‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 100 sur 458 · CG · texte numérisé non relu

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PART. XIII. THEOL. SOCIALE. - POLITIQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIY. Ml. 670

1 sac : et il marcha la tête baissée (cette lête autrefois si superbe). Et le Seigneur dit à Elie : N'avez-vous pas vu Actiab humilié devant moi? Parce cpie donc qu'il s'est humilié à cause de moi, je ne ferai pas tomber sur lui tout le mal dont je l'ai menacé; mais je frapperai sa maison uu temps de son fils.»

Dieu semble avoir de voir les grands rois et humiliés devant lui. Ce plus grands rois soient très hommes à ses yeux,

cotte mission orientale n'a pas élé moins favorable h l'autorité du Saint-Siège que

celle qui en est venue directement. Ce qui paraît par la doctrine de saint Irénée, évoque de Lyon (V7), qui, dès le nr .siècle, a célébré si hautement la nécessité de s'unir à

'Eglise romaine, « comme h

la

la complaisance à les rois superbes n'est pas que les plus que les audevant lesquels

fondée par saint Pierre

prmcipa'e

les et

deux saint

tout est également un néant : mais c'est que leur humiliation est d'un plus grand exemple au genre humain.

Eglise de l'univers, principaux apôtres, Paul. »

L'Eglise gallicane a été fondée par le sans d'une infinité de martyrs. Et je ne veux ici nommer qu'un saint Pothin, un saint Irénée, les saints martyrs de Lyon et de Vienne, et saint Denis avec ses saints compagnons.

L'Eglise gallicane a porté des évoques des

toute la terre. Elle a tellement' effacé tous ses péchés, qu'il semble même que Dieu les ait entièrement oubliés. David est demeuré, comme auparavant, l'homme selon le cœur de Dieu, le modèle des bons rois, et le père par excellence du Messie. Dieu lui a rendu et môme augmenté, non-seulement l'esprit

On ne finirait jamais, si on voulait ici par- plus doctes, des plus samis, des plus célèler de la pénitence de David, si célèbre dans bres, qui aient jamais élé : et je ne ferai

mention que de saint Hilaire et de saint Martin.

Quand le temps fut arrivé que l'empire romain devait tomber en Occident, Dieu qui livra aux Barbares une si belle partie de cet empire, et celle où était Rome, devenue le chef de la religion, il destina h la France de justice, mais encore l'esprit de prophétie des rois qui devaient être les défenseurs de et les dons extraordinaires; en sorte qu'on l'Eglise. Pour Jes convertir à la foi, avec peut dire qu'il n'a rien perdu. toute la belliqueuse nation des Francs, il

XIIIe Prop. La religion fournit aux prin- suscita un saint Rémi, homme apostolique, ces des motifs particuliers de pénitence. — par lequel il renouvela tous les miracles « J'ai péché contre vous seul, » disait David qu'on avait vu éclater dans la fondation des (Psal. i, 6) ;« contre vous seul, puisque vous plus célèbres Eglises, comme le remarque m'aviez rendu indépendant de toute autre saint Rémi lui-même dans son testa puissance que de la vôtre. » Tel est le pre- ment (48).

mier motif : a J'ai péché contre vous seul. » Ce grand saint et ce nouveau Samuel, Je dois donc, par ce motif spécial de l'offense appelé pour sacrer les rois, sacra aussi ceux que j'ai commise contre vous, me dévouer de France, en la personne de Clovis, comme

entièrement à la pénitence.

Le second motif : c'est que si les princes sont exposés à de plus dangereuses tentations, Dieu leur a donné de plus grands moyens de les réparer par leurs bonnes œuvres.

Le troisième : c'est que le prince, dont les péchés sont plus éclatants, les doit expier aussi par une pénitence plus édifiante.

XIVe Prop. Les rois de France ont une obligation particulière à aimer l'Eglise et à s'attacher au Saint-Siège. — « La sainte Eglise romaine, la mère, la nourrice et la maîtresse de toutes les Eglises, doit être consultée dans tous les doutes qui regardent la foi et les mœurs; principalement ceux qui, comme nous, ont été engendrés en Jésus- Christ, par son ministère, et nourris par elle du lait de la doctrine catholique. » Ce sont les paroles d'Hincmar, célèbre archevêque de Reims.

