‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 333 sur 401 · C. farfelu · texte numérisé non relu

C. farfelu

PANTAGRUEL

Couillonnas au diable, Panurge mon amy : puis qu'ainsi t'est prédestiné, voudrois tu faire rétrograder les planètes? démancher toutes les sphères célestes? proposer erreur aux Intelligences motrices? ^spoincter les fuseaulx, articuler les vertoils1, calumnier les bobines, reprocher les detrichoueres2, condemner les frondrillons3, défiler les pelotons des Parces? Tes fiebvres quartaines, couillu ! Tu ferois pis que les geans. Viens ça, couillaud. Aimerois tu mieux estre jaloux sans cause, que coqu sans cognoissance ? Je ne voudrois, respondit Panurge, estre ne l'un ne l'autre. Mais si j'en suis une fois adverty, je y donnerai bon ordre; ou bastons fauldront au monde.

Ma foy, frère Jean, mon meilleur sera point ne me marier. Escoute que me disent les cloches à ceste heure que sommes plus prés. Marie point, marie point, point, point, point, point. Si tu te maries : marie point, marie point, point, point, point, point : tu t'en repentiras, tiras : tiras, coqu seras. Digne vertu de Dieu! je commence entrer en fascherie. Vous autres, cerveaulx enfrocqués, n'y savez vousjjemede aucun? Nature a elle tant destitué les humains, que l'homme marié ne puisse passer ce monde sans tomber es goulfres et dangiers de coqiiage?

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