TIQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV. IX
marquer une ibis, qu'il y a des conjonctures où il ne faut rien épargner.
XV1IP Prop. La réputation d'être hommi de guerre, tient l'ennemi dans la crainte. — « Chusaï dit à Absalon (// Reg xvii, 8-10) : Vous connaissez votre père et les braves gens qu'il a avec lui, d'un courage intrépide et qui s'irrite par ses pertes, comme une ourse à qui on a ôlé ses petits. Votre pèro est un homme do guerre, et ne s'arrêtera point avec le reste du peuple ; il vous attend dans quelque embuscade, ou dans quelque lieu avantageux. S'il nous arrive le moindre échec, le bruit aussitôt s'en répandra de tous côtés, et on publiera qu'Absalon a été oallu ; et ceux qui sont à présent comme des lions, perdront courage par cette nouvelle. Car on sait que voire père e.>t un homme fort, et qu'il est environné de braves gens. » Il concluait à ne rien hasarder, et à l'attaquera coup sûr. Ce qui donnait à David le temps de se reconnaître, et lui assurait la victoire. Et il arrêta par cette seule considération •l'impétuosité d'Absalon, qui craignit dans David les ressources que ce grand capitaine pouvait trouver dans son habileté dans la guerre et dans son courage.
XIX' Prop. Honneurs militaires. — Saul, après ses victoires, érigea un arc de triomphe (/ Reg. xv, 12), en mémoire à la postérité, et pour l'animer par les exemples, et par de pareilles marques d'honneurs.
La constitution du pays ne permettait pas alors d'ériger des statues, que la loi de Dieu réprouvait. On érigeait des autels pour servir de mémorial (/ Reg. xiv, 35), ou l'on faisait des amas de pierres. ( Josue x, 27 ; // Reg. xvin, 17, 18.)
XX' Prop. Exercices militaires, et distinctions marquées parmi les gens de guerre. — David fit apprendre aux israéliles à tirer do Tare (// Reg. i, 18) : et fit un cantique pour cet exercice, à la louange de Saul, qui apparemment l'avait établi.
Ceux de la tribu d'Issachar étaient en réputation de savoir mieux que les autres le métier de la guerre. « Il y avait deux cents hommes de cette tribu qui étaient très habiles, et savaient instruire Israël, » à faire en son temps et à propos toute sorte de mouvements; « et le reste de la tribu suivait leurs conseils. » (/ Par. xn, 32.)
Dans la paix profonde du règne de Salomon, les exercices militaires demeurèrent en honneur, et deux cent cinquante cliefs instruisaient Je peuple. (/ Par. vm, 10.)
Ce prince si pacifique entretenait dans lo peuple l'humeur guerrière. Il employait les étrangers aux ouvrages royaux : mais mm pas les enfants d'Israël. Celaient eux qu'il occupait de la guerre. (// Par. vm, 9.) Ils étaient les premiers capitaines, et commandaient la cavalerie et les chariots.
Les uns, et principalement ceux de Juda tî. do Nephtali,. combattaient av"ec le bouclier et la pique; les autres joignaient l'arc avec le bouclier (/ Par. viii, M); \u, 24, 3ï, 38), et chacun était instruit à manier les armes dont il se servait.
(* l MU. S COMPLETES DE BOSSEEï.
J >aphat, quoiqu'il fil la guerre plus pour ses alliés que pour lui-même, se rendit célèbre par le bon ordre qu'il donna à la milice. (// Par. \mi. •>. iu. 13 seq.J
i réputation d'Osias fui portée bien loin l ,ir une semblable vigilance, qni lui fil ajouter au* soins des rois ses prédécesseurs celui deoonslruire des magasins d'armes, de casques, de bouchers, d'arcs el tle frondes, avec des machines de toutes les sortes; tant celles qu'il conservait dans les tours, que celles
ce qui plaira à ses yeux. » Faire co qu'on doit, s'entendre, être attentif l'un à l'autre, être résolu è tout, et soumis à Dieu ; c'est tout ce que doivent faire de !>©ns généraux.
