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Pour ce qui Ml des bénéfices, assurément ils sont destinés pour ceui qui servent l'Eglise. Quan l je .n'aurai que ce qu'il Tant pour soutenir mon état, je ne sais si je dois en avoir du scrupule :je ue veux pas aller nu delà; el Dieu sail que je ne songe point \cr. (jiiaii'i j'aurai achevé mon seri e ici, je suis prêt à me retirer sans peine, ci a travailler aussi, si Dieu m'y appelle. Quant a ce nécessaire pour soutenir son : , il est malaisé «Je le déterminer i « i fort sèment, à cause des dépenses imprévu--. Je n'ai, que je sache, aucun attachemont aux richesses; et je puis peut-être mo passer de beaucoup de commodités : mais je ne me sens pas encore assez habile pour trouver tout le nécessaire, si je n'avais précisément que le nécessaire; et je perdrais plus de la moitié de mon esprit, si j'étais à i'éiroit dans mon domestique. L'expérience me fera connaître de quoi je me puis passer; alors je prendrai mes résolutions ; et je tâcherai de n'aller pas au jugement de Dieu avec une question problématique sur ma conscience.
Je vous serai fort obligé de m'écrire souvent de la manière que vous avez fait. Ce n'était pas une chose possible de me tirer d'all'aire par les moyens dont vous me parlez. Je lâcherai qu'à la fin tout l'ordre de ma conduite tourne à édification pour l'Eglise. Je sais qu'on y a blâmé certaines choses, sans lesquelles je vois tous les jours que je n'aurais fait aucun bien. J'aime la régularité; mais il y a de certains étals où il est fort malaisé d"e la garder si étroite. Si un certain fonds de bonne intention domine dans les cœurs, tôt ou tard il y paraît dans la vie : on ne peut pas tout faire d'abord. Nous avons souvent parlé de ces choses, 11. de Grenoble (111) et moi, nous sommes assez convaincus des maximes. Je prie Dieu qu'il me fasse la grâce d'imiter sa sainte conduite.
Je me réjouis avec vous, et avec M. de Troisville, de ce que vous serez tous deux ensemble : je vous porte souvent devant Dieu tous les deux. Consolez-vous ensemble, avec l'Ecriture, de toutes les misères de ce lieu d'exil. Vous ne pouvez suivre une meilleure conduite que celle de M. de Grenoble : je veux bien venir en second; je veux dire pour les lumières, mais non pour l'affection.
Le livre qu'on a écrit contre moi servira considérablement à notre cause. Je répondrai quelque chose, non pour faire des coutredits, mais pour aider nos frères à ouvrir les yeux. Hélas, que les hommes Jes ont fermés 1 J'ai peur que l'habitude de voir des aveugles et des endurcis, ne fasse qu'on perde quelque chose de l'horreur et de la crainte d'un si grand mal. Quelles glaces et quelles ténèbres 1 On n'a ni oreilles, ni
yeux, ni cœur, ni esprit, ni raison pour Dieu. Sauvez-nous, sauvez-nous, Seigneur; car les eaux ont passé par- dessus nos têtes, et pénètrent jusqu'à nos entrailles. Je laisse aller ma main où elle veut: et mon cœur cependant s'épanche en admirant les miséricordes que Dieu vous a laites, eu des manières si différentes a vous el a M. do Troisville.
J'interromps , pour vous prier de lui dire que j'ai fait ses remercîmenls au roi, qui les a bien reçus. Il me demanda s'il était bien affermi : je lui dis que je le voyais fort désireux de son salut, et y travailler avec soin.; que les grâces que Dieu lui faisait étaient grandes. Il s'enquit qui l'avait converti : je répliquai : Une profonde considération sur les misères du monde, et sur ses vanités souvent repassées dans l'esprit. J'ajoutai que m'ayant communiqué son dessein , j'avais tâché de l'affermir dans de si bonnes pensées.
Il faut que je vous dise un mot de Mgr le Dauphin Je vois, ce me semble, eu lui des commencements de grandes grâces, une simplicité, une droiture, et un principe de bonté : parmi ses rapidités, une attention aux mystères; je ne sais quoi qui se jette au milieu des distractions, pour le rappeler à Dieu. Vous seriez ravi si je vous disais les questions qu'il me fait, et le désir qu'il me fait paraître de bien servir Dieu. Mais le monde, le monde, le monde, les plaisirs, les mauvais conseils, les mauvais exemples 1 Sauvez-nous, Seigneur, sauveznous; j'espère en votre bonté et en votre grâce : vous avez bien préservé les enfants de la fournaise; mais vous envoyâtes votre ange : et moi, hélas! qui suis-je? Humilité, tremblement, enfoncement dans son néant propre, confiance, persévérance, travail assidu, patience. Abandonnons-nous à Dieu sans réserve, et lâchons de vivre selon l'Evangile. Ecoutons sans cesse cette parole : Or il riy a qu'une chose qui soit nécessaire : « Porro unum est necessarium. » (Luc. x,
Je ne demande pas mieux que d'entretenir à fond Mme de Schornberg. Tôt ou tard mon petit ouvrage (112) servira aux huguenots : la contradiction de deçà , et l'approbation incroyable qu'il reçoit à Rome, me font comme voir, d'un côté, le diable qui le traverse ; et de l'autre, Dieu qui le soutient.
Je ne finirais pas si je ne me retenais. Je ne parle point ici; il faut donc bien que j'écrive, et que j'écrive, et que j'écrive. Hé! ne voilà-t-il pas un beau style pour un si grand prédicateur? Riez de ma simplicité el de mon enfance, qui cherche encore des jeux. J'embrasse M. de Troisville. On me reproche tous les jours que je le laisse a l'abandon à ces messieurs ; je soutiens toujours qu'il est de mon parti, et sérieusement. Quand sa théologie sera parvenue jusqu'à
(I 1 1 1 flti rine le Camus, évêqne de Grenoble en (112) L'Exposition de la foi catholique.
tbTI, depaii cardinal, mort en 1707.