‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 14 sur 458 · QS · texte numérisé non relu

QS

Il Tint ! nce qui

mi1.' p une grande somme

ni à colle qu'ils avaient promise au

faire accompagner par Irois

rai i& armes, pourvu qu'il lai plût

de leur rendre leurs s, principalement

|u*il avait injustement affranchie. Jé-

\ iTonarole, qui avait (an i prêché la

nue 'lu rot, se joignit mis cette do-

maade. il parla hardiment à Charles, l'aver-

- I érils exti I n passi

etque Dit ferait sortir glorieusement;

ta que podr avoir manqué d'obéir à ses ■ filrr--, touchant (aréformalionde son Eglise el pour avoir soutferl les pillages et les viol'ii -i s il. s us de guerre, il y avait une sentence contre loi, ot qu'il aurait bientôt un coup deiouet: qu'au reste il ne pensât I as s\ xcuser en disant qu'il ne faisait point mal. parce qu'il étiit coupable de celui qu'il n empêchait pas; mais que s'il avait p lié du peuple et remédiait aux rié ordres, D.eu révoquerait ou adoucirait sa sentence. Le roi fut ton hé de ce discours, el l'autorité d'un homme d'une si grande réputation le portail à faire justice aux Florentins. Tous les gens sages lui conseillaient d'acier leurs offres en retenant seulement Livourne jusqu'à ce qu'il fût à Ast; mais la messe lui mit autre chose dans l'esprit, surtout le comte de Ligni, de la maison de Luxembourg, son cousin germain, qui lui était fort agréable. Ce jeune seigneur se persuada qu'il pourrait devenir prince de Sienne, parce que le peuple le demandait. Comines remontra au roi qu'il fallait proliler du temps, sans s'amuser à des mouvements populaires qui n'auraient que quelques jours de durée. Malgré ces sages conseils, le roi, arrêté par des affaires si ères et par ses plaisirs, passa liuil jours à Sienne où il laissa trois cents hommes, il mit aussi des garnisons en d'autres places peu nécessaires à garder, el diminua ainsi une armée déjà trop faible.

Cependant le duc de Milan, qui s'était chargé de lui fermer le passage et de prendre Ast, y envoya Galéas de Saint-Séverin avecquelques troupes, il til au due u'GrIcans des propositions déraisonnables ; mais le duc, dont la place était bien munie, soriit avec ses troupes sans faire réponse et oblige i Saint-Séverin à se retirer. Par les avis que Comines avait donnés en France, il en venait tous les jours des troupes aux Français. Le duc avait ordre de ne rien entreprendre contre Ludovic, et de venir au- ■ mt du roi pour faciliter son passage; son intérêt et les prétentions qu'il avait sur le bé de Milan, du coté de Valentine son aïeule, le portèrent h assiéger Novare, qu'il prit par intelligence. S'il eût marché droit à Milan où il avait ses pratiques, le trouble où « elle prise jeta Ludovic, et la haine de tous s contre cet usurpateur, l'auraient reudu le maître.; mais cinq jours er-

ditdonnérent le temps a Saint-Séverin de lui

,i| er le i .;• sage.

Après la pris»; de Novare, le roi résolut de partir de Sienne. Il évita dé passer par

Florence ; niais lorsqu'il fut a Pi>o. les Florentins firent de nouvelles instances pour ravoir celte ville, et le cardinal de Sainl-Malo appuya leur juste prétention. Les Pisans firent de si gran les clameurs et sollicitèrent si puissamment leur hôle qu'ils émurent toute la cour el toolfl l'armée, jusqu'aux Suisses, qui menaçaient le cardinal de le tuer, s'il faisait rendre la ville; ce qui porta le roi à lu laisser en liberté sous sa protection. Dans la suite de son voyage, il vint h un passage auprès de Pietra-Santa, appelé le Pas-de-Biche, où une charrette jetée de travers avec deux pièces d'artillerie, aurait arrêté toute son armée. Les ennemis l'attendaient on d'autres endroits; et ne pouvant se persuader qu'il allât si mal accompagné par les grands chemins, ils ne songèrent pas à le garder, de sorte qu'il passa sans résistance, quoique les Vénitiens et Ludovic eussent déjà assemblé deux mille cinq cents hommes d'armes, huit mille fantassins et deux mille chevau-légcrs. Presque toutes ces troupes appartenaient aux Vénitiens qui en avaient donné le commandement au marquis de Mantoue. Celles du duc de Milan, en trèspetit nombre, étaient sous la conduite du comte de Cajazze. Au reste, les Vénitiens disaient qu'ils ne prétendaient point par là déclarer la guerre au roi, mais seulement secourir Ludovic leur allié.