Judas parla en ces termes a son frère Simnn (/ Siach. v, 17 se.].) : * Choisissez des hommes ; marchez et délivrez vos frères dans la Galilée : et moi, avec Jonalhas, nous irons dans le pays de Galaad. » Il laissa Joseph, tils de Zacharie, et Azarias, deux chefs
qu'il tenait dressées sur les murailles pour de l'armée, avec le reste des troupes pour tirer des dards, et jeter de grosses pierres garder la Judée, leur défendant de combat- {11 Par. ix vi, 8, l'i, 15), en sorte que rien tre jusqu'à leur retour. Simon, avec trois ne manquait à l'exeri ice des armes. mille hommes, combattit heureusement dans !.-•- distinctions honorables animèrent la Galilée, poursuivit les vaincus bien avant, aussi le courage dos braves gens. et jusqu'aux portes de Plolémaïde; fit beauun distinguait sous David de ces espèces coup de butin, et amena en Judée ceux que de titres // Reg. xxm, 9 seq. ; 1 Par. xi, les gentils tenaient captifs avec leurs fem- 10, 11, 15 seq.) : les trois forts, de deux or- mes et leurs enfants. En môme temps Judas dres différents ; avec les trente qui avaient et Jonathas passèrent le Jourdain avec huit leur chef. Leurs actions étaient remarquées mille hommes, prirent beaucoup de places dans les registres publics. Il y en avait qu'on fortes dans Galaad, et après avoir remporté, nommait les capitaines du roi : les grands ou sans perte, de signalées victoires, ils reles premiers capitaines (// Par. xxvi, 11; tournèrent en triomphe dans Sion, où ils vin, 9), ou, les capitaines des capitaines. (/ offrirent leurs holocaustes en action de grA- Par. vu, iO.) ces. Le peuple saint prit le dessus de ses en-
On voit ailleurs comme un état de deux mille six cents officiers principaux. (// Par. xwi, 12.) Sous chaque prince, on connaît ceux qui étaient établis pour les commandements généraux , ceux qui commandaient après eux, et tout l'ordre de la milice. (7/ Par. xvn, 15 seq.)
Dieu voulait montrer dans son peuple un Ktat parfaitement constitué, non-seulement pour la religion et pour la justice, mais encore pour la guerre comme pour la paix; et conserver la gloire aux princes guerriers.
ARTICLE VI
Sur la paix et la guerre; diverses observations sur l'une et sur l'autre.
Première Proposition. Le prince doit affectionner les braves gens. — Saùl, en qui l'on
admirait de si grandes qualités, se faisait re- rent à tout le peuple l'état où était la ville :
marquer par celle-ci; « tout homme qu'il tout le peuple éleva la voix et fondit en lar-
rojait courageux et propre à la guerre, il se mes. Chacun pleurait une ville qu'on allait
l'attachait. » (/ Reg. xiv, 52 ) perdre, comme si on lui arrachait un de ses
C'est le moyen de s'acquérir tous les bra- membres. Saùl arriva pendant l'assemblée, ves. Vous en prenez un, vous en gagnez suivant ses bœufs qui venaient de la campacent. Quand on voit que c'est le mérite et la gne. Car nous avons déjà vu que tout sacré valeur que vous cherchez, on entre en re- qu'il était, et reconnu roi, il faisait sans laconnaissance du bien que vous faites aux çon et sans s'élever davantage, son premier autres, et chacun espère y venir à son tour, métier. Telle était la simplicité de ces temps.
11* Prop. Il n'y a rien déplus beau dans la Etant venu dans l'assemblée, il dit (/ R°g.
guerre, que l'intelligence entre les chefs et la xi, 5, 6) : « Quel est le sujet de tant de lar-
eonspiration de tout l'Etat. — Joab se voyant mes, et de ces cris lamentables de tout le
nemis par le concours de trois chefs. Joseph, fils de Zacharie, et Azarie, un des chefs, rompirent ce beau concert, et firent une grande plaie en Israël, comme on le dira dans un moment.
