FAUT. XIII, TUEOL. SOCIALE. - POLITIQUE TIREE DE [/ECRITURE. LIV. IX
droite et l'autre do sa main gauche : « Que je meure, dit-il [Ibid.,30), avec les Philistins. » Et ébranlant les colonnes, M renversa toute la maison sur les Philistins ; et en tua plus en mourant, parce seul coup, qu'il n'avait fait pendant sa vie.
Les interprètes prouvent très-bien, par Y 'Ecclésiastique et par VEpître aux lié-
présent et qui nous regarde. » [Gen. xxxi, 50.)
On le prend aussi pour vengeur de la foi violée : « Qu'il nous voie; et qu'il voie entre nous, quand nous nous serons séparés. » (Ibid„ 49.)
C'est aussi par esprit de justice qu'Abraham, qui traitait d'égal à égal et de souverain
breux, que Samson était inspiré dans cette à souverain avec Je roi Abimélech, lui re
action. Dieu donnait de tels exemples d'un courage déterminé à la mort, pour accoutumer son peuple à la mépriser.
On peut croire qu'une semblable inspiration poussa Eléazar, qui voyait le peuple étonné de la prodigieuse armée d'Antiochus, et plus encore du nombre et de la grandeur de ses éléphants, d'aller droit à celui du roi
proche la violence qu'on avait faite à ses serviteurs, au lieu de commencer par se plaindre à lui. « Mais Abimélech repartit {Gen. xxi, 25, 26) : Je ne l'ai pas su ; vous ne m'en avez rien dit, et c'est d'aujourd'hui que je Lt sais. »
Enfin, cet esprit d'équité, qui doit régner môme au milieu des armes, ne paraît nulle
qu'on reconnaissait à sa hauteur et à son ar- part avec plus d'évidence que dans la ma-
mure. « Il se livra pour son peuple, et pour s'acquérir un nom éternel. Et s'élant fait jour à droite et à gauche, au milieu des ennemis qui tombaient deçà et delà à ses pieds, il se mit sous l'éléphant, lui perça le ventre, et fut écrasé par sa chute. » (/ Mach. vi, 43-46.)
Ces actions d'une valeur étonnante faisaient voir que tout est possible à qui sait mépriser sa vie ; et remplissaient à la fois,
nière "de faire la guerre que Dieu prescrit à son peuple en lui mettant les armes à la main.
« Si vous assiégez une ville, d'abord vous lui offrirez la paix. Si elle l'accepte et qu'elle vous ouvre ses portes, tout le peuple qu'elle contient sera sauvé et vous servira sous tribut. Si elle refuse l'accommodement et qu'elle vous fasse la guerre, vous la forcerez; et quand le Seigneur vous l'aura mise entre les
et le citoyen de courage, et l'ennemi de ter- mains, vous passerez au fil de l'épée tout ce
qu'elle aura de combattants, en épargnant les femmes, les enfants et les animaux. Vous ferez ainsi à toutes les villes éloignées, et qui ne sont pas du nombre de celles qui doivent vous être données pour votre demeure. » {Deut. xx, 10, 11 seq.) A celles-là, Dieu n'ordonne point de miséricorde, pour des raisons particulières, que nous avons déjà remarquées (77); mais c'est une exception qui, comme on dit, affermit la loi.
Moïse continue de la part de Dieu (Deu! xx, 19, 20) : « Lorsque vous tiendrez long-
reur.
I V° Prop. Modération dans la victoire. — Les exemples en sont infinis. Celui de Gédéon est remarquable.
Le peuple, affranchi par ses victoires signalées, vint lui dire en corps : « Soyez notre seigneur souverain, vous et vos enfants, et les enfants de vos enfants ; parce que nous 'vous devons notre liberté. » (Judic. vin, 22, 23.) Mais Gédéon, sans s'enorgueillir et sans vouloir changer le gouvernement, répondit : « Je ne serai point votre seigneur, ni
mon fils, ni notre postérité; et le Seigneur temps une ville assiégée, et que vous l'au-
demeurera le seul souverain. »
Dès l'origine de la nation, Abraham, après avoir repris tout le bien des rois ses amis, que l'ennemi avait enlevé, paye la dime au grand pontife du Seigneur, conserve à ses alliés leur part du butin, et du reste, sans se réserver « un seul fil, ni une courroie, rend tout et ne veut rien devoir à aucun mortel. » (Gen. xiv, 23.)
