‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 55 sur 279 · LIVRE IV, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XXIV

sans propous il implore les Dieux. Ils sont irritez et indignez,

— Je me donne au Diable, dist frère Jan j'en suys de moitié, dist Panurge), si le clous de Seuillénc fust tout vendangé et destruict, si je ne eusse que chanté Contra hoslium insidias (matière de bréviaire), comme faisoient les aultres Diables de moines, sans secourir la vigne à coups de baston de la croix contre les pillars de Lemé.

— Vogue la gualere, dist Panurge, tout va bien. Frère Jan ne faict rien là. Il s'appelle frère Jan faictncant, et me reguarde icy suant et travaillant pour ayder à ccstuy home de bien. Matelot premier de ce nom. Nostre amé, ho. Deux motz, mais que je ne vous fasche. De quante espesseur sont les ais de ccste nauf ? — Elles sont, respondit le pilot, de deux bons doigts espesses, n'ayez paour. — Vertus Dieu, dist Panurge, nous sommes doncques continuellement à deux doigtz près de la mort. Est ce cy une des neuf joyes de

j mariage? Ha, nostre aine, vous faictes bien, mesurant le péril

V ' à l'aulne de paour. Je n'en ay poinct, quant est de moy, je

m'appelle Guillaume sans paour. De couraige. tant et plus.

\ Je ne entends couraige de brebis; je diz couraige de loup,

' asceurance de meurtrier. Et ne crains rien que les dangiers. »

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