Le cardinal de Saint-Pierre vint joindre le roi à Seresane, et lui proposa des moyens pour faire révolter Gênes. Lachose examinéedans le conseil, on jugea qu'à la veille d'une bataille que leroi serait forcé de donner, il ne fallait point affaiblir l'armée: qu'au resto si on gagnait la bataille, Gènes se donnerait d'elle-ii ème, et que si on la perdait, on n'en aurait plus besoin, puisqu'il n'y aurait plus qu'à abandonner les affaires d'Italie.

Le roi, contre cet avis, ne laissa pas de donner quelques troupes; mais l'entreprise manqua par les précautions du duc de Milan. Cependant le maréchal de Gié fut envoyé avec l'avant-gardc qu'il commandait pour su saisir du chiUaau de Pontremoli, assez fort, mais mal gardé. Il l'emporta aisément et la ville fut pillée, à l'occasion d'une querelle arrivée entre les habitants et les Suisses, ce qui mit le roi en colère contre les derniers. Au sortir de Pontremoli, l'armée souffrit durant cinq jours une extrême disette de vivres. En entrant dans l'Ftatde Milan, Jean- Jacques Trivulce proposa de faire lever l'étendard au nom du jeune duc, fils de Jean Galéas, que Ludovic avait fait mourir à Pavie. Le roi ne voulut pas donner ce chagrin au duc d'Orléans, ni blesser ses prétentions. Après l'affaire de Novare, ce duc, faute d'être allé assez diligemment à Pavie qui voulait se rendre, manqua celle ville. L'armée ennemie et la sienne se rencontrèrent à Vigévano, et furent longtemps en bataille l'une on présence de l'autre. Leduc d'Orléans

PART. Ul. THEOL. HISTORIQUE. — II. MST, I>E FRANCE. LIV. \IM.

quoique !c plus fort, ne voulut pas hasarder le con>bat,à cause de la mésintelligence qui

était parmi ses officiers. Ainsi il se relira à Novare, où il fut assiégé par Galéas,

Cependant le roi arriva à l'Apennin, où il se trouva très-embarrassé pour transporter quatorze pièces de gros canon parmi chemin où jamais charroi n'avait passe. Les Suis; offrirent de les passera force de bras, et ils en vinrent a bout.Ilyaau lias de l'Apennin, auprès de Parme, un petit village nommé Fornoue, que les ennemis avaient occupé, et ils s'étaient rangés en bataille dans une plaine un peu au-dessous, résolus d'y attendre le roi pour le combattre.

Le maréchal de Gié, étant arrivé dans ce village avec l'avant-garde, pressait le roi d'avancer, parce qu'il était a peine à un mille des ennemis et hors d'état de leur résister s'ils l'attaquaient, ils n'en tirent rien cependant, parce qu'ils attendaient encore des troupes, et que, sur le faux rapport d'un capitaine allemand qu'ils avaient pris, ils crurent le maréchal plus fort qu'il n'était. Le roi arriva enfin à Fornoue le 5 de juillet, trois jours après l'avant-garde : dès le lendemain au matin, Comines le trouva a cheval, qui donnait ses ordres. Malgré sa petite taille et la timidité « qui lui était louj uirs demeurée, pour avoir été nourri en grande crainte parmi de petites gens, » Comines dit qu'à la vue de l'ennemi, et au moment d'une si grande bataille, l'ardeur de combattre lui avaitanimé la physionomie, et lui avait donné le ton de commandement.

Il envoya Comines à une conférence qui avait été résolue avec les Vénitiens, pour traiter la paix, et cependant tout se préparait pour la bataille. L'armée des ennemis était composée de trente-cinq mille hommes; ils étaient surtout extrêmement forts en cavalerie, dans laquelle les Estradiots étaient ceux qui se faisaient le plus redouter: c'étaient.des Grecs, sujets des Vénitiens, qui combattaient a la turque, aussi bien à pied qu'à cheval. Une parure étrange, un grand cimeterre qu'ils tenaient en main, et leur contenance extraordinaire avaient donné l'alarme à nos gens dès la journée précédente.

