PART. XIII. ÏIIEOL. SOCIALE. — POLITIQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV
ennemis, l'enfant (qui vous e^t si cher) mourra de mort. >< ( // Reg. xn, lr*.)
Tout s'accomplit de point en point. Absalon fit éprouver à David tous les maux et tous les affronts que le prophète avait prédits. David , jusque-là toujours triomphant et les délices de son peuple, fut contraint de prendre la fuite à pied avec tous les siens, devant son fils rehelle , et poursuivi dans sa tuile à coups de pierres, il se vit réduit à souffrir les outrages de ses ennemis, et, ce qu'il y a de plus déplorable, à avoir besoin de la pitié de ses serviteurs. Le glaive interprète fit cette réponse (Ibid., 18 seq.)
(en l'air), comme d'une main humaine, qui écrivaient sur la muraille de la salle du banquet. A ce*speclaele de la main qui écrivait, le visage <lu roi changea (t ses pensées se troublaient; ses reins furent séparés; ses genoux branlèrent et se brisaient l'un contre l'autre. Il fit un grand cri : toute la cour fut effrayée; on appela les devins, » selon la coutume.
Mais tous ces devins ne purent lire cette écriture. On fit venir Daniel comme un homme qui avait l'esprit des dieux. Et ce fidèle
« O roi 1 le Très-Haut avait élevé Nabuchodonosor votre père; il fit en son temps tout ce qu'il voulut sur la terre. Quand son coeur s'enfla, et que son esprit s'enorgueillit, il fut frappé, et sa gloire fut éteinte. La raison lui
vengeur le poursuivit. Jeté de guerre civile en guerre civile, il ne se put rétablir que par des victoires sanglantes, qui lui cornèrent le sang le plus cher. (II Reg. xv, xvi, xym, xx.)
Voilà 1 exemple que Dieu fit d'un roi qui fut'ôlée; et déposé de son trône, il se vit était selon son cœur, et dont il voulait réta- rangé parmi les bêtes, broutant l'herbe blir la gloire par la pénitence. comme un bœuf, et battu par les eaux du
VIe Prop. Exemples des châtiments rigou- ciel, jusqu'à ce qu'il eût connu que le Trèsreux. Saiil premier exemple. — « Qui vou- Haut donnait les royaumes à qui il voulait, lez-yous que j'évoque d'entre les morts? •» Vous donc, ô roi Balthasar 1 son fils, qui sadisait l'enchanteresse que Saûl consultait à vez toutes ces choses, vous n'en avez point
la veille d'une bataille. (1 Reg. xxvm, 11 seq.) « Evoquez-moi Samuel, répondit ce prince. Qui voyez-vous ? je vois comme des dieux (quelque chose d'auguste et de divin), qui s'élève de la terre (et qui sort du creux d'un tombeau). Quelle en est la forme? Un vieillard s'élève enveloppé d'un manteau. Saiil reconnut Samuel à cet habit, et se prosterna en terre. » Soit que ce fût Samuel lui-même, Dieu le permettant ainsi pour confondre Saûl par ses propres désirs, ou seulement sa figure. « Et Samuel lui dit {Ibid., 15, 16 seq.) : Pourquoi me troublezvous dans le repos de la sépulture ? et que sert de m'interroger, puisque le Seigneur vous a rejeté de devant sa face, par votre désobéissance? Dieu livrera Israël aux Philistins. Demain vous et vos enfants serez avec moi (parmi les morts); et les Philistins tailleront en pièces l'armée d'Israël. »
A cette courte et terrible sentence, le cœur de Saûl fut épouvanté. Le lendemain ]es Philistins firent un horrible carnage de toute l'armée, comme il avait été dit; Jonathas et les enfants de Saûl qui y combattaient à ses côtés périrent. Ce roi, aussi malheureux qu'impie, se tua lui-même de désespoir, pour ne point tomber entre les mains de ses ennemis (I Reg. xxxi, 1-4) ; et passa ainsi de la mort temporelle à l'éternelle.
r VIIe Prop. Second exemple: Balthasar, roi de Babylone. — « Balthasar fit un grand festin. Et déjà échauffé par le vin, il fit apporter les vases d'or et d'argent, que son père Nabuchodonosor avait enlevés du temple de Jérusalem. » (Dan. v, 1 seq.) Comme si le
profité, et no vous êtes point humilié devant le Seigneur; mais vous avez profané les vaisseaux sacrés de son temple, et avez loué vos dieux de bois et de métal. C'est pour cela que le doigt de la main (qui a paru en l'air) vous est envoyé. Et en voici l'écriture : Mané. Le Seigneur a compté les années de votre règne, et en a marqué la fin. Thécel. Vous avez été mis dans la balance, et on ne vous a pas trouvé du poids qu'il fallait. Phares. Votre royaume a été divisé, et a été donné aux Mèdes et aux Perses. >,
« En cette nuit Balthasar fut tué, et Darius le Mède fut mis sur son trône. »(Ibid., 30, 31.)
