L'ART. MV. LETTRES D1VEK
examiner les questions de la grâce, je lui demande une heure ou deux d'audiencu ; et, en attendant, une grande suspension de jugement et de pensées. Priez pour mon enlanl et pour moi.
A Versailles, ce 9 septembre 1072.
A M. DIIVOIS , DOCTECR EN SOBBORNE.
Sur la traduction du livre de l'Exposition, qu'on méditait de faire à Rouie.
Il y a déjà fort longtemps que je me suis donné l'honneur de vous écrire une grande lettre, au sujet d'une des vôtres que M. le curé de Saint-Jacques du Haut-Pas me lit voir. Vous y parliez d'un dessein qu'on avait à Rome de faire traduire mon Exposition, et ensuite de l'y imprimer. Je reçus en môme temps une lettre de M. de* Blancey, qui me mandait ce que Mgr le cardinal Sigismond Cliigi lui avait dit sur ce sujet, qui était que Son Eminence voulait bien avoir la bonté de faire travailler à celle traduction et à celte impression. Il m'envoya môme une lettre du révérendissiine Père maître du sacré palais, écrite à ce cardinal , qui contenait une approbation très-authentique de la doctrine toute saine de ce livre, dans lequel il n'y avait pas ombre de difficulté, et offrait toutes les permissions nécessaires pour l'imprimer, sans y changer une seule parole. Voilà les propres termes de la lettre, qui est écrite d'une manière à me faire voir que ce Père est très-savant, et d'un jugement très-solide. Sur cela, je crus être obligé de faire un compliment à cet illustre cardinal, tant sur une lettre trèsobligeante (tour moi, que je vis entre les mains de M. l'abbé de Dangeau, que sur la lettre du maître du sacré Palais, dont Son Eminence avait bien voulu charger M. de Blancey pour me l'envoyer. Cette lettre, avec celle que je vous écrivais, Monsieur, fut mise dans un paquet que j'adressais à M. de Blaneey,queje priais aussi de faire mes compliments au révérendissiine Père maître du sacré palais. Soit que M. de Blancey soit parti de Rouie, ou que le paquet ait été perdu, je n'en ai aucune réponse, quoique j'eusse môme supplié M. l'abbé u'Estiées de vous faire prier de ma part d'ouvrir le paquet , en cas que M. de Blancey ne fût pas à Rome.
Je m'adresse donc à vous, Monsieur, sur la confiance de notre amitié, pour savoir où en est cette affaire, et pour vous prier de la suivre. Elle est de conséquence, en quelque sorte, pour moi; puisqu'il me sera sans doule fort avantageux que mon livre soit approuvé à Rome, et que j'en aie cette marque publique: mais cela est beaucoup plus avantageux pour l'Eglise, puisque les huguenots ont paru touchés de cette Exposition, et n'ont rien tant l'ait valoir entre eux que le mauvais succès qu'elle avait à Rome. Ils ont imprimé qu'elle y était improuvée; et si on leur ferme la bouche par quelque marque authentique, il y a sujet d'espérer que Dieu bénira ce petit ouvrage. t
OEUVRES court.. DE Bossuet, XI.
.le vous supplie doue, Monsieur, loir avancer ce projet. Prenez, s'il vou la peine d'en entretenir , de ma | .
Mgr le cardinal d'Estrées, et de faire i compliments tant à Mgr le cardinal Sigismond, à qui je m'étais donné l'honneur de rendre mes très-humbles respects, parla lettre dont je vous ai déjà parlé, qu'au Vdra maître du sacré palais. Je tous demande encore la grâce de jeter l'œil sur quelque traducteur habile, et d'examiner la traduction avec soin. Vous jugez bien, monsieur, (pie si elle n'est fidèle, et si elle ne se fait pas de la manière que marque le révérendissime Père du sacré palais, Senza mutur ne para una parola , ce sont ses termes , on dira que Rome m'aura corrigé; et au lieu défaire du bien, on nuirait à l'ouvrage. Mais comme la chose est fort importante, je ne puis aussi la confier à une personne plus capable que vous. Si vous jugez à propos que je fasse un présent à celui qui prendra la peine de traduire, et que je fasse donner quelque chose aux imprimeurs, vous pouvez vous assurer que tout ce que vous trouverez à propos que je fasse sera trèshonnêtement exécuté.
