PRIVILEGE DU ROY FRANÇOIS I
Françoys par la grâce de Dieu roy de France , au Prévost de Paris, Bailly de Rouen , Seneschaulx de Lyon, Tholouse, Bordeaux, et le Poictou, et à tous nos justiciers, et officiers, ou à leurs lieutenans, et à chascun d'eux si comme à luy appartiendra , salut.
De la partie de nostre aimé et féal maistre Françoys Rabelais docteur en médecine de nostre Université de Montpellier, nous a esté exposé , que iceluy suppliant ayant par cy davant baillé à imprimer plusieurs livres, mesmement deux volumes des faits et dits héroïques de Pantagruel , non moins utiles que délectables , les imprimeurs auroient iceux livres corrompu et perverty en plusieurs endroictz, au grand déplaisir et détriment dudit suppliant, et preju-
1 C'est en 1546 , et en tèie de l'édition princeps de ce livre III , que Rabelais a , pour la première fois, signé son œuvre. Il y fait suivre son nom du titre de calloier, etc.
Calloier est formé sans doute de xocXôç tepeuç ( bon prêtre ) , de xaXô; yépcov ou x.a)oYY)poç , que H. Estienne traduit par monachus, quasi bellus senex. Cette qualification a été donnée dans le Levant à des moines de certains ordres.
Rabelais, qui s'intitule ici caloyer des isles Hieres, au chap. 50 de ce livre se sert encore de ces mots : « Mes isles Hieres. » Cette persistance à les appeler siennes a
fait croire à M. A. Denis , auteur des Promenades\a Hyeres (3* éd., Toulon, 1853, p. 192), que Rabelais pourrait bien avoir fait quelque séjour dans ces îles renommées pour leurs plantes médicinales.
Il est à remarquer que Jean de Nostradamus, frère de l'astrologue qui a dû étudier la médecine à Montpellier avec Rabelais, et dont les Centuries ressemblent tant aux Fanfreluches antidotées de notre auteur, prenait le titre de moine des îles d' Hyeres.
2 Cette prière , que nous lisons sur le titre de l'édition de 1552 , n'a jamais été écoutée par personne.