Ve Prop. Faire la guerre équitablemcnt. — Ménager ses anciens alliés, et leur demander le passage à de justes conditions; c'est ce qu'on a exposé dès le commencement de ce livre (76).
Par l'effet de la même équité, on posait des bornes entre les peuples voisins. C'étaient des témoins immortels de ce qui leur appartenait. Tumulus testis. (Gen. xxxi, 48.)
« Ne transgressez point les bornes que vos pères ont établies, » dit le Sage. (Prov. xxh, 28.)
Respecter ces bornes, c'est respecter Dieu, qu'on avait pris à témoin, et qui seul était
rez environnée de travaux, vous ne couperez point les arbres fruitiers et vous ne ravagerez point les environs. Vous ne vous armerez point de cognées contre les plantes; cor c'est du bois, et non pas des hommes qui peuvent accroître le nombre de ceux qui vous combattront (cela s'entend des arbres fruitiers). Mais pour les arbres sauvages qui sont propres à d'autres usages, coupez-les, et dressez vos machines jusqu'à ce que la ville soit prise. »
La prudence, la persévérance, et en même temps la justice avec la bénignité, reluisent dans ces paroles.
VIe Prop. Ne se point rendre odieux dans une terre étrangère. — « Vous me troublez par la guerre injuste que vous avez entreprise contre ceux de Sichem; et vous me rendez odieux aux peuples de cette contrée, que j'avais toujours si bien ménagés, » dit Jacob à Simon et à Lévi, ses enfants. (Gen. xxxiv, 30.) Il se relire, et cherche la paix.
VIL Prop. Cri militaire avant le combat,
présent quand on les posait. « Nous n'avons pour connaître la disposition du soldat. — témoin de nos traités que Dieu seul, qui est « Quand on sera prêt à venir aux mains, les
(76) Ci-dev., art. 1, '" prop.
(11) Ci dev., au. I, '2' prop.
i Itefi de chaque i m Peronl celte publi-
cation k toute l'armée [Deut, \\ -\ 5 seq.) : si quelqu'un a bâti une maison et ne t'a pas .h ••, qu'il v retourne et qu'il n'ait point Ii" regret de là laisser peut-Aire dédiera un .•niirv. Qui a planté une rigne dont il n'a
«oint encore exposé le fruit en vente, qu'il
de môme. Qui a liante, une femme et ne ii ; oint encore épousée, qu'iJ aille la prendre et ne la laisse i oint à nn autre. »
Cri voulait (les soldats qui n'eussent rien à eCBUf que le combat, et n'eussent rien, dans le souvenir, qui pût ralentir leur ardeur.
Apres, on faisait encore ce cri général (Ibid., 8) : « Si quelqu'un est effrayé dans son cœur, qu'il se retire dans sa maison, de peur qu'il n'inspire à ses frères la terreur dont il est rempli. »
La coutume île ce cri durait encore dans les guerres des Machabées. (/ Mach. iii, 5G.) Llle ne laissait au soldat que l'amour de la patrie, avec le soin de combattre, sans avoir regret à sa Yie.
Vlll* Trop. Choix du soldat. — Quand Gédéon assembla l'armée pour poursuivre les Madianites, il reçut cet ordre de Dieu (Judic. vu, 3) : « Parle au peuple, et que tout le monde entende ceci : Qui a peur, qu'il se retire. Il se retira vingt-deux mille hommes, et il n'en resta que dix mille. Dieu continua ( Ibid., 4-6 ) : Mène ce peuple au bord des eaux. Que ceux qui lécheront les eaux en passant, à la manière des chiens, et que ceux qui fléchiront les genoux (pour boire à leur aise), soient mis à part. Et le nombre des premiers, qui prenant l'eau avec la main la portèrent à leur bouche, fut de trois cents seulement, que Dieu choisit pour combattre; » et apprit à ce général que ceux qui se trouveraient les plus propres à supporter la faim et la soif étaient les meilleurs soldats.
IXe Prop. Qualités d'un homme de commandement. — a Sois courageux et fort. Soyez homme : ne craignez rien, n'appréhendez rien. » (Josuei, 6,7, 9; I Par. xxn, 13.)
C'est la première vertu qu'on demande aux hommes de commandement, et le fondement de tout le reste.