Le roi n'avait de troupes que ce qui était venu de Naples, à la réserve de quelques petits corps qui l'avaient joint sur le cbemin. Entre les deux années coulait la rivière du Tare, qu'on passe aisément a pied, mais qui s'enfle souvent, et celte nuit même elle s'était accrue considérablement par les pluies. Charles n'avait pas dessein de donner bataille, mais seulement de passer devant l'armée ennemie. Le cardinal de Saint-» Malo, qui raisonnait de la guerre sans y rien entendre, lui inspirait ce dessein. Comme on vit que cela était impossible, on se résolut au combat, et sans attendre le succès des conférences, le roi passa la rivière.

En même temps les Estradiots la passèrent d'un autre côté, et se jetèrent sur le bagage qu'ils mirent fort en désordre. Le comte de Cajazze était opposé à notre avani-

le qui s'était avancée près des eno uni t. Ce roi ayant cru pour cette raison i\ te h bataille commencerait de ce côté-là, y avait jeté ce qu'il avaitde meilleures troupes. Mais

'le marquis de Mantoue était verni en hou ordre par derrière dy côté gauche; ce qui obligea le roi, qui était bu corpsde bataille, à tourner le dosa son avant-garde, assez éloignée de lui, et à se rapprocher de l'orrière-garde. Ainsi il était entouré de toutes paris, et si quelque endroit eût plié, il n'y avait point de ressource pour lui.

Aussitôt qu'il eut passé la rivière, toute l'armée ennemie donna ensemble. Le marquis de Mantoue, après (pion eut rompu les lances, attaqua vigoureusement l'épée à la main. Le roi se trouva des plus engagés, et le bâtard de Bourbon, qui le menait, fut pris vingt pas devant lui. Notre arrièregarde ayant pris l'ennemi en liane, le choc fut rude de part et d'autre, et le grand nombre devait nous accabler ; mais il arriva que quinze cents Estradiots, voyant le désordre (pie leurs camarades faisaient dans le bagage, se détachèrent pour avoir leur part du butin, et laissèrent I armée affaiblie.

D'un autrecôté, les Italiens, accoutumés o combattre selon la manière de leur pays, bataillon à bataillon, et fort lentement, étaient étonnés de la manière brusque et vive des Français. Ainsi, cette aile était en déroute, pendant qu'un grand corps de réserve attendait encore le signal que devait donner Ridolphe de Mantoue, oncle du marquis ; mais comme il fut lue, il n'y eut point de signal, et ce corps ne combattit point.

Le roi, qui voyailles siens après les fuyards, ne jugea pas à propos de les poursuivre avec eux; et ne voulant pas aussi joindre son avant-garde, qu'il croyait voir reculer, il demeura seul avec un valet île chambre. En cet état il fut aperçu par des soldats qui, en fuyant, pensèrent le prendre, il se défendit quelque temps, et par son courage et par la bonté de son cheval il évita ce péril.

Ce prince s'était trompé en croyant son avant-garde ébranlée : le contraire était arrivé. Le maréchal deGié, voyant le grand nombre de ses ennemis, se tint serré, et les Italiens qui l'attaquaient se rompirent d'euxmêmes au premier choc : aussi etaient-cede méchantes troupes, que le duc de Milan, qui ne songeait qu'à l'épargne, avait ramassées, comme si c'eût été seulement pour faire nombre. Les valets de l'armée les tuaient à grands coups de hache avec une peine extrême, parce qu'ils étaient tellement armés, qu'on ne savait par où les percer.

En même temps nos gens qui suivaient les ennemis, ne sachant où était le roi, s • mirent à crier de tous cotés qu'il fallait aller à lui, et se souvenir de Guinegate : on n'avait pas oublié cette bataille du temps de Louis XI, où notre armée victorieuse avait été défaite, pour s'être amusée au butin. Le roi fut bientôt dégagé par l'arrivée des siens, et on vit les ennemis fuir de toutes parts, Us perdirent trois mille cinq cents hommes, et la déroute eût été entière, si le

(1 i Mil s coMl'l ETKS Dl B I ET. RS

omtc P happé, pendant la ba- biens par Charles, tournèrent ayec ia for-

. e noire camp, on il était prisonnier lune, el affaiblirent beaucoup le parti.

. n ". û été rassurer les Italiens Les Français étaient fort pressas, el prea-

5 il | epul jamais les rame- que affamés dans le château, pour comble de

, ,- mbat. malheur, une flotte que le roi envoya a leur

lant on tint conseil autour du roi, secours, prit l'épouvante à la vue de celle

■mur examiner si on chargerait les ennemis de Ferdinand, qu'elle trouva auprès de

Corse, el se rôtira à Livournc, où tous les

\ paraître. Noire armée était en-

tière, puisque nous aw<'ie> a peine perdu

soldats se débandèrent.

pu.