11 est vrai qu'une partie de ce royaume, comme l'Eglise de Lyon et les voisines, ont reçu la foi d'une mission qui leur venait d'Orient; et par le ministère de saint Polycarpe, disciple de l'apôtre saint Jean. Mais comme l'Eglise est une par tout l'uuivers,

il le dit lui-même (49), « pour être les perpétuels défenseurs do l'Eglise et des pauvres, » qui est le plus digne objet de la royauté. Il les bénit, et leurs successeurs, qu'il appelle toujours ses enfants; et priait Dieu, nuit et jour, qu'ils persévérassent dans la foi. Prière exaucée de Dieu avec une prérogative bien particulière; puisque la France est le seul royaume de la chrétienté qui n'a jamais vu sur le trône que des rois enfants de l'Eglise.

Tous les saints qui étaient alors furent réjouis du baptême de Clovis, et, dans le déclin de l'empire romain, ils crurent voir, dans les rois de France, « une nouvelle lumière pour tout l'Occident et pour toute l'Eglise (50). »

Le Pape Anastase II crut aussi voir dans Jeroyaume de France, nouvellement converti,. « une colonne de fer que Dieu élevait pour le soutien de sa sainte Eglise; pendant quela charité se refroidissait partout ailleurs (51), et même que les empereurs avaient abondonné la foi.

Pelage II se promet des descendants de Clovis, comme des voisins charitables de l'Italie et de Rome, la même protection pour

(47) Iuen., 1. m Adv. hœies., c. 3.

(48) Test. S. Remig., apuil Flod., 1. I, c. 18 ; Bibl. Pair., i.XVH. " *

(50) Epist, Atil. Yiciin. ad Clodov., t I Conc. Gall., p. 154.

(Si) Anast. II, epist. 2. ad Clodov., t. IV Cens,

coi. m%>

a Sainl-S , ju'il avail reçue des em-

pereurs. SqiiiI Grégoire le Grand enchérit Bur les saints prédéci sseurs, lorsque, louché de la foi el du /.de de ces rois, il les met •< autant au-dessus des autres souverains, que les souverains soûl au-dessus tics particulic . »

Les enfants de Clovis n'ayant pas marché dans M que sauil Rémi leur avait

prescrites, Di< ••! suscita une autre race pour n,M- en France. Les Pepes el toute l'Eglise la bénirent en la personne de Pépin, qui en fut le chef (54). L'empire y fut établi, i u 'a personne de Charlemagne et île ses successeurs. Aucune famille royale n'a jamais été si bienfaisante envers l'Eglise roi aine; cllr en lient toute sa grandeur temporelle : et jamais l'empire ne lut mieux uni ru sacerdoce, ni plus respectueux envers Jes Pap s, que lorsqu'il fut entre les mains des rois de Fiance.

Après ces bienheureux jours, Rome eut • les maîtres fâcheux : et les Papes eurent tout à craindre, tant des empereurs que d'un peuple séditieux. Mais ils trouvèrent toujours en nos rois ces charitables voisins que le Papa Pelage 1! avait espérés. La France, plus favorable à leur puissance sacrée que l'Italie et que Home même, leur devint comme un second siège, où ils tenaient leurs conciles, et d'où ils faisaient entendre leurs oracles h toute l'Eglise : comme il pa-

(52) Pli. w;. II, Ep. ad Aunach., t. I Conc. Gull., p. 37b'.

(53) GnEG. Masr., F.phl. I. tv, epist. 6, ». I!. (50 Païi.. I, ep". 1U ad Ft.,1. It Conc. (iall., p. 59. (55) Alex. III, epist,. 50, i. X Conc, col. 1212;

Gkfg. IX t. XI Conc, c. 5b7.

(5f>) Nous insérons ici un fragment des Mémoires de Louis XIV, qui a un r;ip;>oil particulier ;uix matières irailérs ilans ce livre vu. On y remarquera que les instructions du père à ton liis s'accordent parfaitement avec les leçons de l'instituteur à si n élève; et on verra en même temps quelle importance ce grand roi mettait à inspirer au Dauphin, m toute occasion, les sentiments de religion dont il était lui-même pénétré.