C'est aussi ce qui faisait dire à Néhémias, gouverneur de la Judée, lorsqu'on lui inspirait des conseils timides : « Mes pareils n'ont point peur et ne fuient jamais. » (II Esdr. vi, 11.)
X* Prop. Intrépidité. — « Josué leva les jeux, et vit devant lui un homme qui le menaçait l'épée nue. (Josue v, 13-16.) 11 s'avance sans s'effrayer, et lui dit : Etes-vous des nôtres, ou du parti ennemi? » comme qui dirait parmi nous : Qui vive? Il apprit, en approchant, que c'était un ange. « Je suis, dit-il, un des princes de l'armée du Seigneur, » de celte armée invisible toujours prête à combattre pour ses serviteurs. Et Josué tourna sou attaque eh adoration, après néanmoins avoir appris, par cette preuve, qu'il ne faut rien craindre à la guerre, pas même un ange de Dieu en forme humaine.
XIe Trop. Ordre d'un général. — « Oue
chacun fasse comme moi, et suive ce qu'il me verra exécuter. » (Judic. vu, 17.) Les veux attachés BU général, et le cœur prêt à le suivre dans tous les périls.
Ainsi parla Gédéon, au commencement d'un combat. C'est l'ordre le plus noble et le plus fier que général donna jamais à ses soldats
XII* Prop. Les tribus se plaignaient lorsqu'on ne les mandait pas d'abord pour combattre iennemi. — « Ceux de la tribu d'Ephraïm disaient à Gédéon (Judic. vin, 1) : D'où vient que vous ne nous avez pas mandés plus tôt, et dès le moment quo vous alliez à la guerre contre Madian? Ils lui parlaient durement, tout prêts à lui faire violence. »
On les avait seulement mandés pour poursuivre l'ennemi mis en déroute, et ils avaient coupé chemin aux Madianites : en sorte qu'ils avaient pris Oreb et Zeb, deux de leurs chefs, dont ils portaient les têtes au bout de leurs piques. (Judic. vu, 24, 25.) Et l'envie de combattre était si grande, qu'ils murmuraient contre Gédéon, comme on vient d'entendre.
XIIIe Prop. Un général apaise de braves gens en les louant. — « Mais Gédéon leur répondit (Judic. vin, 2, 3) : Qu'ai-je pu faire qui égale vos vaillants exploits? Un raisin de la tribu d'Ephraïra vaut mieux que toute la vendange d'Abiézer (quelque abondant que soit ce pays). Le Seigneur vous a livré Oreb et Zeb : qu'ai-je pu faire qui vous égalât? » Leur colère fut apaisée par cette louange.
XIVe Prop. Mourir ou vaincre. — C'est ce qui fait des soldats déterminés, qui ne démordent jamais : tels que furent ceux dont il est parlé dans la guerre entre David et Isbosetn.
« Abner dit à Joab : Que notre jeunesse joue devant nous ( IJ Reg. h , 14-16); » c'est-à-dire qu'elle combatte à outrance, en combat singulier, comme on faisait dans nos tournois. « Aussitôt on en choisit douze de la tribu de Benjamin, du côté d'Isboseth, et douze du côté de David. En ce moment ils s'approchent.. Chacun d'eux prit la tête de son ennemi, » à la façon peut-être des gladiateurs, qui avaient un rets à la main pour cela, « et en même temps lui enfonça le poignard dans le flanc; et ils tombèrent tous morts l'un sur l'autre en même temps. » Sur l'heure on récompensa leur valeur, en appelant ce champ le « Champ des Forts en Gabaon. » Et le titre lui en demeura, en mémoire d'une action si déterminée.
XVe Prop. Accoutumer le soldat à mépriser l'ennemi. — « Amenez-moi ces cinq rois qui se sont cachés dans cet antre. » (Josue x, 22, 23.) Dieu les avait condamnés à mort. « Quand on les eut amenés, Josué appela ses soldais, et en leur présence il donna cet ordre aux chefs ( Ibid., 24-26 ) : Mettez le pied sur la gorge à ces malheureux. Et pendant qu'on les foulait ainsi aux pieds : Dieu, poursuit-il, en fera autant à tous vos ennemis. Soyez gens de cœur, et ne craignez rien. Et après les avoir tués, on les attacha à cinq poteaux jusqu'au soir, pour être en spectacla