TIQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV. X
(pie, pour acheter ce qu'on veut, et à tel prix qu'on y veut donner.
Ce qu'il y a de plus beau, c'est qu'il sait tout cela dans la seule vue de Dieu et de son devoir, et lui disait avec confiance (Il Esdr. v, 19) : « Seigneur, souvenez-vous de moi, selon tout le bien que j'ai fait à ce peuple. »
Il ne faut pas s'étonner s'il employait son autorité à « faire observer exactement le sabbat, les ordonnances de la loi et tout le droitlévitique et sacerdotal.» ici I Esdr. xm.)
Venons aux vertus militaires, si nécessaires à ce grand emploi.
Pendant qu'on rebâtissait la ville avec diligence, pour la mettre hors de péril, « il fit partager les citoyens, dont la moitié bâtissait, pendant que l'autre gardait ceux qui travaillaient, et repoussait l'ennemi à main armée. » (II Esdr. iv, 16.) Mais, dans l'ouvrage même, les travailleurs étaient prêts à prendre les armes. Tout le monde était armé, et, comme s'exprime l'Ecriture (Ibid., 17), « d'une main on tenait l'épée, et on travaillait de l'autre. » Et, comme ils étaient dispersés en divers endroits, l'ordre était si bon, qu'on savait où se rassembler au premier signal.
Comme on ne pouvait abattre Néhémias par les armes, on fâchait de l'engager dans des traités captieux avec l'ennemi. (II Esdr. vi, 1 seq.) Sanaballat et les autres chefs avaient .gagné plusieurs magistrats et l'environnaient de leurs émissaires, qui les vantaient auprès de lui. On tâchait de l'épouvanter par des lettres qu'on faisait courir, et par de faux bruits. On lui faisait craindre de secrètes machinations contre sa vie, pour l'obliger à prendre la fuite, et on ne cessait de lui proposer des conseils timides, qui auraient mis la terreur parmi le peuple. « Rcufermons-nous, disaient-ils (Ibid., 10), et tenons des conseils secrets au dedans du temple, à huis clos. » Mais il répondait avec une fierté qui rassurait tout le monda (Ibid., 11) : « Mes pareils ne craignent rien , et ne savent ni se cacher ni prendre la fuite. » Par tant de trames diverses, on ne tendait qu'à le ralentir ou à l'amuser, si on ne pouvait le vaincre; mais il se trouva également audessus de la surprise et de la violence.
La source de tant de biens était une soIUe piété, un désintéressement parfait, une attention toujours vive à ses devoirs, et un courage intrépide.
HP Pkoi>. Le caractère de loab, mêlé de grandes vertus et de grands vices, sous David. — David trouva dans sa famille, et en la personne de Joab, fils de sa sœur Sarvia (I Par. n, 16), un appui de son trône.
Dès le commencement de son règne, il le jugea le plus digne de la charge de général des armées. Mais il voulait qu'il la mérita par quelque service signalé rendu à l'Etat ; car il était indigne d'un si grand roi, et peu glorieux à Joab, que David partit n'avoir eji égard qu'au sang et à l'intérêt particulier. Lorsque ce prince attaqua Jébus, qui lut depuis appelé Jérusalem , et que Davi 1
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, la cilé de David, à cause qu'il
ablit sa demeure. »
Lprès cette belle conquête, « David bâtit
la fille aux environs, depuis le lieu appelé
Hello; et loab (qui avait eu tant de part à la
victoire) acheva le reste, * (Ibid., 8.) Ainsi
lit connaître qu'il mettait au désespoir tous serviteurs; qu'ils voyaient tous que David les aurait sacrifiés volontiers pour Absalon; que l'armée était déjà découragée , el qu'il allait s'attirer des maux plus grands que tous ceux qu'il avait jamais éprouvés (86). C'était parler a son maître ave. toute la liberté que l'importance de la chose, sou zèle et ses services lui inspiraient. Il alla jusqu'à une espèce de dureté, sachant hi» ri <pie la douleur poussée à l'extrémité veut être comme gour mandée et abattue par une espèce de violence, autrement elle trouve
toujours de quoi s'entretenir elle-même, et consume l'esprit comme le corps par le oublies, comme dans les combats, et tint au- plus mortel de tous les poisons
signala dans la construction des ouvrages
s de David la place que l'histoire donne auprès d'Auguste au grand Agrippa, son ire.