, s hommes. L'armée ennemie, ou- Cependant le duc d Orléans était réauit

s i perte, était consternée et en désordre, dans Novare, avec son armée, h de grandes

l'ri vu Ice, et Francisa u S co, gentilhomme extrémités. Galéas de Saint-Séverin, aveo

s Florentins de soixante vingt-deux mille hommes, le tenait bloqué

ns, lui connaissaient les manières de toutes parts, et s'était si bien retranché

Italiens, assuraient, à voir leur conte- dans tous ses postes, qu'il n'y avait rien de

nance, que la terreur était parmi eux, et plus difficile que de le forcer. Tour encou-

conseillaienl de donner. rager les assiégeants, Ludovic éiait venu au

I ur conseil salutaire ne l'ut pas suivi; siège en personne ; la place était si pressée, - habiles -eus de l'armée n'étaient pas que deux mille hommes y périrent de faim.

tout se décidait par des élour- Le duc même, qui était tombé malade par-

5 que la témérité ou la crainte portaient mi lant d'incommodités , pressait le roi

toujours aux extrémités ; si on eût su se de venir à son secours. Il était à Verc-il,

cii'un avantage si considérable, le Bfi- place fort propre à celto enireprise, que

lanaià se fût révolté contre Ludovic , et les H duchesse de Savoie lui avait prêtée

Vénitiens n'eussent su où ramasser des trou- pour en faciliter le succès. Mais il ne vou-

: es. Au lieu de cela, on ne songeait qu'à lait pas hasarder un combat avant la ve-

passer. Le lendemain fut occupé a des con- nue des troupes qu'il attendait de France,

nces inutiles pour la paix, et dès le jour et de dix mille hommes qu'il faisait lever

d'à rès, ï ins en attendre l'événen eut, no- en Suisse.

Ire armée décampa en aussi grand désordre Ludovic, qui ne craignait rien tant que

si elle avait été battue.' Lés ennemis, d'être forcé à combattre, avait grande envie

assurés par sa retraite', la suivirent; mais de s'accommoder ; mais il ne voulait pas en

< o ne tut que lentement, et ie roi enfin ar- faire les premières ouvertures. Le hasard

i Nl) à A-i. voulut qu'un de ses officiers se trouvât à

II v apprit l'étal déplorable des affaires de Casai, pendant que Comines y était de la Naples. Ferdinand, quoique battu d'abord, part du roi : ce seigneur, à !a sollicitation et presque pris par Aubigny, n'avait pas de cet officier, engagea les Vénitiens, avec perdu cœur, et s'élait retiré en Sicile, où il qui il avait conservé beaucoup de corresavail formé une flotte avec toute ia diligence pondance, à s'entremettre de cet accommo-

ssible. Elle était mal équipée, et encore dément; par leur moyeu il se fit d'abord

plus mal foui nie de gens de guerre. Sa dili- une trêve de dix jours. Le duc d'Orléans

gence ne laissa pas de lui servir, et ayant eut permission d'aller trouver le roi à Ver-

uaru vers Salerue, toute cette côte se révolta ceil, à condition de se renfermer dans la

«•outre les Français. Il alla à Naples, où le place, si la paix ne se faisait pas. La

peuple étail pour lui; mais les Français trêve fut continuée : on convint que le roi

Braient donné si bon ordre à tout, qu'iffut retirerait la garnison de Novare, et que la

contraint de se retirera Iscbia. Si Mont- ville serait remise entre les mains des hahi-

pensier l'eût suivi, il eût pu aisément dis- lants, pour se rendre à celui dont les deux

r cette ilotte si mal eu ordre. partis conviendraient.

Les Napolitains rappelèrent Ferdinand, En ce même temps, les Florentins obtin-

oui vint se poster à un mille de la ville. Les rent des ordres pour la restitution de leurs

Français, étant sortis tous ensemble pour places. Ils donnèrent une grande somme

le chasser, irouvèienl à leur letour la porte d'argent, dont le roi se servit pour faire

; rmée, et tout le peuple soulevé; Ils vou- venir les Suisses, il en vmtjilus qu il ne

lurent rentrer par une autre porte; mais voulaiijdix mille arrivèrent à Verceil, et

