‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 101 sur 458 · SUITE DES DEVOIRS PARTICULIERS DE LA ROTAUTÉ. — DE LA IUSTH E · texte numérisé non relu

SUITE DES DEVOIRS PARTICULIERS DE LA ROTAUTÉ. — DE LA IUSTH E

ARTICLE PREMIER. commandement suprfirac, Dieu se plainf,

Que la justice csl établie sur la religion. dan? ,a sni,e du •,sm,! ^ de,S JUSes 'I'1' n'.é~

c J ' coulent pas sa voix. « Ils n oui pas compris.

Première proposition. Dieu est le juge des ils n'onl pas su ; ils marchent dans les lé-

fuges, et prûide aux jugements. — « Dieu a nèlnes : tous les fondements de la terre s< -

pris sa séance dans rassemblée des dieux ; ront ébranlés. » (Psal. lxxxi, 5.) Il n'y a rien

• •I assis au milieu d'eux, il juge les dieux. )> d'assuré parmi les hommes si la justice no

[Psnl. lxxxi, 1.) se fait pas.

Ces dieux, que Dieu juge, sont les rois, et C'est pourquoi Dieu regarde en colère les les juges assemblés sous leur autorité, pour juges injustes, et les fait souvenir qu'ils exercer leur justice. Il les appelle desdieux, sonl mortels. « Je l'ai dit : Vous êtes dieux à cause que le nom de Dieu, dans la langue (Ibid., f>) : » et je ne m'en dédis pas : « et sainte, est un nom de juge ; et qu'aussi l'au- vous êtes tous les enfants du Très-Haut, » torité de juger est une participation de la par ce divin écoulement de la justice soujustice souveraine de Dieu, dont il a revêtu verainc de Dieu sur vos personnes : « mais les rois de la terre. vous mourrez comme des hommes, et tombe- Ci! qui leur mérite principalement le nom rez (dans le sépulcre) comme tous les prinde dieux , c'est l'indépendance avec laquelle ces. >< [lbid., 7.) Vous serez ju0és avec eux. ils doivent juger, sans distinction de per- Après quoi il ne reste plus qu'à se toursonnes, et sans craindre le grand nom plus ner vers Dieu, et lui dire : Il n'y a point de que le petit ; « parce que c'est le jugement justice parmi les hommes : « Elevez-vous, du Seigneur, » disait Moïse (Deut. i, 17), où ô Dieu 1 jugez vous-même la terre, puisque l'on doit juger avec une indépendance sem- toutes les nations sonl votre héritage. y>(Ibid.t niable à celle de Dieu, sans craindre ni mé- 8. ) nager personne. C'est ainsi que le Saint-Esprit nous mon-

II est dit que Dieu juge ces dieux de la tre, dans ce divin psaume, la justice établie

terre, parce qu'il se fait devant lui une per- sur la religion,

pétuelie révision de leurs jugements. IIe Prop. La justice appartient à Dieu, et

Le psaume continue, et fait parler Dieu en cest lui qui la donne aux rois. — « O Dieu I

celle sorte [Psal. lxxxi, 2) : « Jusqu'à donnez votre jugement au roi , et voire jus-

quand jugerez-vous avec injustice, et que tice au filsdu roi, pour juger voire peuple

vous regarderez en jugeant (non le droit), selon la justice, et vos pauvres avec un ju-

mais les personnes des hommes? » Il lou- gement droit. »(Psal. lxxi, 1.) i/esl la prière

che la racine de toute injustice, qui consiste que faisait David pour Salomon.

à avoir égard aux personnes plutôt qu'au Le peuple que le roi doit juger, est le

droit. peuple de Dieu plus que le sien. Les pau-

« Jugez pour le pauvre et pour le pupille ; vressontà lui par un titre plus particulier,

justifiez le faible et le pauvre. Arrachez le puisqu'il s'en déclare le père,

pauvre et le mendiant de la main du pé- C'est donc à lui qu'appartiennent en pro-

cheur qui l'opprime. » (Ibid., 3, k.) priélé la justice et le jugement; et c'est lui

« Jugez pour le pauvre. » Cela s'entend , qui les donne aux rois. C'est à-dire qu'ii

s'il a le droit pour lui; car Dieu défend ail- leur donne non-seulement l'autorité de ju-

leurs (Exod. xxm, 3), d'avoir « pitié du ger, mais encore l'inclination , et l'applica-

pauvre en jugement; » parce qu'il ne faut lion à le faire comme il le veut, et selon ses

non plus juger par pitié, que par complai- lois éternelles..

sahee ou par colère, mais seulement par IIP' Prop. La justice est le. vrai caractère

raison. Ce que la justice demande, c'est î'é- d'un roi, et c'est elle qui affermit son trône.

galité entre les citoyens, et que celui qui — D;ivid connut et prédit le règne heureux

opprime demeure toujours le plus faible de Salomon. « La justice se lèvera en ces

devant la justice. C'est ce que veut ce mot : jours de paix, pour durer autant que la lune

Ai racliez. Ce qui marque une action forte dans le ciel. » (Ibid., 7.) La justice se lève,

contre l'oppresseur, aiin d'opposer la force comme un beau soleil, dans le règne d'un

à la force ; la force de la justice à celle de bon roi ; la paix la suit comme sa compagne

l'iniquité. c inséparable. Le même David ledéc -lareanisi.

Après cette sévère réprihension , et ce [Ibid., 3. ) « Les montagnes recevront la

de celle conséquence, je crois qu'il se peut faire mes affaires, ne vous rouiront jamais laisse pour

que ce qu'ont dit ces pinces, dans un éiaisi ure>- ce discours au un soupçon de taible se ou de de-

taut, ail quelquefois été nimbué à la Vue du péril guiseme: l. »

où ils se trouvaient : nu lieu que, vous eu parlant Voy. Mém. de Louis XIV, ami. 1(561 à !G76 :

maintenant, je suis assuré que la vigueur ue mon fragments, f* part , p 5i et suiv. (Edit. de Vet-

àtfe, la liberté démon esprit et l'étal tl lïssanl de taïUes.)

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