Après avoir parlé des mesures qu'il prit pour la répression des duels, il continue ainsi :

< Je rétablis , par une nouvelle ordonnance , la rigueur des anciens édils contre les jurements, dont je lis bientôt après quelques exemples; et peur autoriser lout^ s ces actions extérieures par i.ne Marque de piété personnelle, j'allai publiquement à pieds, avec tous mes domestiques, aux stations du Jubilé, voulant que tout le monde conçu', f.M- le profond respect que je rendais à Dieu, que c'était de sa grâce et de sa protection, plutôt que de ma propre conduite, que je prétendais obtenir l'a conipli-semeni de mes desseins et la félicité de nies pi uples.

« Car vous devez savoir , avant toutes choses, mon (ils, que nous ne saurions montrer trop de respect pour celui qui nous fait respecter de tant de milliers d'hommes.

< La première paitic de la pol'nique est celle qui nous enseigne à le bien servir. La soumission que nous avons pour lui est la plus belle leçon que noua puissions donner de celle qui nous est due; tl nous péchons contre la prudence, aussi bien que «outre la justice , quand nous manquons de vénération pour celui dont nous ne sommes que les

rail par les conciles de Troyes, de Germon!, de Toulouse, de 'l'ours et de Reims.

Lue troisième race était montée, sur la troue; race, .s'il se peut, plus pieuse que

les deux autres, sous laquelle la France est déclarée par les Papes « un royaume chéri et béni de Dieu, dont l'exaltation est inséparable de celle du Saint-Siège (55). » Race aussi qui se voit seule dans tout I univers, toujours couronnée et toujours régnante, depuis sept cents ans entiers sans interruption : et, ce qui lui est encore plus glorieux, toujours catholique; Dieu, par son infinie miséricorde, n'ayant mémo pas permis qu'un prince, qui était mon'é sur le trône dans l'hérésie, y persévérât.

Puisqu'il parait, par cet abrégé de notre histoire, que la plus grande gloire des rois de France leur vient de leur foi, et de la protection constante qu'ils ont donnée à l'Eglise, ils ne laisseraient pas affaiblir celle gloire : et la race régnante la fera passer ô la postérité, jusqu'à la fin des siècles.

Elle a produit saint Louis, le plus saint roi qu'on ait vu parmi les Chrétiens. Tout ce qui reste aujourd'hui de princes de France est sorti de lui; et comme Jésus-Christ disait aux Juifs (Joon. vin, 39) : « Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham, v il ne me reste qu'à dire à nos princes : Si vous ê:es enfants de saint Louis, faites les œuvres de saint Louis (56).

lieutenants. Ce que nous avons d'avantages sur les auires hommes est pour nous un nouveau lilie de sujétion ; et après ce qu'il a l'ait pour nous, noire dignité se relève p*r tous les devoirs que nous lui rendons. Mais sachez que pour le servir selon ses désirs, il ne faut pus se contenter de lui rendre un culte extérieur, comme t'ont la plupart des autres hommes : de> obligations plus s'gnalées veulent de nous des devoirs plus épurés; et comme, en nous donnant le sceptre, il nous a donné ce qui parait de plus éclatant sur la terre, nous devons, en lui donnant notre cœur, lui donner ce qui est de plus agréable à ses yeux.

« Quand nous aurons armé tous nos sujets pour la défense de sa gloire ; quand nous aurons relevé ses autels abattus ; quand nous aurons fait connaître son nom aux climats les plus reculés de la terre, nous n'aurons fait que l'une des paries de noire devoir : et sans doute nous n'aurons pas fait celle qu'il désire le plus de nous, si nous ne nous sommes soumis nous-mêmes au joug de ses commandemenls. Les actions de bruil et d'éclat ne s ml pas toujours celles qui le louchent davantage ; et ce qui se passe dans le secret de notre cœur est souvent ce qu'il observe avec plus d'attention.

i 11 est infiniment jaloux de sa glo re; mais il sait mieux que nous discerner en quoi elle consiste. 11 ne nous a peut-êt'e laits si grands, qu'afin que nos respects l'honorassent davantage; et si nous manquons de remplir en cela ses desseins, peul-êlre qu'il nous laissera tomber dans la poussière de laquelle il nous a lires.

, Plusieurs de mes ancêtres, qui ont voulu donner à leurs successeurs de pareils enseignements, ont attendu pour cela l'extrémité de leur vie; mais je ne suivrai pas en ce point leur exemple. Je vous en parle dès celte heure, mon lils, el vous en parlerai toutes les lois que j'en trouverai l'occasion. Car, outre que j'estime qu'on ne peut de trop bonne heure imprimer dans (es jeunes esprits des. pensées

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