‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 89 sur 279 · COMMENT PETITES PLUYES ABATTENT LES GRANDS VENT · texte numérisé non relu

COMMENT PETITES PLUYES ABATTENT LES GRANDS VENT

Pantagruel louoit leur police et manière de vivre, et dist à leur potestat Hypenemien : « Si recepvez l'opinion de Epicurus, disant le bien souverain consister en volupté (Volupté) dis je, facile et non pénible), je vous repute bien heureux. Car vostre vivre, qui est de vent, ne vous couste rien, ou bien peu : il ne fault que souffler. — Voyre, respondit le Potestat. Mais en ceste vie mortelle, rien n'est beat de toutes pars. Souvent, quand sommes à table, nous alimentans de quelques bon et grand vent de Dieu, comme de Manne céleste, aises comme pères, quelque petite pluye survient, laquelle nous le toUist et abat. Auisi sont maints repas perduz par faulte de victuailles. — C'est, dist Panurge, comme Jenin de Quinquenais, pissant sur le fessier de sa femme Quelot, abatit le vent punays qui en sortoit comme d'une magistrale .^olipyle. J'en feys nagueres un dizain joUiet :

Jenin, tastant un soir ses vins nouveaulx, Troubles encor et bouillans en leur lie, Pria Ouelot aprester des naveaulx A leur soupper, pour faire chère lie.

Cela feut faict. Puis, sans melancholie, Se vont coucher, belutent, prennent somme. Mais ne povant Jenin dormir en somme.

Tant fort vesnoit Quelot, et tant souvent, La compissa. Puis : « Voylà, dist il, comme Petite pluye abat bien un grand vent, s

— Nous d'adventaige, disait le Potestat, avons une annuelle calamité bien grande et dommaigeable. C'est qu'un géant, nommé BringuenariUes, qui habite en l'isle de Tohu

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