VIIIe Prop. Troisième exemple : Anliocïms, surnommé l'Illustre, roi de Syrie. — « Antiochus marchait dans les provinces supérieures de la grande Asie : et il apprit les richesses d'Elymaïde, ville de Perse, et de son temple, où Alexandre, fil« de Philippe, roi de Macédoine, qui avait commencé l'empire des Grecs, avait déposé les riches dépouilles de tant de royaumes vaincus. Et il s'approcha de la ville, qu'il voulait surprendre; mais l'entreprise fut découverte : et battu par ses ennemis, il revenait en fuite avec honte. a (1 Mach. vi, 1 seq )
« Plongé dans une profonde tristesse, il apprit auprès d'Ecbatanes, l'une des capitales de son royaume, la défaite de ses généraux (Nicanor et Lysias) , qu'il avait laissés en Judée pour la subjuguer. Et emporté de colère, il crut pouvoir réparer sur les Juifs l'opprobre où l'avaient jeté ceux qui l'avaient contraint à prendre la fuite; menaçant Jérusalem, dans son orgueil, de n'en plus faire
vin y eût été meilleur, et que la profanation qu'un sépulcre de ses citoyens. » (II Mach.
y ajoulût un nouveau goût. « Le roi donc, ses femmes, ses maîtresses, et les grands de ■m cour, buvaient de ce vin et louaient leurs dieux d'or et d'argent, d'airain et de fer, do bois et de pierre, quand tout d'un coup il parut, vis-à-vis d'un chandelier, deux doigts
OElyres compi.. de P>osslet. XI.
ix, 1 seq.)
Pendant qu'il ne respirait que feu et sing contre les Juifs, poursuivi par la vengeance divine, il précipitait le cours de ses chariots, et reçut en versant do rudes coups. Les nouvelles qui lui venaient coup sur coup, du
O I Ni'.! s COMPLETES DE
mauvais succès de ses desseins en Judée, l'effrayèrent el le mirenl en trouble. Dans l'ei es e la mélancolie où l'avaient jeté ses espérances trompées, il tomba malade : sa IrisUsi renouvelait dans une longue
langueur, et il se sentait défaillir. Au milieu - s discours menaçants, Dieu Je frappa d'une plaie cachée qui lui causa d'insupportables tourments.* Ce gui était le juste sud-* I lice de ceux qu'il avait inventés contre les autres. Celui qui croyait pouvoir commanp aux Qots de la mer, et se croyait aussus des astres, porté sur un brancard rendait témoignage de la puissance de Dieu, dont le bras l'atterrait. Il sortit des vers de son corps. L'armée n'en pouvait souffrir la puanteur, qui lui devint insupportable a lui-même. >< (Ibid., G, 8.)
a Alors il appela ses serviteurs les plus affidés, et leur dit (/ Mach. vi, 10-13) : Je ne connais plus le sommeil ; je suis abîmé dans la triste.-sc, moi dont les joies étaient si euiporlées. Le souvenir des maux que j'ai faits sans raison dans Jérusalem, et le pillage injuste de tant de ricLiesses, ne me laissent pas de repos; et je meurs sans consolation dans une terre éloignée. »
Alors il commença à se réveiller comme d'un profond assoupissement; et d;ms le continuel accroissement de ses maux, rentrant colin en lui-même : «Il est juste, » s'écria-t-il (II Mach.ix, 11-17), « d'être soumis à Dieu, et qu"un mortel ne s'égaie pas à sa puissance. Il implorait la miséricorde, qui lui était refusée. 11 protestait d'affranchir Jérusalem qui avait été l'objet de sa haine. Il promettait d'égaler aux Athéniens les Juifs, qu'auparavant il voulait donner en proie, glands et petits, aux oiseaux el aux bêtes ravissantes. 11 ne parlait que des beaux présents qu'il destinait au temple saint ; et promettait de se faire Juif, et d'aller de ville en ville publier la gloire et la puissance de Dieu. » Mais il ne reçut point la miséricorde qu'il voulait acheter, et non fléchir ; ni aucun fruit d'une conversion que Dieu, qui lit dans les cœurs, connaissait trompeuse et forcée.
