout de l'an, ilz gaignent quelque meschant denier. Or, dist Pantagruel , faisons un transon ! de bonne chère, et beuvons, je vous en prie, enfans : car il fait beau boire tout ce mois. Lors dégainèrent flaccons à tas, et des munitions du camp firent grand chère. Mais le pauvre roy Anarche ne se pouvoit esjouir. Dont dist Panurge : De quel mestier ferons nous monsieur du roy icy, afin qu'il soit ja tout expert en l'art quand il sera de par delà à tous les diables? Yrayement, dist Pantagruel, c'est bien advisé à toy . Or fais en à ton plaisir; je te le donne. Grand mercy, dist Panurge, le présent n'est de refus, et l'aime de vous.
la Chronique de Turpin et dans] * Un morceau, morsel (C'otgraie Morya?ile maggiore de Pulci. | ve).
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