PART. XIV. LE
bassesses, les fausses bailleurs (|ui l'environnent, le réveillent en lui-même. Tout j'étonne et rien ne l'étonné : il s'attend à tout, de peur d'être surpris au dépourvu ; et ne se fonde sur rien (pie sur Dieu, de peur qu'un appui indigne de lui n'ébranle sa fermeté.
J'ai ou une singulière et extraordinaire consolation de tenir ici quelques jours M. de Troisville. Je trouve que tout va bien, excepté qu'il s'est laissé emporter parle désir de savoir plus tôt qu'il ne fallait, et il a fait bien des pas dont il aura peine à revenir ; cela soit dit entre nous. Je lui ai parié sincèrement et bonnement : j'espère qu'il reviendra, et je le suivrai de près. Dieu veuille bénir mes desseins : ils sont bons ; mais mes péchés sont un grand obstacle au succès : je lui demande continuellement pour vous sa sainte grâce.
Mgr le Dauphin se fait tous les jours fort joli : j'espère que le roi et la reine le trouveront fort avancé à leur retour. Nous sommes fort en inquiétude de la santé de la reine.
A Saint-Germain, ce 7 juillet 1673.
AU MEME
Il lui parle des ménagements qu'exigeait la faiblesse de la Vallière, lui marque les raisons quelle avait de retarder l'exécution de son dessein , et lui rend compte de ce qu'il a fait pour en faciliter l'accomplissement.
Ne laissez pas, s'il vous plaît, finir l'année sans me donner de vos nouvelles; j'ai un extrême désir d'en apprendre. J'ai vu plusieurs fois, depuis votre départ, Mme la duchesse de laYallière; je la trouve dans de très-bonnes dispositions, qui, à ce que j'espère, auront leur effet. Un naturel un peu plus fort que le sien aurait déjà fait plus de pas; mais il ne faut point l'engager à plus qu'elle ne pourrait soutenir : c'est pourquoi, ayant vu qu'on souhaitait avec ardeur du retardement à l'exécution de son dessein, jusqu'au départ de la cour; et que peut-être on pourrait employer l'autorité à quelque chose de plus, si on rompait subitement ; j'ai été assez d'avis qu'on assurât le principal, et qu'on rompît peu à peu des liens qu'une main plus forte que la sienne aurait brisés tout à coup. Ce qui me paraît de très-bon en elle, c'est qu'elle n'est effrayée d'aucune des circonstances de la condition qu'elle a résolu d'embrasser, et que sou dessein s'affermit de jour en jour. Je fais ce que je puis pour entretenir de si saintes dispositions; et si je trouve quelque occasion d'avancer les choses, je ne la manquerai pas.
Du reste, tout va ici à l'ordinaire. M. de Turenne y est arrivé avec une grande augmentation d'embonpoint : il est fort content du roi, et le roi de lui. Mme la duchesse de la Vallière m'a obligé de traiter