CHAPITRE XV
COMMENT PAR CHIQUANOUS SONT RENOUVELÉES LES ANTIQUES COUSTUMES DE FIANSAILLES
« Chiquanous, avoir degouzillé une grande tasse de vin Breton, dist au seigneur : « Monsieur, comment l'entendez-vous? L'on ne baille poinct icy des nopces? Sainsambreguoy, toutes bonnes coustumes se perdent. Aussi ne trouve Ion plus de lièvres au giste. Il n'est plus d'amys. Voyez comment en plusieurs ecclises l'on a desemparé les antiques beuvettes des benoists saincts O O de Noël ? Le monde ne f aict plus que resver. Il approche de sa fin. Or tenez : des nopces, des nopces, des nopces ! » Ce disant, frappoit sus Basché et sa femme, après sus les damoiselles et sus Oudart.
« Adonques feirent guanteletz leur exploict, si que à Chiquanous fut rompue la teste en neuf endroictz : à un des Records feut le braz droict defaucilié, à l'aultre fut démanchée la mandibule superiem*e, de mode qu'elle luy couvroit le menton à dcmy, avecques denudation de la luette et perte insigne des dens molares, masticatoires et canines. Au son du tabourin changeant son intonation, f eurent les guanteletz mussez, sans estre aulcunement apperceuz, et confictures multipliées de nouveau, avecques liesse nouvelle. Beuvans les bons compaignons uns aux aultres, et tous à Chiquanous et ses Records, Oudart renioit et despitoit les nopces, alléguant qu'un des Records luy avoit desincornifistibulé toute l'aultre espaule. Ce non obstant, beuvoit à luy joyeusement. Le