Quand David, pour son malheur, eut entrepris dans Juda et dans Israël le dénombrement des hommes capables de porter les aimes, qui lui attira le fléau de Dieu, Joab, à qui il en douna le commandement, fit en tidèle ministre ce qu'il put pour l'en détourner, en lui disant (// Reg. xxiv, 2, 3 ; / Par. xxx, 2, 3) : « Que le Seigneur augmente le peuple du roi, mon seigneur, jusqu'au centuple de ce qu'il est! mais que prétend le
Au reste, il aimait la gloire de son roi. Dans le siège importaut de la ville et d>:s forteresses de Rabbath, il fit dire à David : '< J'ai combattu heureusement, la ville est pressée; assemblez le reste des troupes et venez achever le siège, afin que la victoire ne soit point attribuée à mon nom. » [II Reg. xii, 27, 28.) Ce n'était pas un trait d'habile courtisan : David n'avait pas besoin d'honneurs mendiés, et Joab savait quand il fallait finir les conquêtes. Mais c'était ici une action d'éclat, où il s'agissait de venger sur les Ammonites un insigne outrage fait
roi, mon seigneur, par un tel dénombrement? aux ambassadeurs de David ; et la conjoncture N'est-ce pas assez que vous sachiez qu'ils sont tous vos serviteurs. Que cherchez-vous davantage, et pourquoi faire une chose qui tournera en péché à Israël? » Dieu ne voulait pas qu'Israël, ni son roi, mît sa confiance dans la multitude de ses combattants, qu'il fallait laisser multiplier à celui « qui avait promis d'en égaler le nombre aux étoi- et il employa auprès de David ceite femme
des temps demandait qu'on en donnât la gloire au prince.
Quand il fallut lui parler pour le retour d'Absalon, et entrer dans les affaires de la famille royale, Joab, instruit qu'il y a des choses où il vaut mieux agir par d'autres quo par soi-même, ménagea la délicatesse du roi,
les du ciel, et au sable de Ja mer. » (Il Par xxvn, 23.)
Le roi persista ; et Joab obéit, quoique à regret. Ainsi, £u bout de neuf mois, il porta au roi le dénombrement, qui, tout imparfait qu'il était, fit voir à David, à diverses reprises, qu'il avait quinze cent mille combattants sous sa puissance. (/ Par. xxi, 4, 5, 6; 11 Reg. xxiv, 8, 9.)
« Le cœur de David fut frappé , quand il Vit le dénombrement.» (II Reg. xxiv, 10.) Il seniit sa faute ; et sa vanité ne fut pas plutôt satisfaite, qu'elle se tourna en remords et en componction : en sorte qu'il n'osa faire insérer le dénombrement dans les registres royaux. (I Par. xxvii, 24.)
Que lui servit d'avoir vu sur du papier tant de milliers de jeunesse prêle à comballre, [tendant que la [teste que Dieu envoya ravageait le peuple, et en faisait des las assassinat d'Abner, que David ne put punir de morts? Joab avait prévu ce malheur ; et on sur un homme aussi nécessaire à l'Etat
qu'était Joab, et dont il fut contraint de se disculper en public (87).
11 se vit même forcé de destiner sa place à un autre, et il choisit Amasa (H Reg. xix, 13), qui en était digne. Mais Joab le tua cri traître. « Et ses anus disaient : Voilà celui qui voulait avoir la charge de Joab.» (Il Re(,\
sage de Thécué. Mais un prince si intelligent « reconnut bientôt la main de Joab, et lui dit {ÎI Reg. xiv, 19, 21, 22) : J'ai accordé votre demande; faites revenir Absalon. Joab , prosterné à terre, répondit : Voir e serviteur connaît aujourd'hui qu'il a trouvé grâce devant son seigneur, puisqu'il fait ce qu'il lui propose. » 11 sentit la bonté du ioi dans cette occasion, où i! s'agissait de l'intérêt d'autrui , plus vivement que dans les grâces quoique infinies qu'il avait reçues en sa personne.
Je passe les autres traits qui feraient connaître l'habileté de Joab , et ses sages ménagements. Les vengeances particulières, et ses ambitieuses jalousies, lui firent perdre tant d'avantage, et au roi l'utilité de tant du services.
Nous avons raconté ailleurs le honteux
a pu remarquer dans son discours, avec tonte la force que Ja chose méritait, tous les ménagements possibles et les plus douces insinuations.
Nous avons déjà vu, en un autre endroit, el lorsque David, après la mort d'Absalon, abandonna à la douleur, comme Joab lui
// Reg. \in, 1 et t-eq., ci-dev., I. v, a't. 2, rc, I. u, ail. 3, b' prop.
(87) art. o
11 Reg. m, 27, 28 seq., ci-clev., I, ix,
, 4' prop.