COMMENT DESCENDISMES EN L'ISLE DES FERREMENS
Nous estans bien à poinct sabourez l'estomach, eusmes vent en pouppe : et fut levé nostre grand artemon, dont advint qu'en moins de deux jours arrivasmes en l'Isle des Ferremens, déserte, et de nul habitée; et veismes gi-and nombre d'arbres portans marroches, piochons, serfouettes, faux, fauciles, bêches, truelles, congnees, serpes, scies, doloueres, forces, scizeaux, tenailles, pelles, \drolets et vibrequins.
Aultres portoient daguenets, poignards, sangdedez, ganivets, poinssons, espées, verduns, braquemarts, simeterres, estocs, raillons et coùsteaux.
Quiconque en vouloit avoir, ne falloit que crousler l'arbre : soudain tomboient comme prunes; d'avantage, tombans en