Sous Saùl, Jabès en Galaad, ville au delà du Jourdain, assiégée par Naas, roi des Ammonites, offrit de traiter et de se soumettre à sa puissance. Naas répondit avec une dérision sanglante (/ Reg. xi , 1, 2 seq.) : « Tout le traité que je veux faire avec vous, c'est que vous me livriez chacun son œil droit, et que je vous fasse l'opprobre de tout Israël. Le conseil de la ville répondit : Donnez-nous sept jours pour envoyer aux tribus; et si dans ce temps nous ne sommes secourus, nous nous rendrons à votre volonté. » Leurs envoyés vinrent donc à Gabaa, où Saùl faisait sa résidence, et ils déclaré-
comme environné des ennemis, partagea I armée en deux, pour faire tête de tous côtés ; une partie contre les Ammonites, et une partie contre les Syriens. « Si les Syriens me forcent, » dit Joab à Àbisaï {II Reg. x, 11, 12), «secourez-moi ; et si les Ammonites prévalent de votre côté, je serai à votre secours. Soyez homme de courage, et combattons pour notre peuple et pour la cité de notre Dieu. \i rès cela, que le Seigneur fasse
peuple? » Alors on lui raconta l'état de Jabès. «L'esprit de Dieu le saisit, il mit en pièces ses deux bœufs, et en envoya les morceaux par tout Israël, avec cet ordre : Ainsi sera fait aux bœufs de tout homme qui manquera de suivre Saùl, et de marcher en campagne. » On obéit : il fit la revue; il trouva sous ses étendards trois cent mille combattants, et la seule tribu de Juda y en ajouta trente mille. 11 renvoya les députés
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de Jabès avec celte réponse précise : « Vous serez socourus demain.» L'effet suivit la parole. Dès le matin , Saùl partagea son année en trois, entra au milieu du camp ennemi, et ne cessa de tuer jusqu'à la grande chaleur du jour; tous les ennemis furent dispersés et il ne resta pas deux hommes ensemble. C'est ce que fit l'intérêt public, la diligence, la conspiration du roi, du peuple et de toutes les forces de l'Etat.
On conserva éternellcmentla mémoired'un tel bienfait. Ceux de Jabès-Galaad, touchés de ce souvenir, furent fidèles à Saùl jusqu'après sa mort, et furent les seuls de tout Israël qui l'ensevelirent. David leui en sut bon gré, et leur fit dire (// Reg. n, 4 seq.) : « Bénis soyez-vous de Dieu, vous qui avez conservé vos reconnaissances à Saùl votre seigneur : le Seigneur vous le rendra, et moi-même je vous récompenserai de ce devoir de piété, car encore que Saùl votre seigneur soit mort, Juda m'a choisi pour roi. Et je succéderai à l'amitié qu'il avait pour vous, ainsi qu'à son trône. »
IIIe Prop. Ne point combattre contre les ordres. — Pendant que Judas et Simon firent les exploits qu'on a vus en Galilée et dans Galand (/ Mach. v, 55 seq.), Joseph et Azarie, les deux chefs à qui ils avaient laissé la garde de la Judée, avec défense de combattre jusqu'à la réunion de toute l'armée, furent flattés de la fausse gloire de se faire un nom, à leur exemple, en combattant les gentils dont ils étaient environnés. Ils sortirent donc en campagne : mais Gorgias vint à leur rencontre, et les poussa jusqu'aux confins de la Judée. Deux mille hommes des leurs demeurèrent sur la plaGe, et la frayeur se mit dans tout le pays, parce qu'ils n'obéirent pas aux sages ordres qu'ils avaient reçus de Judas, s'imaginant de partager avec lui la gloire de sauver le peuple. « Mais ils n'étaient pas de la race dont devait venir le salut.» (lbid.t 62.)
Leur général les connaissait mieux qu'ils ne se connaissaient eux-mêmes. On les laissait pour garder le pays, et ils n'avaient qu'à demeurer sur ladéfensive. Fauted'avoirobéi, ils firent perdre à leurs troupes l'avantage de combattre avec tout le reste de l'armée, et sous de [dus sages chefs.
IV Prop. // est bon d'accoutumer l'armée à un même général. — « Tout Israël et Juda aimaient David, même du vivant de Saùl, parce qu'ils le voyaient toujours marcher à leur têle, et sortir en campagne devant eux. » (I Reg. xvm, 16.) On s'accoutume, on s'attache, on prend confiance ; on regarde un général comme un père qui pense à vous plus que vous-même.
On s'en souvint, lorsqu'il fallut réunir les tribus pour reconnaître David. « Hier, et avant-hier, vous cherchiez David pour le faire régner sur vous. Faites donc, et rangez-vous sous son étendard. » (II Reg. m, 17, 18.) Ce n'est pas un inconnu que je vous propose, dit Abner à tout Israël.
