‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 104 sur 458 · C8Î) PART. XIII. TIIEOL. SOCIALE. — POLI · texte numérisé non relu

C8Î) PART. XIII. TIIEOL. SOCIALE. — POLI

contre ceux (l'entre le peuple qui peu auparavant méprisaient le nouveau roi, disaient à Sarouel ( f Jicçj. xi, il, 12, 13) : « Où sont

ceux qui disaient : Est-ce que Saul régnera sur nous? Qu'on nous les livre et nous les ferons mourir. Saul répondit : Nul ne sera tué en ce jour, qui est un jour de salut que Dieu donne au peuple. » Et nous devons imiter sa miséricorde.

C est encore une raison de pardonner, lorsque Dieu livre nos ennemis entre nos mains, par une grâce et une providence particulière.

« Frappez-les d'aveuglement, Seigneur, »

disait Elisée des Syriens, qui faisaient la guerre aux Israélites. (IV Reg. vi, 18.) «Et Dieu les frappa d'aveuglement. >- Et en cet état le prophète les mena au milieu de Samarie. « Le roi d'Israël dit à Elisée (Ibid., 21) : Mon père, ne faut-il pas les tuer? Gardez-vous-en bien, reprit Elisée; car vous ne les avez pris ni par votre épée ni par votre arc, pour ainsi les massacrer; mais donnez-leur du pain et de l'eau, afin qu'ils en prennent en liberté, et les renvoyez à leur seigneur. »

Un prince ne se montre jamais plus grand à ses ennemis, que lorsqu'il use avec eux de générosité et de clémence.

Xe Prop. Dans les actions de clémence , il est souvent convenable de laisser quelque reste de punition, pour la révérence des lois, et pour l'exemple.— «Vos raisons m'ont apaisé envers Absalon, » malgré l'attentat énorme qu'il a commis sur son frère Amnon, disait David à Joab. (// Reg. xiv, 21, 2i, 28.) -(Faites donc revenir ce jeune prince dans sa maison ; mais qu'il ne voie point la face du roi. Ainsi il fut rappelé dans Jérusalem; et il y demeura deux ans, sans oser se présenter devant le roi.»

Moïse avait donné un semblable exemple, lorsque Marie, sa sœur, devenue lépreuse pour avoir désobéi, demanda pardon à Moïse par l'entremise d'Aaron. « Et Moïse cria au Seigneur, et le pria de la délivrer. Mais le Seigneur répondit : Si son père (pour quelque faute) lui avait craché sur le visage, n'était-il pas juste qu'elle portât sa confusion du moins durant sept jours? Qu'elle soit donc éloignée du camp durant sept jours; et après elle sera rappelée. » (Num. xn, 13, H.)

XIe Prop. Il y aune fausse indulgence. — Telle fut celle de David envers Amnon, son fils aîné , dont le crime le conlrisla beaucoup (Il Reg. xin, 21, 28, 29); mais cela ne suffirait pas, et il fallait le punir. Au lieu que, « ne voulant pas affliger l'esprit d'Amnon, son fils aîné, qu'il aimait beaucoup, » il laissa son attentat impuni ; ce qui causa la vengeance d'Absalon qui tua son frère.

Ce grand roi eut aussi trop d'indulgence pour les entreprises d'Absalon etd'Adonias. Ce dernier « s élevait excessivement dans la vieillesse de David. Ce père trop indulgent ne le reprit pas, en lui disant : Pourquoi faites-vous ainsi? » (111 Reg. i, 5, G.) Et son

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