Ferdinand les prévint, el lout ce qu'ils pu- dix autres mille entraient d'un autre côté :

rent l'aire fut de se renfermer avec Mont- on en r= nvoya une infinité, qui accouraient

|.« nsier «.'ans le château Neuf, où il v avait avec leurs femmes et leurs entants aussitôt

l-eu de vivres pour tant de monde. Ferdi- qu'ils virent de I argent. Ou craignait qu ï s

nand lesy tint longtemps assiégés. ne se rendissent les plus loris, et pour la

Quand Alfonse son père le vit maître de même raison on sépara soigneusement ceux

N'a; les, il voulut reprendre !e royaume qu'il qu'on retint.

avait quitté. Son (i's lui répondit qu'il at- Quand ces troupes fureid venues, le duc lendit donc qu'il lui en eût assuré la pos- de Milan fut trop heureux de taire la paix. »ion, de peur qu'il ne fût contraint de File l'ut conclue à ces conditions, que Nomi r une seconde fois. Ce malheureux vare lui serait rendue, quil serait oblige r >i mourut quelque temps après. C.apoue et d'envoyer des troupes au secours du ena- A verse se rendirent à Ferdinand, à l'exem- leau de Naples, el qu'en cas que le roi y pic de Neules. Les Colonne, comblés de retournât, le duc serait oblige de le suivre

89 FAUT XII. THEOL. HISTORIQUE. — II. IIIST. DE FRANCE. I.lv. XIII. 00

en personne dans celte guerre. On donnait sans, qui la rasèrent aussitôt. !.<■>■ auti deux mois aux Vénitiens pour accepter la gouverneurs, ayant suivi cet exemple, venpa'x s'ils voulaient; et, s'ils la refusaient, dirent leurs places aux Vénitiens, aux lié- Ludovic était obligé à se joindre coptre eux nois et aux Lucquois. avec le roi. Ainsi le traité de paix, commencé Quoique le roi fû lâché de ces honteuses par l'eptremise des Vénitiens, sembla à la. désobéissances, le comte de Ligni ne perdit lin tourner contre eux; mais ils savaient pas pour cela ses bonnes grâces, et Entraguea bien que Ludovic n'avait pas dessein de et) fut quitte pour être quelque temps banni lenir l'accprd , et qu'il voulait seulement de France: telle était la faiblesse du goufaiie soptir d'Italie l'aimée de France. vernement. Ludovic, qui avait excité la ré-

Après la paix, Charles licencia les Suisses volte des Pisans, la fomentait autant qu'il

qui exigèrent le payement d'un quartier pouvait, espérant toujours qu'avec le temps

entier, quoiqu'ils n'eussent point servi, et il trouverait occasion de s'emparer de cette

ils avaient môme résolu d'arrêter le roi, que place. Il obligea les Vénitiens, à en pren-

cclle raison obligea do partir proraptement dre la protection, ce qu'ils tirent par décret

de Verceil. Il envoya Comines à Venise pour public.

proposer l'accommodement aux Vénitiens ; Montpensier cependant avait réuni un peinais ils répondirent qu ils n avaient pas tjtCorpsd armée, avec lequel il se maintebesoin de bure la paix avec le roi, avec le- nail |e mieux qu'j| pouvait. Ferdinand était quel ils n . t lent pas en gueire, et qu ils si faibl fil lllt collf,ra;nt d'engager .pleine croyaient point avoir rompu avec lui en s |)!a(CS aux Vénitiens, pour en tirer du secourant leur allié, qu il attaquait. secours. Il venait assez lentement, et si les

Au res'e, ils promettaient d obliger Fer- afiraires de France n'avaient été tout à fait

dipand à tenir de Charles le royaume de abandonnées, elles pouvaient encore se sou-

Naples, a lui paver en reconnaissance un u,ui Iliais |e cardinal de Saint-Malo, qui

tribut annuel et a lui laisser la principauté ,,,s g0uvernait, agissait si mqllement, que

de Tarenle avec quelques autres places. ies secours ne venaient jamais à propos. On

Conimes, en revenant rentre compte au faisait ianguir ies iroupes, dans l'attente de

roi, passa par Mila , pour taire ressouvenir rargent qu0 .Montpensier demandait. On en

I, duc des iroupes .pi il avait promisesnl eIiVoyait à la fin, mais trop lard. Ainsi on

continua de promettre, et trompa Comines faisajt ,a dépeuSe, et on n'en avait pas le