V* Prop. La paix affermit les conquêtes. — Il est bon qu'un Etat ait du repos. La paix
du temps de Salomon assura les conquêtes de David. Les Héléens, les Amorrhéena et lesaulres peuplesque les Israélites n'avaient pas encore entièrement abattus, furent subjugués par Salomon, et devinrent ses tributaires. (// l'ar. vin, 7, 8.)
VI' Pkop. La paix est donnée pour fortifier le dedans. — De quelque paix qu'on jouisse, toujours environné de voisins jaloux, il ne faut jamais entièrement oublier la guerre, qui vient tout à coup. Pendant que l'on vous laisse en repos, c'est le temps de se fortifier au dedans.
Salomon en donna l'exemple. I! bâtit les villes qu'Hiram lui avait cédées, et y établit des colonies d'Israélites. (Ibid., 2 seq.) H fortifia Emath-Suba, place éloignée dans la Syrie, et ancien siège des rois. Il bâtit Palmyre dans le désert, qui plusieurs siècles après fut une ville royale, où Odenat et Zénobie tenaient leur siège. Il érigea en Emath plusieurs villes fortes; il éleva la haute et la basse Béthoron, et d'autres places murées, avec des remparts et des portes. Il établit aussi des places pour y tenir sa cavalerie et ses chariots, et il remplit de ses bâtiments Jérusalem, le Liban, et toutes les terres de son obéissance.
Les autres grands rois, Asa, Josaphat, et Ozias l'imitèrent.
« Asa construisait des villes fortes, parce qu'il était dans le repos, et ne se trouvait pressé d'aucune guerre. » (// Par. xiv, 6.) La guerre demande d'autres soins , et ne donne pas ce loisir. 11 prit donc ce temps pour dire à ceux de Juda (Ibid., 7) : « Bâtissons ces villes; entourons-les de murailles; munissons-les par des tours; fortifions les portes, pendant que tout est paisible, et qu'aucune guerre ne nous presse. Ils les bâtirent donc sans empêchement. » On voit, en passant, les fortifications dont ces temps avaient besoin; et l'on n'en négligeait aucune.
« Josaphat bâtit aussi des châteaux en forme, et environna plusieurs villes île murailles ; et on vit de tous cous de grands travaux. » (// Par. xvii, 1*2, 13.)
« Ozias fortifia les portes de Jérusalem, en les munissant de louis; la porte de l'Angle, et la porte de la Vallée, et les autres du même côté de la muraille. » (II Par. xxvi, 9.) C'étaient apparemment les endroits les plus difficiles à défendre, et qu'il fallait tâcher de rendre imprenables.
VIIe Prop. Au milieu des soins vigilants, il faut toujours avoir en vue l incertitude des événements. — En ire plusieurs exemples que nous fournit l'Ecriture de chutes inopinées, celui d'Abimélech est des plus remarquables.
Abitnélcch, fils de Gédéon, avait persuadé à ceux de Sichem de se rendre à lui. (Judic. ix, 1 seq.) Ce poste était important, elc'est là où fut depuis bâtie Samarie. Il leva des troupes, de l'argent qu'ils lui donnèrent, et s'empara du lieu où étaient ses frères au nombre de soixante et dix, qu'il massacra tous sur une même pierre, à la réserve de
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Joatham, le pins jeune, qu'on cacha. Il Fui élu roi I un « hêne près .le Biehero, quoique loethan leur reprochât leur ingratitude enen la maison de Gédéon leur libérateur;
mais il fut contraint de prendre la fuite pai la crainte d'Àbimélech, qui demeura le maître durant trois ans sans aucun trouble.
Après le> trois ans, il se sema un esprit ,y <fii ision entre lui et les habitants de Si* cbero, qui commencèrent a le haïr, et les
grands de Sichem qui l'avaient aidé dans le parricide exécrable qu'il avaitcommis contre ses frères, ku temps donc qu'Àbimélech était absent, ils se firent un chef nommé Gaal, tils li'Obed, qui, étant entré dans Sichem, donna courage aux habitants soulevés, qui allaient pillant et ravageant tout aux environs, et maudissant Abimélech au milieu de leurs festins et dans le temple de leur dieu. Il restait à Abimélech un ami fidèle, nommé Zébul, à qui il avait laissé le gouvernement de la ville, qui aussi lui donna de secrets avis de tout re qu'il avait vu, l'exhortant à faire tout ce qu'il pourrait sans perdre de temps.
