‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 141 sur 279 · LIVRE V, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE IV

ceste sédition qu'un d'iccux ne fust toUu de vie, et la pluralité reduicte en unité, »

Puis demandasmes qui mouvoit ces oiseaux ainsi sans chanter. Aeditue nous respondit que c'estoient les cloches pendantes au dessus de leurs cages. Puis nous dist : « Voulez vous que présentement je fasse chanter ces Monagaux que voyez là bardocuculés d'une chausse d'hypocras, comme une alouette sauvage? — De grâce, » respondismes nous. Lors sonna une cloche six coups seulement, et Monagaux d'accourir, et Monagaux de chanter. « Et si, dist Panurge, je sonnois ceste cloche, ferois je pareillement chanter ceux icy qui ont le pennage à couleur de haran soret? — Pareillement, » respondit Aeditue.

Panurge sonna, et soudain accoururent ces oiseaux enfumez, et chantoient ensemblement; mais ils avoient les voix rauques et malplaisantes. Aussi nous remonstra Aeditue qu'ils ne vivoient que de poisson, comme les Hérons et Cormorans du monde, et que c'estoit une quinte espèce de Cagaux imprimez nouvellement. Adjousta d'avantage qu'il avoit eu advertissement par Robert Valbringue, qui par là, n'agueres, estoit passé en revenant du pays d'Afirique, que bientosty devoit avolerune sexte espèce, lesquels il nommoit Capucingaux, plus tristes, plus maniaques et plus fascheux qu'espèce qui fust en toute l'Isle. « Affrique, dist Pantagruel, est coustumieie tousjours choses produire nouvelles et monstrueuses. »

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