‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 389 sur 401 · LIVRE III, CHAPITRE L · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE L

Les autres ont retenu le nom des régions des quelles furent ailleurs transportées, comme pommes medices1. ce sont pommes de Medie , en laquelle furent premièrement trouvées; pommes puniques, ce sont grenades, apportées de Punicie, c'est Carthage. Ligusticum , c'est livesche, apportée de Ligurie, c'est la couste de Gènes . rhabarbe, du fleuve Barbare nommé Rha, comme atteste Ammianus : santon:que, fenu grec; castanes, persiques, sabine; stoechas, de mes isles Hieres 2, antiquement dites Stoechades; spica cel- 'ica et autres.

Les autres ont leur nom par antiphrase et contrariété : vorame absynthe, au contraire de pynthe 3 : car il est fasjheux à boire. Holosteon, c'est tout de os; au contraire, car herbe n'est en nature plus fragile et plus tendre qu'il est.

Autres sont nommées parleurs vertus et opérations, comme aristolochia , qui aide les femmes en mal d'enfant. Lichen, qui guérit les maladies de son nom. Maulve, qui mollifie. Callithricum , qui fait les cheveux beaux. Alyssum, ephememra, bechium, nasturtium , qui est cresson alenoys 4 : hyoscyame, hanebanes, et autres.

Les autres, par les admirables qualités qu'on a veu en elles. Gomme Héliotrope, c'est Solcy 5, qui suit le soleil. Car le soleil levant, il s'espanouit ; montant, il monte ; déclinant, il décline; soy cachant, il se ckmst. Adiantum : car jamais ne retient humidité, quoy qu'il naisse prés les eaux, et quoy qu'on le plongeast en eau par bien long temps : Eieracia, Eryngion et autres.

Autres, par métamorphose d'hommes et femmes de nom

1 Maîa medica. \ * C'est la forme qui a prévalu,

On se rappelle que Rabelais a pris le titre de a Caloyer des îles d'Hyères. »

3 Cette étymologie se trouve dans Scapula, dont le Lexicon grœco-latinum parut en 1 580 :

« 'À^îvOiov ita dictum putant quasi àicivOiov, ô oùx av xiç tu^ Ôià m-

et qui paraît une corruption de Orlenois. En effet, dans les Crieries de Paris par G. de la Villeneuve, on trouve :

Vez ci bon cresson Orlenois.

On a dit aussi Laonois, a la noix, Alnois.

5 Soulci ou souci.

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semblable : comme Daphné, c'est laurier, de Daphne : myrte de Myrsine; pitys, de Pitys; Cynara, c'est artichault; Narcisse, saphran, smilax, et autres.

Autres, par similitude, comme Hippuris (c'est presle), car elle ressemble à queue de cheval, Alopecuros, qui semble à la queue de renard; Psyllion, qui semble à la pusse; Delphinium, au daulphin; Buglosse, à langue de bœuf; Iris, à l'arc en ciel, en ses fleurs; Myosota, à l'oreille de souris; Coronopous, au pied de Corneille. Et autres.

Par réciproque dénomination sont dits les Fabies des febves; les Pisons, des poys; les Lentules, des lentilles; les Cicerons, des poys chiches. Comme encores, par plus haute ressemblance, est dit le nombril de Venus, les cheveux de Venus, la cuve de Venus, la barbe de Jupiter, l'œil de Jupiter, le sang de Mars, les doigts de Mercure, hermodactyles, et autres.

Les autres, de leurs formes : comme trefeuil, qui a trois feuilles, pentaphyllon , qui a cinq feuilles, serpollet, qui herpe 1 contre terre : Helœine, Petasites, Myrobalans, que les Arabes appellent been, car ilz semblent à gland, et sont unctueux.

1 Eampe.

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