‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 48 sur 279 · COMMENT LES NAUCHIERS ABANDONNENT LES NAVIRES AU FORT DE LA TEMPESTE · texte numérisé non relu

COMMENT LES NAUCHIERS ABANDONNENT LES NAVIRES AU FORT DE LA TEMPESTE

« Ha, dist Panurge, vous péchez, frère Jan, mon amy ancien. Ancien, dis je, car de présent je suys nul, vous estes nul. Il me fasche le vous dire. Car je croy que ainsi jurer face grand bien à la râtelle; comme, à un fendeur de bois, fait grand soulaigement celluy qui à chascun coup près de luy crie : Han ! à haulte voix, et comme un joueur de quilles est mirificquement soulaigé quand il n'a jecté la boulle droit, si quelque homme d'esprit prés de luy panche et contourne la teste et le corps à demy, du cousté auquel la boulle aultrement bien jectée eust faict rencontre de quilles. Toutes foys vous péchez, mon amy doulx. Mais, si présentement nous mangeons quelque espèce de cabirotades' serions nous en sceureté de cestuy oraige? J'ay leu que, sus mer, en temps de tempeste, jamais n'avoient paour, tous jours estoient en sceureté les ministres des Dieux Cabires, tant célébrez par Orphée, Apollonius, Pherecydes, Strabo, Pausanias, Hérodote.

— Il radote, dist frère Jan, le paouvre Diable. A mille et millions et centaines de millions de Diables soit le coqu cornard au Diable ! Ayde nous icy, hau, tigre ÎVinsdra il? Icy à orche. Teste Dieu plene de reliques, quelle patenostre de Cinge est ce que tu marmottez là, entre les dens? Ce Diable de

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