‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 38 sur 279 · CONTINUATION DES CHIQU.\X0U9 DAUBEZ EN LA MAISON DE BASCHÉ · texte numérisé non relu

CONTINUATION DES CHIQU.\X0U9 DAUBEZ EN LA MAISON DE BASCHÉ

« Quatre jours après, un autre jeune, hault et maigre Chiquanous alla citer Basché à la requeste du gras Prieur. A son arrivée, feut soubdain par le portier rencogneu, et la campanelle sonnée. Au son d'icelle, tout le peuple du chasteau entendit le mystère. Loyre poitrisoit sa paste, sa femme belutoit la

farine. Oudart tenoit son bureau. Les gentilzhomes jouoient à la paulme. Le seigneur Basché jouoit aux troys cens troys avecques sa femme. Les damoiselles jouoient aux pingres. Les officiers jouoient à l'impériale, les pages jouoient à la mourre à belles chinquenauldes. Soubdain feut de tous entendu que Chiquanous estoit en pays. Lors Oudart se revestir, Loyre et sa femme prendre leurs beaulx accoustremens, Trudon sonner de sa fiutte, battre son tabourin ; chascun rire, tous se préparer, et guanteletz en avant.

« Basché descend en la basse court. Là Chiquanous, le rencontrant, se meist à genoilz devant luy, le pria ne prendre en mal si, de la part du gras Prieur, il le citoit, remonstra par harangue diserte comment il estoit persone publicque, serviteur de Moinerie, appariteur de la mitre Abbatiale, prest à en faire autant pour luy, voyre pour le moindre de sa maison, la part qu'il luy plairoyt l'emploicter et commender. « Vrayement, dist le seigneur, ja ne me citerez que premier n'ayez beu de mon bon vin de Quinquenays, et n'ayez assisté aux nopces que je foys présentement. Messire Oudart, faites le boyre tresbien, et refraischir; puis l'amenez en ma salle. Vous soyez le bien venu. »

« Chiquanous, bien repeu et abbrevé, entre avecques Oudart en salle, en laquelle estoient tous les personaiges de la farce, en ordre et bien deUberez. A son entrée chascun commença soubrire. Chiquanous rioit par compaignie, quand par Oudart feurent sus les fiansez dicts motz mystérieux, touchées les mains, la mariée baisée, tous aspersez d'eau beniste. Pendent qu'on apportoit vins et espices, coups de poing commencèrent trotter. Chiquanous en donna nombre à Oudart. Oudart, soubs son suppellis, avoit son guantelet caché : il s'en chausse comme d'une mitaine. Et de daubber Chiquanous, et de drapper Chiquanous : et coups des jeunes guanteletz de tous coustez pleuvoir sus Chiquanous. « Des nopces, disoient ilz, des nopces, des nopces, vous en soubvieine. » Il feut si bien

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