(ou se tia trop a ses paroles. Celui-ci vint a j>ruit

Lyon, où il trouva Charles; uniquement qç- Cette lenteur faisait soupçonner quelque cupéde ses plaisirs, et lui fit les proposi- irilelligence des ministres du roi avec l'entions des Vénitiens, que le roi approuvait lieini ;°on on accusait \e cardinal, et même assez, à cause du triste état des affaires ; ,e (luc de Brturbon# Le duc de Nole arrivé a mais le cardinal de Saint-Malo n étant point Lvon> révei|la |e roi parmi ses [>laisirs: M !ui de cet avis, a chose ne se lit pas. prit une envie soudaine Je repasser en Italie;

Environ dans ce même temps, le dauphin [n même tei u résolut d'envoyer Trimourut. Le roi parut d abord touché de Vulce à Asl avec des iroupes, de faire suivre celte perte autant qu il devait; mais . ut ,e d d Orléans, et ensuite d'aller en perb.entot consolé : ce prince était si faible, sonne; il disait que Dieu l'y obligeait. Peutqu il commençait déjà a prendre de la ja- Êlre sa COnscience lui rcprochau-elle qu'il lousie contre ce jeune prince, qui, des âge n-avail as fai, ce >u Jevait pour reprise trois ans, montrait de la tierle et de au- mer k.s Si;andaies d'Alexandre VI et remedace. La reine était inconsolable; et lins- dier aux maux de l'Eglise et de l'Italie. loire, qui ne pardonne aux princes aucune , ,. . ., de leurs faiblesses, ne dédaigne pas de re- Ensuite, comme devant bientôt partir, il marquer que le roi, pour divertir sa femme al!a en lî0stre a Tours au tombeau de saint affligée, lui amenait des violons, ce qui aug- Martin, et à Saint-Denis, accomplir un vœu mentait sa douleur. Peu de temps après, il M'J 'lavait fait à la bataille de Fornoue. Auseui la nouvelle de la prise du château du sitôt qu il tut revenu, il se mit h presser le Naplesi que Montpensier défendit longtemps, cardinal, ajoutant souvent aux paroles des malgré la disette extrême où il était. Ces menaces el des injures. Ce prélat n en était nouvelles fâchaient le roi, qui voulait assez Pas l,lus ému> sachant bien que pour apai- <iue les affaires allassent bien, mais qui ne sc'r le roh l[ a avait (l"'à lout promettre, sans voulait pas se donner la peine d'y pourvoir. se melll'e en Peine de ' exécution. Il s était

[14.96] En ce même temps, les places des écoulé plusd une annéeparmi de semblables

Florentins commençaient à causer beaucoup amusements.

de troubles en Italie. Le comte de Ligni était Le mois de mai étant venu, on croyait que

gouverneur de la plupart, et en avait donné le roi, qui témoignait tan' d'ardeur, aliait

le commandement à Enlragues. Celui-ci ne enfin partir dans une saison si favorable. M

se contenta pas des ordres qu'il avait reçus s avisa qu'il fallait aller prendre congé en

du roi pour rendre ces places ; il voulutavoir cérémonie de saint Martin et de saint Denis.

ceux de Ligni : après les avoir reçus, il ap- li ajoutait qu'allant à Paris, il voulait obi i-

pela les Florentins; mais soit qu'il eût eu ger celte grande ville à lui faire quelque

secrètement quelque contre-ordre du comte, prêt, el à porter les autres par son exemple

ou qu'il se fût ravisé de lui-même, il se à lui donner un pareil secours; mais le su-

nioqua d'eux, et vendit la citadelle aux Pi- jet du voyage u'élail en ciiel que le dessein

îi:

. |u'il aitit.

• ! lin.mJ, roi d me ,

i, roi de Naples, Ferrand Gonçales, G , qui mérita dans la Mine

le nom de grand capitaine.

;r0 un nde diversion

- s i ni entrer un grand e en Lan ;uedoc.

- . t-André, qui y commandait i our le duc *.! ^ Bourbon, repoussa les . quoique plus forts, et en dix heu- : s : tmps il leur enleva d'assaut Salces, qui ii ! la province. Durant ces

■ arles m enfin partir Trivu . avec une poignée de gens.

