LIVRE XIV
LOUIS XIL [An 1498.]
On aurait cru que Louis, venant à la couronne, témoignerait du ressentiment contre beaucoup de ministres qui l'avaient assez maltraité dans le règne précédent; mais il jugea ces vengeances particulières indignes de la royauté, el on rapporte de lui cette parole mémorable : « Oue ce n'était pas ani roi de France à venger les querelles du duc d'Orléans. » Ainsi, sans distinction, il déclara d'abord qu'il maintiendrait tous les ofïi.iers dans leurs charges, tant à la cour que dans les armées et dans la justice.
Ce prince conçut d'à h- ni le dessein de recouvrer le duché de Milan sur Ludovic, doublement usurpateur ; mais avant d'entreprendre cette guerre il voulut régler le dedans de son royaume. Il diminua de beaucoup les impôts dont le peuple était chargé,
et il les eût diminués davantage, sans les grandes guerres qu'il eut a soutenir; mais ce qui est remarquable, c'est que, maigre dépenses qu'elles lui causèrent, son économie fut si grande, que jamais il n 'augmenta les charges du peuple.
Pour cela il relira et prit soin de faire valoir son domaine, que ses prédécesseurs avaient négligé, fondant principalement toute leur dépense sur les tailles cl les levées extraordinaires. Il empêcha les désordres des gens de guerre, qui, dans les deux derniers règnes, couraient impunément toute la France, et dans une nuit de séjour coûtaient plus à une paroisse que les tailles de toute une année. Louis, touché des maux de son peuple, et considérant aussi que l'Etat se ruinait par ces désordres, y remédia, en taisant que les troupes fussent exacleni
» . \ ■■■ S ( UMI Ll :; S DE BOSSUËT. 00
du resl ;'i toujours dans - s hautes pensées. On l'a nommé cardinal
pHne. Valentin, à cause de l'archevêché de Valence
ll rég'a aussi les monnaies; caries bon- en Espagne, qu'il po sédait: il se lit depuis
tient cours indifle- appeler César, et lit mettre à ses étendards
rem ment i - royaume : il réprima cet celle devise ambitieuse: « Ou César, ou
itlafl élite dans le commerce, rien.» Louis, par un traité, s'engagea de
Poui i justice, il choisit les plus fournir au Pape, après la conquête du Mila-
éri meules de son pur- nais, autant de troupes qu'il lui en fallait
lemenl ; par leurs conseils, il lii, pi m ri a hit*- pour assujettir la Romagne. Le mariage no
-, des règlements salutai- s'accomplit point, parce que la princesse
ras, ne la mali • chicaneurs a rendus s'obstina à ne le point faire, .si Louis ne fai-
inutiles ; mais I ouis n'oublia rien pour en sait la paix aux conditions que son père pro-
t.rer le profil qu'il en avait attendu, cl pour posait ; et le roi donna au duc une autre
cela il résolut de donner toujours les char- Charlotte, fille d'Alain, seigneur d'Albret,
judienture aux gens du pins grand Les Florentins, pressés par les Vénitiens,
mérite, ce qu'il pratiqua constamment durant eurent recours au roi; mais comme il ne
tout son règne. Après avoir ainsi disposé leur donnait que des paroles, ils se jetèrent
i i - s, H tourna toutes ses pensées cou- entre les bras de Ludovic : il remporta quel-
B Ludovic. que avantage sur les Vénitiens, ce qui les
I a situation des affaires d'Italie élait fa- obligea à l'aire une ligne avec le roi, par la-
►rable à ses desseins : les Florentins fai- quelle il devait avoir tout ce qui élait en deçà
-aient la guerre pour ravoir leurs places, ne l'Adde, et eux tout ce qui était au delà,
que !t - Vénitiens et le duc de Milan ta- Le traité fui si secret que Ludovic n'en cul
(baient d'envahir, el principalement la ville nouvelle que longtemps après, el le Pape
de Pise : ; ar le les Vénitiens étaient dispo- même, tout allié qu'il élait des Français, ne
