LIVRE IV, CHAPITRE XV
Records demandibulé joignoit les mains, et tacitement lui demandoit pardon : car parler ne povoit il. Loyrc se plaignoit de ce que le Records debradé luy avoit donné si grand coup de poing sus l'aultre coubte qu'il en estoit devenu tout esperruquancluzelubelouzerirelu du talon.
« Mais, disoit Trudon (cachant l'oeil guausche avecques son mouchoir, et monstrant son tabourin défoncé d'un cousté) , quel mal leur avois je faict? Il ne leurs a sufi&s m'avoir ainsi lourdement morrambouzevezengouzequoquemorguatasacbacguevezinemaffressé mon paouvre oeil, d'abondant ilz m'ont défoncé mon tabourin. Tabourins à nopces sont ordi- . nairement battuz; tabourineurs bien festoyez, battuz jamais. Le Diable s'en puisse coyffer ! — Frère, lui dist Chiquanous manchot, je te donneray unes belles, grandes, vieilles Lettres Royaulx, que j'ay 'cy en mon baudrier, pour repetasscr ton tabourin : et pour Dieu pardonne nous. Par nostre dame de Rivière la belle dame, je n'y pensoys en mal. »
Un des escuyers, chopant et boytant contrefaisoit le bon et noble seigneur de la Roche Posay. Il s'adressa au Records embaviere de machoueres, et luy dist : « Estes vous des Frappins, des Frappeurs, ou des Frappais? Xe vous suffisoit nous avoir ainsi morcrocassebezassevezassegrigueliguoscopapopondrillé tous les membres supérieurs à grands coups de bobelins, sans nous donner telz morderegrippipiotabirofreluchamburelurecoquelurintimpanemens sus les grefves à belles poinctes de houzeaulz? Appeliez vous cela jeu de jeunesse? Par Dieu, jeu n'est ce. »
K Le Records, joingnant les mains, sembloit luy en requérir pardon, marmonnant de la langue : « Mon, mon, mon, vrelon, von, von, » comme un Marmot.
« La nouvelle mariée pleurante rioyt, riante pleuroit, de ce que Chiquanous ne s'estoit contenté la daubant sans choys ne élection des membres, mais, l'avoir lourdement deschevelée, d'abondant luy avoit trepignemampenillorifrizonoufressuré
les parties honteuses en trahison. « Le diable, dist Basché, y ayt part ! Il cstoit bien nécessaire que monsieur le Roy (ainsi se nomment Chiquanous) me daubbast ainsi ma bonne femme d'eschine. Je ne luy en vculx mal toutesfoys. Ce sont petites caresses nuptiales. Mais apperçoy clairement qu'il m'a cité en Ange, et daubbé en Diable. Il tient je ne sçay quoy du frère frappart. Je boy à luy de bien bon coeur, et à vous aussi, messieurs les Records. — Mais, disoit sa femme, à quel propous et sus quelle querelle m'a il tant et trestant festoyée à grands coups de poing? — Le Diantre l'emport, si je le veulx. Je ne le veulx pas pourtant, ma Dia. Mais je diray cela de luy qu'il a les plus dures oinces qu'oncques je senty sus mes espaules. »
«Le maistre d'hostel tenoit son braz guausche en escharpe, comme tout raorquaquoquassé : « Le Diable, dist il, me feist bien assister à ces nopces. J'en ay, par la vertus Dieu, tous les braz enguoulevezinemassez. Appelez vous cecy fiansailles? Je les appelle fiantailles de merde. C'est, par Dieu, le naïf bancquet des Lapithes, descript par le philosophe Samosatoys. »
K Chiquanous ne parloit plus. Les Records s'excusèrent qu'en daubbant ainsi n'avoient eu maligne volunté, et que pour l'amour de Dieu on leurs pardonnast. Ainsi départent. A demye lieu de là Chiquanous se trouva un peu mal. Les Records arrivent à l'isle Bouchard, disans publicquement que jamais n'avoient veu plus home de bien que le seigneur de Basché, ne maison plus honorable que la sienne. Ensemble, que jamais n'avoient esté à telles nopces. Mais toute la faulte venoit d'eulx, qui avoient commencé la frapperie. Et vesquirent encores ne sçay quants jours après.
« De là en hors feut tenu comme chose certaine que l'argent de Basché plus estoit au Chiquanous et Records pestilent, mortel et pernicieux que n'estoit jadis l'or de Tholose, et le cheval Sejan à ceulx qui le possédèrent. Depuis, feut le dict