‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 245 sur 279 · RESIDENT EN L'INCLYTE ET FAMOSISSIME URBE DE LUGDUNE · texte numérisé non relu

RESIDENT EN L'INCLYTE ET FAMOSISSIME URBE DE LUGDUNE

Aucuns, venans de tes lares patries, Nos aures ont de tes noves remplies, En recitant les placites extresmes Dont à présent fruis et pisques à mesmes Stant à Lugduue es gazes palladines, Où on convys Nymphes plus que divines A ton optât s'ofîerent et ostendent :

Les unes, pour tes divices, prétendent T'accipier pour conjuge; autres sont Lucrées par toy, aussi tost qu'elles ont Gusté tes dicts d'excelse aménité Tant bien fulcis, qu'une virginité Rendroyent infirme, et preste à corruer Lorsque tu veulx tes grands ictes ruer.

Par ainsi donc, si ton esprit cupie, A tous momens de dapes il cambie.

Puis, si de l'iurbe il se sent saturé, Ou du coït demy desnaturc.

Aux agrès migre et opines possesses Que tes genitz t'ont laissé pour successes. Pour un pauxille (en ce lieu) resveiller Tes membres las, et les refociller.

Là tout plaisir te fait oblation, Et d'un chascun prends oblectation.

Là du gracule et plaisant Philomene Te rejouit la douce cantilene.

Là ton esprit tout mal desangonie, S'exhilarant de telle symphonie.

Là les Satyrs, Faunes, Pan, et Seraines, Dieux, demy Dieux courent à grands haleines. Nymphes des bois, Dryades et Nayades, Prestes à faire en fueillade giiambades,

Y vont en grande accélération.

Pour visiter ceste aggregation.

Et quand la turbe est toute accumulée, Jucundité se fait, non simulée, Avec festins, où dape ambrosienne Ne manque point : Liqueur nectarienne

Y régurgite aux grands et aux petits, Comme on festin de Peleus et Thetis. Et, toust après les menses sublevées, Les ims s'en vont incumber aux chorées : L'un s'exercite à vener la Ferine,

Et l'autre fait venation Connine.

Dirons nous plus? Ludes et transitemps En l'omiiiforme inveniez es champs, Pour évincer la tristesse despite.

O deux, trois fois, tresfelice la vite. Pour le respect de nous, qui, l'omnidie, Sommes sequens l'ambulante curie.

Sans ster, n'avoir un seul jour de quiète Infaustissime est cil qui s'y souhaite.

Depuis le temps que nous as absentez Ne sommes point des Eques desmontez, Ne le Cothurne est mové des tibies.

Pour conculquer les Burgades patries.

Où l'itinere aspere et montueux.

En aucims lieux aqueux et lutueux, Souvent nous a fatiguez et lassez Sans les urens receptz qu'avons passez.

Je ne veulx point tant du \erbes effundre, Et de nos maux ton auricule obtundre, Enumerant les confîitz martiaulx, Obsidions, et les cruelz assaulx Qu'en Burgundie avons faits et gérez.

J'obmetz aussi les travaulx tolérez Dans les maretz du monstier envieux.

Que nous faisoit l'aquilon pluvieux Où, par long temps, sans castre ne tentoire. Avons esté, desperans la \-ictoire :

Finablement, pour la brume rigente, Chascun du lieu se départ et absente.

Aussi, voyant la majesté regale.

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