Voilà, Monsieur, ce qui me vient dans l'esprit louchant c-tle ail'aire : vous suppléerez le reste , s'il vous plaît, et ferez en sorte que la chose s'exécute de la manière la plus honorable et la plus prompte : c'est tout dire à un homme aussi bien intentionné que vous ; il ne me reste qu'à vous assurer de l'obligation que je vous aurai de prendre ce soin, et que je suis de tout mon cœur, etc.
P. S. En la page 87 de l'Exposition , dans quelques-uns des exemplaires qui oui été débiles, il est resté une faute que les libraires avaient néglige de corriger, et qu'on avait laissé passer par mégarde.
En la quatrième ligne, en remontant du bas en haut, au lieu de ces mots: Ou de faire que la vie soit conservée au fils du centurion, en disant, Ton (ils est vivant : il faut mettre : Ou de faire que la vie soit conservée ù un jeune homme, en disant ù son père, etc. C'est ainsi qu'il avait été corrigé : mais la faute a jiassô dans quelques-uns des exemplaires, et se trouvera apparemment dans ceux qui vous ont été envoyés, parce qu'ils sont des premiers. Je vous prie, dans la version, de faire suivre la correction.
A Versailles, co 17 novembre 1G72.
AU UÉME.
Il lui parle de plusieurs oraisons funèbres, et de la traduction du livre de l Exposition, projetée à Rome.
J'ai reçu , par M. le curé de Saint-Jacques du Haut-Pas, votre lettre tin 24 octobre: celle que je me suis donné l'honneur de vous écrire par l'ordinaire de vendredi, vous instruira à fond de mes intentions. Il n'y a plus après cela qu'à vous laisser faire commo vous avez commencé, puisque vous entrez si bien dans l'affaire.
*ïl OEUVRES COMPLETES DS B03SUET. a!3
le n'ai point encore de réponse du paquel peut eue mieux; pourvu, Monsieur quo
de M. deBlancey, oùje croyais atoir mis ma vous y repassiez, avec la mémo exactitud
lettre pour tous, dont j'ai reçu la réponse. «j.i«* vous inites la version italienne • car
1 oraison funèbre de Mme la princesse de vous le savez, tous les mois, en matière de
I i (113) est en effet une pièce pleine de cette nature, sont à peser.
lé et d'éloquence : elle a été fort estimée ; Je vous supplie de faire mes remercl-
etje sais çjue l'illustre prélat qui l'a laite, monts a Mgr le cardinal d'Estrées et à
ra très-aise qu'elle soit approuvée en votre M. l'abbé de Sanctis : vous pouvez l'assurer
tour. Puisque vous désirez avoir celle que de mes services en toute occasion et aue ia
j'ai raite pour Madame, j'en envoie quelques ferai sa cour à Sa Majesté à la première oe-
exemplaires pour vousa M. le curé de Saint- nasion, en lui disant sa reconnaissance Le
Jacques. Vous verrex qu'on a imprimé en- roi ne sera pas fâché que ce soit lui oui fasse
- mule celles de la mère cl de la tille. Vous celle version. Du reste, je n'ai rien à aiou
me ferez grand plaisir de les présenter, de ter, que les assurances de l'amitié et de l'es"
ma pari, à Mgr le cardinal Sigismond, ti me particulière avec laquelle je suis etc
et au révérendîssime Père maître du sacré A Saint-Germain, ce 12 janvier 1673 ' palais. Si vous jugez que le présent en
soit agréable à quelques autres, vous le T FTTH.F XVII pourrez faire, même en mon nom ; je remets
cela h voire prudence. au même.
