SEIGNEUR DE LA COURT POMPIN, EN CKRESTIANTÉ, A ORLÉANS
Hc, Pater Reverendissùne, quomodo hruslis? Quœ nova! Parisius non sunt ova? Ces paroUes, propousées devant vos Révérences, translatées de Patelinois en nostre Vulgaire Orléanois, valent autant à dire comme si je disoys : « Monsieur, vous soyez le très bien revenu des nopces, de la feste,
de Paris. » Sy la \'ertu de Dieu vous inspiroit de transporter vostre Paternité jusques en cestuy hermitaige, vous nous en raconteriez de belles : aussy vous donneroit le S' du lieu certaines espèces de poissons carpionncz, lesquclz se tirent par les cheveulx. Or vous le ferez, non quand il vous playra, mais quand le vouloir vous y apportera de celluy Grand, Bon, Piteux Dieu, lequel ne créa oncques le quaresine, ouy bien les sallades, arancs, inerluz, carpes, bechetz, dares, umbrines, ablettes, rippes, etc. Item, les bons vins, singuliairement celluy clc veteri jure enuclcaudo, lequel on guarde icy à vostre venue, comme un g sang greal et une seconde, voire quinte essence. Ergo vent, Domine, et noli tardare, j'entends suivis saîvandis, id est, hoc est, sans vous incommoder ne distrajTC de vos affaires plus urgens.
Monsieur, après m'estre de tout mon cuer recommandé à vostre bonne grâce, je priray Nostre Seingneur vous conserver en parfaicte santé.
De Saint Ay, ce premier jour de mars.
Vostre humble architriclin, et amy,
France. RABELAIS, medicitt.
Monsieur l'esleu Pailleron trouvera icy mes humbles recommandations à sa bonne grâce, aussi à Madame l'esleue, et à monsieur le baillif Daniel, et à tous vous aultres bons amis et à vous. Je prieray monsieur le Scelleur me envoyer le Platon lequel il m'avoit preste; je luy renvoiray bien tost.