an duc d'Orléans, qui voyait le roi ir infirme par ses excès, il reculait autant qu'il pouvait à sortir du royaume, dont ta - don Ii' regardait,

anl lecomtedeMontpensier, quoioublié du côté de la France, se défendent contre Ferdinand. Peu . Fallut qu'il ne le défît a Frangette; il i au secours de celte place que F rdinand assiégeait, et la trouva prise; mais il lui était aisé de tailler en pièces l'ar- 9 ennemie, dispersée et occupée au pili, capitaine français, qui avait fait .'elles actions dans cette guerre, ou niédent des chefs, ou gagné par l'ennemi, intimida les soldats. Dès ce temps les affaifurenl sans remède; la division s'augnta parmi les chefs; les soldats, et surtout les Suisses, ne cessaient de demander - ieusement de l'argent. Les vivres manquaient, et, pour en trouver, Montpensier eta;t contraint de décamper presque tous les jours. Il espérait aussi par ce moyen engaà une bataille Ferdinand, qui le suivait: 1 • prince, au contraire, sans hasarder do bat, voulait que notre armée pérît d'ellemême.

File fut enfin bloquée à Atelle; les Suisses, ilode paye, se donnèrent à l'ennemi. Gonsalve joignit Ferdinand ave: six raille hommes, et ce renfort obligea Montpensier à se rendre, après avoir tenu un mois. Par la capitulation il devait retourner en France avec son armée, et les italiens devaient se retirer dans leurs maisons pour y vivre en sûreté; mais Gonsalve ne tint rien de ce traité. ■ tpensier fut si longtemps retenu sous - prétextes aux environs de Naples, qu'à la fin il y mourut, et de cinq mille nçais, à peine en retourna-l-il cinq cents (!) Fiance.

Virginio Ursin, toujours fidèle au roi, et

qui n'avait jamais quitté .Montpensier, fut

"té (au château de l'OEuf, où il mourut

peu de temps après, non sans soupçon de

n. Nous avions encore Aubigny dans la

. !t Gralien de la Guerre clans l'A-

hruzze. Ce dernier, pressé par Gonsalve, se

ra dans Gaële où Frédéric, oneie de

■ and, l'assiégea.

I ■ ■ Naples, mourut alors,

et les affaires n'en allèrent que mieux sous Frédéric, à qui les barons se baient, de sorte

. ds furent bientôt parfaitement réconciliés

ec lui. Une place maritime de la conséquence de Gaëte, qui donnait entrée aux Français dans le royaume de Naples, méritait bien d'être secourue. Le roi y avait fait

sser six vaisseaux. Il équipait une grande il lie à Marseille, pour y envoyer un plus grand secours; mais le cardinal fit tant par ses longueurs, que les confédérés eurent fo loisir de se poster aux Pomègues, îles voisines de Marseille, et d'arrêter notre armée.

Aubigny se défendit encore avec beaucoup de valeur contre Gonsalve; mais voyant qu'il n'avait plus de secours à attendre du roi, il se rendit a condition qu'en abandonnanl la Calabre, il aurait la liberté de se retirer en Frai

[1497] Les Vénitiens prirent Tarente, qu'ils rendirent quelque temps après au roi de Naples, et sur les bruits qui coururent du retour de Charles en Italie, ils s'accordèrent avec Ludovic d'y faire venir l'empereur. Il y vint avec de vastes desseins, mais peu de forces; il y fut aussi sans crédit. Ludovic, suivant toujours son dessein de se rendre maître de Pise, conseillait aux Pisans tle so mettre entre les mains de Maximilien, o'où il espérait les tirer, plutôt que de celles des Vénitiens; mais ils le refusèrent.

Ce prince, ne voulant pas que son voyage lût inutile, assiégea Livourqe ; mais il fut contraint de lever le sié-;c, et retourna en Allemagne sans avoir rien fait. Les aubes confédérés réussissaient mieux. Frédéric obligea Gaële à capituler, et Gonsalve reprit la forteresse d'Ostie, qu'il remit entre les mains du Pape : ainsi les Français et leurs amis perdirent tout ce qu'ils avaient en Italie. Cependant Baptiste Fregose se servit des divisions qui étaient a Gènes, pour la mettre entre les mains du roi. Le cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens travaillait aussi pour le rendre maître de Savone, d'où il était, [.es deux, entreprises manquèrent; mais Trivulce prit quelques places dans I Fiat de Gênes et sur Ludovic.

Cependant il se traitait une trêve avec Ferdinand, roi d'Espagne, qui faisait parler à Charles pour le dégoûter de la ligue, et il le priait d'oublier ce qu'il avait entrepris contre lui ; tout cela pour l'amuser, et pour donner le temps aux confédérés d'achever leurs affaires en Italie. A la fin, la trêve fut conclue, et malgré la répugnance de Charles, Ferdinand obtint que les princes de la ligue d'Italie y seraient compris; mais comme la trêve ne devait commencer en Italie que cinquante jours après qu'elle avait été arrêtée par la France et l'Espagne, il arriva durant ce temps que les Français se relâchèrent, et les confédérés se servirent de celle occasion pour reprendre toutes les places que Trivulce leur avait prises.