Abimélech part la nuit et marche vers Sichem, où Gaal était le maître. Le comhat so donne à la porte, et Gaal est contraint de se renfermer dans la place, ou' Abimélech assiégea. Les gens de Gaal furent battus et défaits pour la seconde foi. Abimélech pressait le siège sans relâche, et ne laissa aucun habitant, ni pierre sur pierre dans la ville, qu'il réduisit en une campagne qu'il sema de sel. Il restait aux Sichémites un vieux temple, qu'ils avaient fortifié avec soin ; mais Abimélech y fit transporter toute une forêt, et, ayant allumé autour un grand feu, y fit crever de fumée ses ennemis.
Vainqueur de ce côté-là, il assiégea Thèbes qu'il réduisit bientôt. Il y avait une haute tour où les hommes et les femmes s'étaient réfugiés avec les principaux de la ville. Abimélech la pressait avec vigueur, prèlày mettre le feu ; car il avait tout l'avantage : mais une femme trouvant sous sa main un morceau d'une meule, le lui jeta sur la tête. Il tomba mourant, et celui qui faisait la guerre si ardemment et si heureusement, que rien ne lui résistait, périt par une main si faible; contraint, dans son désespoir, de se faire percer le flanc par un de ses soldats, « de peur qu'il ne fût dit qu'une femme lui avait donné le coup de la mort. » (Judic. ix, §ï.)
Ne vous liez ni dans votre force, ni dans voire diligence, ni dans vos heureux succès; surtout dans les entreprises injustes et lyran niques. La mort, ou quelque désastre affreux, vous viendra du côté dont vous l'attendez le moins; et la haine publique, qui armera contre vous la plus faible main, vous accablera.
^ IIIe Pnop. Le luxe, le faste, la débauche,
aveuglent les hommes dans la guerre, et les
; pair. — Ela, roi d'Israël, fils de Baasa,
1 lisait la guerre aux Philistins, et son armée
siégeait Gebbéthon, une de leurs places les plus fortes, sans se mettre en peine de «e gui se passait à l'armée et à la cour ; contcut de faire bonne chère chez le gouverneur
de l'hersa, apparemment aussi peu soigneux des affaires que son maître. Zambri cependant, a qui, sans le bien connaître, Ela avait donné le commandement de la moitié de la cavalerie, l'ayant surpris dans le vin et à demi ivre chez le gouverneur, l'égorgea avec sa famille et ses anus, et s'empara du royaume. Le bruit de cette nouvelle étant venu dans l'armée qui assiégeait Gebbéthon, elle fit un roi de son côté, nommé Amri, qui en était le général; et Zambri se trouva forcé à se brûler dans le palais, après un règne de sept jours. (/// Reg. xvi, 8 seq.)
L'aventure de Bénadad, roi de Syrie, n'est guère moins surprenante. Il assiégeait Samarie, capitale du royaume d'Israël, avec une armée immense, et trente-deux rois ses alliés. (111 Reg. xx, 1 seq. ) 11 était à table avec eux sous le couvert de sa tente, plein de vin et d'emportement. On vit avancer quelques hommes, et on vint dire à Bénadad que quelqu'un était sorti de Samarie. « Allez, dit-il aussitôt (Ibid., 18), et qu'on les prenne vifs, soit qu'ils viennent pour capituler ou pour combattre. » Il ne songeait pas que sept mille hommes suivaient. On tua tous les Syriens qui s'avançaient à la négligence. L'armée syrienne se mit en fuite; Bénadad prit la fuite aussi avec sa cavalerie, et laissa toute sa dépouille au roi d'Israël.
Pour lui relever le courage, ses conseillers l'amusèrent par des superstitions de sa religion, en lui disant (111 Reg. xx, 23) : « Les dieux des montagnes sont leurs dieux; et si nous les combattons en pleine campagne, nous aurons pour nous les dieux des vallées. » Mais ils ajoutèrent à ce vain propos un conseil bien plus solide : « Laissez tous ces rois (qui ne font qu'embarrasser une armée), et mettez de bons capitaines à la place; rétablissez votre armée sur le même .ued qu'elle était; combattez - les dans la daine, et à découvert, et vous remporterez a victoire. » Le conseil était admirable ; mais Bénadad était un roi timide et vain, qui n'avait que du faste et de l'orgueil. Et Dieu le livra encore entre les mains du roi d'Israël: trop heureux de trouver de l'humanité dans son vainqueur.