J'ose vous demander encore vos soins pour Sur la manière très-obligeante dont le gratis notre version. Si vous jugez, quand les cho- de ses bulles, pour l'abbaye de Saint- Luses seront résolues, que je doive faire quel- cien de Beauvais, lui avait été accordé. que présent de livres , ou autre chose sen> Vous avez raison de croire que je suis blable, au traducteur, et quelque honnêteté sensiblement touché de la manière dont le aux imprimeurs pour es encourager a bien gratis de l'abbaye de Saint-Lucien de Beaula. re, vous me le manderez s il vous plaît; vais m>a été accordé par le Sacré Collège. La et je pense vous 1 avoir déjà dit par ma pré- promptitude, la facilité, le concours, sont
mi?1?; } 5e lïe reSle qU,à- V0US d're que d'agréables circonstances de cette grâce ; et
M. I abbé de Monlagu a fait une version les bontés deLeurs Eminences, si obligeam-
anglaise de mon Exposition, qui est déjà ment déclarées, y mettent le comble. Je
imprimée : vous pouvez le dire au Père dois tout à M. l'ambassadeur et à Mgr
irlandais,donl vous me parlez. Pourla latine, ie cardinal d'Eslrées : ce sont de vé-
ony a diga travaillé ici : je la «verrai, et niables amis; et ceux qu'ils honorent de
nous en parlerons quand 1 italienne sera leur amitié leur doivent bien souhaiter une
iii][c- continuelle augmentation de crédit, puis-
Je trouve fort à propos de mettre les pas- qu'jts s'en servent si obligeamment pour
sages de 1 Ecriture en latin. Mais en use-t-on leurs serviteurs.
de la même manière de ceux qu'on mêle je n'ai rien à ajouter à ma précédente
dans le discours, et de ceux qu on cite ex- touchant le livre de l'Exposition : je vous
pressémenl ? Je vous le laisse à décider selon remercie toujours de vos soins, que je vous
I usage du pays ; mais, surtout, l'exactitude prie de continuer, et de me croire, etc.
dans la version. J« suis, etc. A Saint-Germain, ce 26 avril 1673.
A v cisailles, ce 20 novembre 1672.
AU MÊME
AU MARÉCHAL DE BELLEFONDS
Il lui montre comment tout dans le monde
Sur une traduction du livre de l'Exposition. tourne à bien au Chrétien, et lui parle de
J'ai reçu vos deux dernières lettres de M. de Troisville et de M. le Dauphin. Home , et je crois devoir me conformer à ce Dieu vous tient par la main au dehors, et que vous proposez dans la dernière , du 19 il vous change puissamment et insensibledécembre. Je suis donc d'avis, Monsieur, ment au dedans. Laissez-vous conduire, que la version irlandaise se fasse de la ma- laissez-vous abattre ; apprenez à renaître, nière que vous me marquez. et.à vous oublier tous les jours vous-même.
Pour la latine, je conviens avec vous que Tout le monde est plein de tentations et
l'autorilé en sera plus grande quand elle se d'instructions: ses attraits engagent les uns,
fera à Rome, et par une personne cousidé- ses bizarreries éclairent les autres. Lo
ralde, qui n'y aura aulre intérêt que le corn- Chrétien se voit au milieu de toul; et s'il se
m un : ainsi, si celui que vous me nom- tourne à Dieu, tout lui tourne à bien. Les
niuz(li4j est disoosé à la faire (llo), rien ne chutes, les aveuglemenis, les vanités, les
tliS) Anne-Marie Maitiuozzi, nièce du cardinal uébre dont Bossuel parle dans celle lettre.
Raxarin, mariée à Armand de Bourbon , prince de (li|) M. Ilabbé d". Sanclis.
.mil. Kl t; mourut à Paris, le 4 lévrier 1G72. n'é- (1 15) Ou ignore si celle traduction latine » élé
nuit àgee que d< lieme-cinq ans, ci fut enterrée à composée, du moins n'a-l-elle pas élé publiée : celle
îNHi.l-Ai.dre d.^ Airs, sa paroisse, où l'on lit pour que nous avons esl l'ouvrage de M. l'.tbbé Fleur Y,
r i,- un ires-gran I service le -if; avril suivant.. M. de auteur de l'Hinoire ecclésiastique roquette, évêqiu d'Amun, prononça l'oraison fu-