- à se joindre ayee Louis. Pour le Pape, il ie savait pas. ne souhaitait à soq ordinaire que des brouil* A la veille d'une grande guerre, Louis, leries", dont il espérait profiter pour élever avant loutes choses, s'accommoda ave ses son Gis, h qui il voulait faire une principauté voisins, et premièrement avec le roi d'Aude toutes celles de la Romagne, sous pré- gleterre ; il continua la trêve avec Ferdinand texte Je les réunir au Saint-Siège, dent et Isabelle, qui retirèrent leurs troupes de el'es avaient été démembrées; il mettait la l'Italie et rendirent à Frédéric les places nsion i ntre les seigneurs de ces pays, et qu'ils avaient dans son royaume. Louis reniais uit semblant de les accorder, il entre- dit aussi à l'archiduc Philippe les places tenait leurs querelles, d'Artois, selon le traité fait avec Charles VIII, reste, il suivait les négociations du et envoya à Arras Gui de Rochefort, son côté rie la France, et ménageait Louis pour chancelier, qui reçut en son nom, assis et ir Charlotte, fille de. Frédéric, que couvert, l'hommage pour les comtés de son père continuait à lui refuser pour le Flandre, d'Artois et de Charolais, que l'arcardinal Valentin ; il avait un beau moyen chiduc lui rendit découvert el sans ceinture. d'obliger Je roi, qui souhaitait de rompre L'archiduc voulut plusieurs fois se mettre à son mariage avec Jeanne, tille de Louis XI, ses genoux; mais le chancelier tenant les que ce prince violent lui fit épouser par mains de l'archiduc dans les siennes, lui dit. force aussitôt qu'il eut quatorze ans, et qu'il suffisait de sa bonne volonté.
■ il jugeait incapable d'avoir des en- Louis, pour être paisible de toutes parts,
fiints. lit une trêve avec JMaximilien, qui de sou
[1499] Il avait dessein d'épouser Anne, côté était occupé dans une guerre contre les
veuve de son prédécesseur, qu'il avait au- Suisses : celte trêve le détermina à comraen-
t 'dus aimée, et qui lui apportait la Brela- cer l'entreprise de Milan un an plus tôt qu'il
î-ne; pour cela il avait besoin de lad ispense du n'avait résolu. Il envoya une armée de vingt-
Saint-Siége. Le Pape, résolu de lui donner sa- trois à vingt-quatre mille hommes, comman-
tisfaclion, envoya le cardinal Valentin pour défi par Trivulce, par le comte de Ligni et
lui porter la bulle, où il lui donnait trois coin- par Aubigny. Ils prirent d'abord la forteresse
lires tris qu'il les souhaitait dans l'ai'- u'Arazzo sur le Tanaro et celle d'Anon.
faire de son mariage. Il portait aussi un Galéas de Saint-Séverin, que le duc avait
chapeau de cardinal à Georges d'Am boise, envoyé pour s'opposer à leur passage, étonné
que le roi estimait fort, el qui avait été son de la prise de ces places, plus prompte qu'il
epleur. ne pensait, se retira à Alexandrie, où nos
Le mariage fui déclan'' nul, et Louis donna gens le poursuivirent; et cependant Valence
le Berri à Jeanne pour sa retraite , avec une sur le Pô. avec sot) château , leur fui rendue
pension convenable à sa dignité : elle était par le g uverneur : plusieurs places consi-
laide el contrefaite, mais d'une rare vertu; uérables suivirent cet exemple. Alexandrie
loin de témoigner de la douleur de se voir abandonnée par le comte de Cajazze, que le
ainsi éloignée, elle en témoigna de la joie el duc avait envoyé au secours de Saint-Séve-
i - a :>a vie dans une grande sainteté. lin son frère, fut prise et pillée : le comte,
Le roi promit ai cardinal Valentin la fille indigné de ce que Ludovic avait donné le
de Frédéric, et lui donna le Valenlinois, érigé principal commandement à sou cadet, s'était
pu duché, d'où il se (il appeler le duc ne ae<ommodé avec le roi.