IXe Prop. Il faut, avant toutes choses, connaître et mesurer ses. forces. — «Qui est le roi qui, ayant à faire la guerre contre un roi, ne songe pas auparavant en lui-môme s'il pourra marcher avec dix' mille hommes à la rencontre de celui qui en a vingt mille? Autrement, pendant que son ennemi est encore éloigné, il envoie une ambassade pour lui demander la paix. » C'est ce que dit la Sagesse éternelle. (Luc. xiv, 31, 32.)
Alors, pour négocier la paix, on fait marcher devant les présents, comme Jacob lit à Esaù; et, comme lui, on les accompagne de paroles douces ( G en. xxxn , 3-5; xxxiii, 9, 10, 11 ) : car il est écrit, que « la parole vaut mieux que le don. » (Eecli. xvm, 16.)
Xe Pkop. // y a des moyens de s'assurer des peuples vaincus, après la guerre achevée avec avantage. — David non-seulement crut nécessaire de mettre des garnisons dans les
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villes do la Syrie, de Damas et de l'Idumée, qu'il avait conquises; mais lorsque les peuples étaient plus rebelles, il les désarmait enc3re, et faisait rompre les cuisses aux chevaux. (// Heg. vm, M.&.)
On punissait rigoureusement les violateurs des traités. Ainsi les Israélites, non contents de détruire toutes les villes de Moab, couvraient de pierres les meilleures terres, ils bouchaient les sources, ils coupaient les arbres et démolissaient les murailles. (IV Reg. iv, 5, 25.)
Dans les guerres entreprises pour des attentats plus horribles, comme lorsque les Ammonites violèrent avec une dérision cruelle, dans lesambassadeurs de David, les lois les plus sacrées parmi les hommes, on usa d'une plus terrible vengeance. Il voulut en faire un exemple, qui laissât éternellement dans tous ces peuples une impression de terreur qui leur ôtât tout courage de combattre, leur faisant passer sur le corps, dans toutes leurs villes, des chariots armés de couteaux. (Il Reg. xn, 31.)
On peut rabattre de celle rigueur ce que l'esprit de douceur et de clémence inspire dans la loi nouvelle; de peur qu'il nous suit dit, comme à ces disciples qui voulaient tout foudroyer : « Vous ne songez pas de quel esprit vous êtes. » (Luc. ix, 53.)
Un vainqueur chrétien doit épargner le sang, et l'esprit de l'Evangile est là-dessus bien différent de celui de la Loi.
XIe Prop. Il faut observer tes commencements et les fins des règnes, par rapport aux révoltes. — Lorsque l'idumée fut assujettie par David, Adad, jeune prince de la race royale, trouva moyen de se retirer en Egypte où il fut très-bien reçu de Pharaon. (III Reg. xi, 17, 18.) Comme il apprit la mort de David, et celle de Joab, arrivée au commencement du règne de Salomon, croyant le royaume affaibli par la perte d'un si grand roi, et parcelle d'un général si renommé, il dit à Pharaon (III Reg. xi, 21, 22) : « Laissez-moi aller dans ma terre. » C'était pour y réveiller ses amis, et jeter les semences d'une guerre qu'on vit éclore en son temps.
L'exirêoie vieillesse de David donna lieu à des mouvements qui menacèrent l'Etat d'une guerre civile.
Adonias, fils aîné de David, après Absalon, faisait revivre son frère par sa bonne mine, par le bruit et l'ostentation de ses équipages, et par son ambition. (III Reg. i, 1 seq.) Il avait sur Absalon ce malheureux avantage, qu'il trouva David défaillant, qui avait besoin, non d'être poussé, puisqu'il avait sa vigueur entière, mais d'être réveillé par ses serviteurs. 11 avait mis dans son pari Joab, qui commandait les armées, et Abiaihar, souverain pontife, autrefois si tidèle à David, et beaucoup d'autres des serviteurs du roi de la tribu de Juda. Avec ce secours, il n'aspirait à rien moins qu'à envahir le royaume du vivant du roi, et contre la disposition qu'il en avait déclarée, en désignant Salomon pour son successeur, et le faisant reconnaître par tous les grands, par toute l'armée,