LIVRE V, CHAPITRE IV
estre ne d'où vient que les femelles, soient Clergesses, Monagesses ou Abbegesses, ne chantent motets plaisans et charisteres, comme on souloit faire à Oroméisis, par l'institution de Zoroaster ; mais catarates et sytorpees, comme on faisoit au Démon Arimanian ; et font continuelles dévotions pour leurs parens et amis, qui en oiseaux les transformèrent, je dis autant jeunes que vieilles.
« Plus grand nombre nous en vient de Joursanspain, qui est excessivement long. Car les Assaphis habitans d'icelle contrée, quant sont en danger de patir malesuade famine par non avoir dequoy soy alimenter, et ne sçavoir, ne vouloir rien faire, ne travailler en quelque honneste art et mestier, ne aussi f eablement à gens de bien soy asservir ; ceux aussi qui n'ont peu jouir de leurs amours, qui ne sont parvenus à leurs entreprinses, et sont désespérez ; ceux pareillement qui meschantement ont commis quelque cas de crime, et lesquels on cerche pour à mort ignominieusement mettre, tous avolent icy : icy ont leur vie assignée, soubdain deviennent gras comme glirons, qui paravant estoient roEÙgres comme pics : icy ont parfaicte seureté, indemnité et franchise.
— Mais, demandoit Pantagruel, ces beaux oiseaux icy une fois avolez retournent ils jamais plus au monde où ils furent ponnus? — Quelques uns, respondit Aeditue, jadis bien peu, bien tard et à regret. Depuis certaines éclipses, s'en est revolé une grande mouée par vertu des constellationo célestes. Cela de rien ne nous melanchohe, le demeurant n'en a que plus grande pitance. Et tous, avant que revoler ont leur pennage laissé parmy ces orties et espines. »
Nous en trouvasmes quelques uns reallement, et en cherchant d'aventure rencontrasmes un pot aux roses descouvert.