Valenliniris; il coinmci ça alors à déclarer Les français ayanl passé le Pô, Pavîe se
97 PART. XII. THEOL HISTORIQUE. — II. IIIST. DE FIIAM I.. lin. \;v. g
soumit à eux, pendant que les Vénitiens, Les dispositions étant contraires, ils se fit
ayant de leur côté passé 1 Adde, s'étendirent une sédition au sujet de ce peu d'impôts que
jusqu'à Lodi. Au bruit d'une complote si ra- Louis avait laissés, el Trivulce, déjà odieux,
pide, l'épouvaule et le tumulte se mirent se le rendit davantage en tuant de sa propre
dans Milan, et le duc, effrayé lui-môme de main quelques-uns des séditieux,
tant de pertes inopinées, eut recours aux [loOOJ Aussitôt le duc de Milan, qui était
derniers remèdes des désespérés : il coin- aux écoutes, vint en diligence avec une ar-
mença à flatter le peuple, en diminuant les ruée d'Allemands et de Suisses, qu'il avait le-
i m pots et s'excusant de les avoir mis sur la vée à ses dépens ; car il n'avait aucun se-
nécessité des guerres, vit pourtant bien cours de Maximilien. Côme se rendit à i lui,
el en même temps les habitants de Milan se
qu'il ne serait pas le maître du peuple, et se retira chez Maximilien, avec ses entants et
soulevèrent; Trivulce avait peu de monde,
ses trésors. Le comte de Cajazze lui vint dé- parce qu'on avait donné la (leur des troupes
ciarer sur le chemin que> puisqu'il abandon- au duc de Valenlinois : aussi, après avoir
nait ses Etats, il se croyait être quitte du pourvu 5 la sûreté du château, il sortit de la
serment qu'il lui devait, et prit en même ville, où Ludovic fut reçu du peuple avec
temps le parti de la France. de grandes acclamations.
Aussitôt que le duc fut retiré, ceux de Mi- Jl alla ensuite assiéger Novare, pour coulan appelèrent les Français ; el sur l'espé- per les vivres à Trivulce, qui était au-desrance qu'ils eurent en la clémence du roi, sous de Morlare. D'Alègre amena au secours ils se rendirent sans capituler; huit jours les troupes qui étaient dans la Romagne; après, le château, quoique muni de toutes mais les Suisses de son armée se joignirent choses, se rendit sans qu'on tirât un coup à ceux de l'armée de Ludovic, qui avec ce de canon. Le gouverneur qui le livra ne renfort, pril facilement Novare. Le roi, réjouit pas long-temps de sa récompense, solu de châtier la révolte des Milanais, enparce que sa trahison l'ayant rendu odieux voya la Trimouille avec une armée, et lit à tout le monde et méprisable aux Français avancer jusqu'à Ast le cardinal d'Amboise, mêmes, il mourut de regret quelque temps à qui il donna la qualité de son lieutenant après. général avec plein pouvoir, afin qu ayant Cependant les Frégose et les Adorne, à une autorité supérieure il empêchât la divil'envi les uns des autres, portèrent Gènes à sion de nos généraux, qui avait en partie été se soumettre; entin toutes les places du duc cause de la perle du Milanais. deMilan furent réduites, et la conquête en La Trimouille alla d'abord assiéger Novare, fut faite en moins d'un mois. Cependant le où les Suisses de Ludovic lui firent la même roi était à Lyon, où il achevait son mariage trahison que ceux de d'Alègre lui avaient avec Anne. Silôl qu'il eut reçu celte nou- faile; leurs compatriotes qui étaient dans velle, il entra avec l'habit ducal dans Milan, notre armée les débauchèrent, et Ludovic où il reçut les compliments de tous les po- ayant aperçu parmi eux quelque commencetentais dlialie, à la réserve de Frédéric; et ment d'émeute, voulut les mener au combat, comme il pensait dès lors à la conquête de mais ce fut eu vain : ils lui dirent qu'ils Naples, les Florentins s'engagèrent à l'y as- ne voulaient poinl se battre avec leurs consister, à condition qu'il les aiderait à ravoir citoyens.
