‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 235 sur 279 · EPISTRE A J. BOUCHET · texte numérisé non relu

EPISTRE A J. BOUCHET

Leur sont, au temps et heures superflues A leur affaire, un joyeulx passetemps, Dont deschasser les ennuytz et contemps Peuvent des cueurs, ensemble prouffiter En bonnes meurs, pour honneur mériter, Car, quant je liz tes œuvres, il me semble Que j'apperçoy ces deux poincts tous ensemble Esquelz le pris est donné en doctrine, C'est assavoir, doulceur et discipline.

Parquoy te prie et semons de rechief Que ne te soit de les venir veoir grief. Si eschapper tu puis en bonne sorte.

Rien ne m'escrips, mais toy mesmes apporte Ceste faconde et éloquente bouche Par où Pallas sa fontaine desbouche Et ses liqueurs castallides distille.

Ou, si te plaist exercer ton doulx style A quelque traict de lettre me rescrire. En ce faisant feras ce que désire.

Et toutes foys aye en premier esgard A t'appriver, sans estre plus esguard, Et venir veoir ici la compaignie, Qui de par moy de bon cueur t'en supplie.

A Ligugé, ce matin, de septembre Sixiesme jour, en ma petite chambi" Que de mon lict je me renouvellais,

Ton serviteur et ami

Rabelais.

EPISTRE RESPONSIVE

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