« Ainsi mourut d'une mort misérable, sur des montagnes éloignées, cet homicide et ce blasphémateur ; ainsi reçut-il le traitement qu'il avait fait à tant d'autres. » (// Mach. ix, 28.)
. C'est assez d'avoir rapporté ces tristes exemples ; et nous nous tairons du nombre infini qui reste.
HOSSLET. 7s0
« Jéroboam qui pécha, et fit pé-
famante
cher Isr; ,ël. » [IV Reg. xiv, 24; xv, 9.)
Les louanges de David iront toujours avec celte restriction, « excepté l'affaire d'L'rio Hélhéen. » (/// Reg. xv, 5.) Encore pour David sa gloire est réparéo par sa pénitence ; mais celle de Saloinon n'étant point connue, il demeurera, après tant d'éloges que lui donne Y Ecclésiastique, avec celte tache inhérente a son nom (Eccli. xlvii , 21, 22) : « O sage, tu t'es abaissé devant les femmes ; tu as mis une tache dans ta gloire I Tu as profané ton sang : et ta folie a donné lieu au partage de ton royaume. » Rien n'a etfacé cette tache.
Et si l'on veut prendre VEcclésiaste commo un ouvrage de la pénitence de Salomon, profitons-y du moins de cet aveu (Eccle. vu, 20, 27) : «J'ai parcouru dans mon esprit toutes les occupations de la vie humaine, l'impiété de l'insensé, et l'erreur des imprudents; et le fruit de mes expériences a été de reconnaître que la femme était plus amère que la mort. »
Xe Prop. Le prince doit respecter les remords futurs de sa conscience. — Combien de fois, le cœur percé de componction, David a-t-il dit en lui-même : Urie était connu comme un des forts d'Israël , et des plus fidèles à son roi ; cependant je lui ai ôtô l'honneur et la vie 1 « O Seigneur 1 délivrezmoi de son sang (Psal. l, 10), » qui me persécute. La plaie que je lui ai faite parles traits des Ammonites, pendant qu'il combattait dans les premiers rangs pour mon service, est toujours ouverte devant mes yeux ; « et mon péché est toujours contre moi. » (Ibid., 5.) Que n'eut-il pas fait pour se délivrer de ce reproche sanglant ?
Que la crainte d'un semblable sentiment arrête les mains sanguinaires et prévienne la profonde plaie (pie fait dans les cœurs la victoire que remportent les basses et honteuses passions.
XIe Prop. Réflexion que doit faire un prince pieux sur les exemples que Dieu fait des plus grands rois. — Qui m'a dit, si j'étais rebelle à la voix de Dieu, que sa justice ne me mettrait pas au nombre de ces malheureux qu'il fait servir d'exemples aux autres ? Dieu craint-il ma puissance? et quel mortel en est à couvert?
Mais peut-être que c'est seulement sur des scélérats qu'il exerce ses vengeances? Non : il imputa à David le dénombrement du peuple, par où ce prince paraissait seulement prendre trop de confiance en ses
IXe Prop. Le prince doit respecter le genre forces; et sans autre miséricorde que de lui
humain, el révérer le jugement de la postérité. — Pendant que le prince se voit le plus ,,rand objet sur la terre des regards du genre humain, il en doit révérer l'attention, et considérer, dans chacun des hommes qui le
.ardent, un témoin inévitable de ses actions et de sa conduite.
Surtout il doit respecter le jugement de la postérité, qui rend des arrêts suprêmes sur la conduite des rois. Le nom de Jéroboam marchera éternellement avec cette note in-
donner l'option de son supplice, il lui ordonna de choisir entre la famine, la guerre et la peste. Nous venons de voir Ezéchias étaler ses richesses aux Babyloniens, ce qui n'était après tout qu'une ostentation ; el cependant le Seigneur lui dit en punition, par la bouche de son prophète Isaïe (IV Reg. xx, 17, 18) : « Je transporterai ces richesses de tant de rois à Babylone; et les enfants qui sortiront de loi seront esclaves dans le palais de ces rois. »