leurs villes, dont ils ne pouvaient venir à Le duc, voyant que tout était désespéré,
boul, surtout de Pise, dont ils avaient élé les pria avec larmes de vouloir bien le me-
obligés de lever le siège. ner du moins en lieu de sûreté; tout ce qu'il
Le duc de Valenlinois, avec le secours des put obtenir d'eux, fui de se déguiser et do
Français, prit d'abord luiola, el se voyait en s'échapper comme il pourrait; mais il ne
espérance de réduire bientôt les autres villes put si bien se cacher qu'il ne fût bientôt re-
de la Romagne qui avaient des seigneurs connu et pris. On le mena a Lyon, au io ,
particuliers. Le roi voulut faire connaître qui avait voulu seulement le voir ; il I en-
aux Milanais qu'ils ne s'étaient point trom- voya à Loches, où il mourut dix ans après,
pés dans l'opinion qu'ils avaientde sa bonté: assez maltraité. Telle fut la fin d'un prime
il Soulagea le peuple de la plus grande par- qui avait vécu avec tant de puissance el de
lie des impôts, et prit plaisir d'obliger la no- grandeur : il aurait acquis une grande ré| u-
blesse, assez durement traitée par Ludovic ; talion s'il ne l'avait ternie par le meurtre de
il réussit par ce moyen à gagner les cœurs son neveu. Sa principale qualité était une
et à s'affermir dans sa nouvelle conquête. grande prudence; mais il avait la faiblesse
Mais Trivulce, qu'il laissa pour gouver- de ne pouvoir souffrir qu'aucun autre que
ueur, en s'en revenant, ne suivit pas fo lui passât pour prudent.
même conduite : il était fier et hautain, et Le cardinal Ascagne, son f. ère, s'enfuit
les gentilshommes ne pouvaient souffrir aussitôt qu'il eut appris son malheur ; il fut
J'ètre traités orgueilleusement par celui pris par les Vénitiens, el le roi lea ayant
qu'ils avaient vu leur égal. Il avait beaucoup obligés de le remettre entre ses mains, il
i'enn mis, parce que l'envie est toujours fut mis dans la tour de Bourges, où le roi
plus grande contre un homme du pays qu'où avait été lui-même longtemps détenu pen-
voit tout à coup élevé. Les Milanais, d'ail- dant qu'il était duc d'Orléans; mais ii fut
leurs, étaient irrités de la grande familiarité bien mieux traité que sou frère, et délivré
lue les Français voulaient avoir avec leurs deux ans après par le moyen du cardinal
femmes. d'Amboise, à la sollicitation de l'empereur;
. Milai roi,
lir fait
eux, par-
couiiamna
ucais, | il h loi
:. H- loi i . une que pour
ur méi ite : les autres \ illes
.11 II, 'II, cl le
: de tout i • fui donné .1
te, neveu du 1 ai dm.
lanl achevée, tes Suisses fu- : s unions voisins du llila* ,11 ^\n allant, Belliiuone, mie dans les montagnes, qui nuail entrée dans ce duché. Le roi a recouvrer pour un f »t u d'aril qu'il lui en eût coûté alors; et rctio . lans la suite, lui coûta bien cher.
Il restait encore au roi d'obtenir de l'empereur l'investiture du duché : au lieu de la lui accorder, 1 prince traita le roi et les i Ueus d'usurpateurs des droits de i'empire.
