‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 175 sur 279 · COMMENT FUT LA ROYNE A SOUPPER SERVIE, ET COMMENT ELLE MANGEOIT · texte numérisé non relu

COMMENT FUT LA ROYNE A SOUPPER SERVIE, ET COMMENT ELLE MANGEOIT

La dame, ces propos achevez, se retourna vers ses gentilshommes, et leur dist : « L'orifice de l'estomach, commun ambassadeur pour ravitaillement de tous membres, tant inférieurs que supérieurs, nous importune leur restaurer, par apposition de idiones alimens, ce que leur est decheu par action continue de la naïfve chaleur en l'humidité radicale. Spodizateurs, Cesinins, Nemains et Perazons, par vous ne tienne que promptement ne soient tables dressées, foisonnantes de toute légitime espèce de restaurans. Vous aussi, nobles Pregustes, accompagnez de mes gentils Massiteres, l'espreuve de vostre industrie passementee de soin et diligence fait que ne vous puis donner ordre que de sorte ne soyez en vos ofi&ces et vous teniez tousjouis sus vos gardes. Seulement vous ramente faire ce que faictes. »

Ces mots achevez, se retira avec part de ses damoiselles quelque peu de temps, et nous fut dict que c'estoit pour soy baigner, comme estoit la coustume des anciens autant usitée comme est entre nous de présent laver les mains avant le past. Les tables feurent promptement dressées, puis teurent couvertes de nappes tresprecieuses. L'ordre du service fut tel que la dame ne mangea rien, fors céleste ambrosie ; rien ne beut que nectar divin. Mais les seigneurs et dames de sa maison feurent, et nous avec eux, serviz de viandes rares, friandes et précieuses, si onques en songea Appicius.

Sus l'issue de table fut apporté un pot pourry, si par cas famine n'eust donné trefves : et estoit de telle amplitude et T. II. 18

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