‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 238 sur 279 · EPISTRE RESPONSIVE DE J. BOUCHET · texte numérisé non relu

EPISTRE RESPONSIVE DE J. BOUCHET

One je n'en vy mieulx aux armes consonne. Par ce qu'il est chevalier treshardy, De corps, de bras et jambes bien ourdy, Moien de corps et de la droic taille Que les vouloit César en la bataille.

En son aller il est tout tempéré.

En son parler et maintien, modéré, Tant bien orné deloquence vulgaire Qu'il est partout estimé debonaire.

Et, quant à moy, encores suis honteux Du bon recueil si franc et non doubteux Que ces seigneurs me feirent de leur grâce, ■presens plusieurs, voire en publicque place. Et au privé, dont les cornes d'honneur Prins de Moyse, et présage en bon heur.

Non seulement me feirent telle chère, Mais tous leurs gens, qui est relique chère : Cir le penser de ce tant bon recueil lie faict ouvrir l'intellectuel œil, poiu: méditer qu'en telle seigneurie A plus d'honneur, hors toute iîaterie, Plus de doulceur et plus d'humiUté Cent mille foiz qu'en la rusticité Des pallatins et gros bourgeois de ville, Dont l'arrogance est tant fâcheuse et vile, Et leur cuider si trespresumptueulx Qu'on ne peut veoir entre eulx les vertueux; Qui fait congnoistre en grosse compaignée Les gens de bien et de bonne lignée.

Or pense donc, tant dévot orateur, Que rien de moy n'a esté détenteur De retourner veoir le tien hermitage, Fors seulement le petit tripotage De plaictz, procès et causes que conduys De plusieurs gens, où peu je me desduys. Mais contrainct suis le faire pour le vivre De moy, ma femme et enfans; car le livre D'ung orateur, ou son plaisant diviz Mieux aymerois, ainsi te soit adviz.

Plus n'en auras, fors que me recomande Treshumblement a la tresnoble bande De ces seigneurs dont j'ay dessus escript, En suppUant le benoist saint Esprit Qu'à tous vous donne et octroyé la vie Du vieil Nestor, en honneur, sans envie, Et que tousjours puissions leur grâce avoir. Et bien souvent par epistres nous veoir.

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