Ii se fit ensuite une a:: ire trêve entre les deux rois, où leurs aidés ne furent, point compris. Ferdinand passa plus avant, cl hu lieu de continuer sa ; roleclion à son parent,

PART. XII. THEOL. HISTORIQUE. — lî. IJIST. I)>; FRANCE. LIV. XIV.

il songea 5 le dépouiller. Il prétendait avoir droit sur le royaume de Naples, conquis sur fa maison d'Anjou par Alfonse son oncle, avec les forces du royaume d'Aragon ; sur ce prétexte, il proposait à Charles de l'aire conjointement et de partager avec fui cette conquête. Les autres confédérés avaient chacun leurs desseins, et la mésintelligence se mit bientôt parmi eux, aussitôt qu'ils n'eurent plus affaire aux Français.

Le Pape, les Vénitiens et Ludovic, qui tous voulaient faire la loi et étendre leur domination sur leurs voisins, ne pouvaient se supporter les uns les autres. Ainsi il se formait, de nouveaux partis en Italie, et le Pape envoyait souvent des messagers pour traiter secrètement avec le roi. Il avait perdu

tes avec connaissance et ave douienr, i c la honte de les avoir faites lui donnait i n

désir extrême de les réparer; il commençait a s'appliquer sérieusement aux affaires • t a régler ses finances; il donnait , a ceux qui se présentaient, principalement aux pair. : de longues et fréquentes audiences, où i s'expédiait à la vérité peu de chose, mais elles ne laissaient pas d'eu pécher beaucoup de désordres, par la crainte qu'on avait que le roi n'en fût averti.

Ce prince pensa alors a faire partir poi r Naples une armée puissante, dont il donnait le commandement à Aubigny et au raarqui » de Mantoue, qui, maltraité des Vénitiens, s'était donné a lui [14-98]. Toutes les mesures semblaient ôtre bien prises; mais quand

Louis Borgia, duc de Candie, son bâtard, on n'a pas su se senrir du temps, on ne !u par un accident tragique. Le cardinal Va- retrouve pas toujours quand on veut. Char- Icntin, frère de Louis, jaloux de la grandeur les fit un voyagea Tours et a Amboise, où il

où le Pape J'élevai t comme l'aîné, le tua et résolut de prendre l'épée. Il entra dans ce dessein une autre sorte de jalousie, parce qu'ils aimaient tous deux la même personne.

Alexandre, touché de ce malheur, témoignait qu'il voulait se convertir ; mais sa nature perverse éteignit bientôt ces sentiments de piété. Il tourna toutes ses pensées à établir le cardinal Valenlin, et demanda pour lui en mariage Charlotte, fille de Frédéric, roi de Naples, avec la principauté de Tarente,

élevait le plus magnifique bâtiment qu'on eût

vu jusqu'alors en France. [Là, en allant voir jouer avec la reine une partie de paume, il se donna un coup assez léger à la tête, el quelque temps après il tomba en apoplexie. On le jeta sur une paillasse, où il mourut en sept ou huit heures, le 7 avril 1 V98. il s'était réveillé un moment durant son ma!, et avait fait connaître qu'il pensait à Dieu. Il s'était confessé deux fois la semaine de sa mort, et la dernière parole qu'il avait dite en santé, fut qu'il espérait avec la grâce de

ce que le père refusa. Le Pape devint dès Dieu do ne faire jamais de péché mortel, ni

lors son implacable ennemi, et se tourna du même de véniel s'il le pouvait,

côlé de la France, où la princesse avait tou- Le lendemain de sa mort, Savonarolc.

jours demeuré, même avant les guerres de dont le crédit s'était affaibli par la ruine

Naples, depuis que Ferdinand, son grand- des affaires de France, après avoir perdu à

père, t'y avait envoyée pour épouser le roi Florence ses principaux protecteurs, dans

u'Ecosse; mais ce mariage n'eut pas lieu.

Toutes ces choses relevaient les espérances de Charles, qui pensa plus que jamais aux affaires de Naples. Il parlait de ses fau-

un mouvement populaire, fut pendu comme un faux prophète et un imposteur, par ordre d'Alexandre VI, dont il avait repris publiquement la conduite scandaleuse.

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