La loi, craignant donc quelque grande guerre de ce côté, n'osa entreprendre celle Naples qu'il avait résolue, et se trouva (»l>!i . - ilon les traités, à partager son arinée; 1! en donna une partie au duc de Valentinois pour achever la conquête de la Romagne, qu'il subjugua toute, à la réserve <.e Faënce, que la résistance des assiégés et le il auvaisleuips l'empêchèrent de prendre; îi la lin pourtant il la téluisii à se rendre; mais ce ne i'ul que l'année suivante, il avait eu beaucoup de peine à donner S au Pape, par le peu oc secours qu'il en avait tiré durant les affaires ce Idilau. Néanmoins, persuadé | ar le cardinal i m boise, qui portait toujours les intérêts cm Pape, i! y consentit; et le Pape, pour récompenser le cardinal, le lit son légat à latert dans toute la France. Louis donna ie te des troupes aux Florentins, quoique les Pisans et les Siennoislui offrissent beaucoup d'argent pour l'en détourner; mais le cardinal lui lit connaître combien il lui serait douteux de ne pas tenir les traités. Pise fut assiégée avec un très -mauvais succès, que les généraux français imputèrent aux Florentins ; ce qui refroidit le roi pour 1 cite lépubliq
Ce prince songeait toujours au dessein île Naples, et il faisait tous seselî'orts pour s'accommoder avec Maximilien : il n'en put jamais obtenir l'investiture ; mais il lit une trêve où Frédéric, roi de Naples, ne fut pas mpris. il avait encore un ennemi à craine dans la conquête de ce royaume : c'était Ferdinand, roi d'Espagne, qui, comme us i vous dit, était entré en traité avec i les VIII pour le partager avec lui.
Quoique Louis fût en état d'achever Pense de son chef, pour ne point trouver h dieu, in un tel ennemi et expédier I romptement l'affaire durant la trêve, il ai- 1 continuer le traité que Ferdi-
- ur,
ICO
•> avec la Terre de Labour it l'AbruÉxe , il lui abandonna la Poui I lel II Ca labre, voisin is de son roraume de Sicile. Les deux rois, par le traité, ne devaient ni s'entraider ni se nuire : mais Louis taisait la guerre tout ouvertement, et Ferdinand ajçis ait avec perfidie ; par avant caché son traité pendant qu'il partageait le royaume de son parent, il faisait encore semblant de vouloir le protéger contre les Français ; il envoya en Sic, le Gonsalve, qui, sous ce prétexte, se lit donner quelques •s dans la Calabre pour sûreté.
Frédéric se comportait de si bonne foi, qu'il le pressait même d'entrer dans Gaëte; mais celle place étant du partage des Français, il le refusa. Louis lit avancer en même temps sa Hotte, commandée par Philippe d • Clèves-Raveslin, et son armée de lierre, sous la conduite d'Aubigny, du comte de Cajazze et au duc 4e Valent 1 noix.
Aubigny, qui avait toute la confiance, assiégea Capoue, qu'il emporta en huit jours; Gaëte épouvantée se rendit; Naples ne fit point de résistance, et Gonsalve s'élanl déclaré, Frédéric, qui se vit accablé de toutes paris et trahi par son protecteur, n'eut plus d'espérance qu'en la générosité de Louis; il livra aux Fiançais Te château de Naples, avec ce qui était de leur partage. Les Ursins, toujours fidèles à la France, furent puissamment protégés:, elles Colonne, qui l'avaient abandonnée, fuient eux-mêmes abandonnés au Pape : Frédéric eut la liberté de se retirer à lschia, où il lit un nouveau traité par lequel ie roi victorieux lui accorda le duché d'Anjou, ayee trente mille ducats de pension , en échange de son royaume.
fin ce même temps, Louis, comte de MoiUpeusier, ayant visilé le lieu où était enterré son père, se mit dans l'esprit si vivement ce qu'il avait souffert en ce pays, et en fui tellement saisi, qu'il en mourut de douleur sur son tombeau [1501], et fit luimême regretter à tous les Français la mort queson bon naturel luiavait. causée. Gonsalve prit aisément les places de laPouille cl de la Calabre, ne trouva presque de résista:. ce qu'à Tarenle, où Frédéric avaitenvoyé son tiis Alfonse. Celte place se rendit enfin à composition, et Gonsalve, contre ie serment qu'il avait fait sur l'Eucharistie, au jeune prince, de le faire conduire où il voudrait en liberté, le retint pour l'envoyer en Espagne, où les traitements magnifiques de Ferdinand couvrirent mal la trahison qu'il lui faisait.
Après la conquête de Naples, on alla contre les Turcs, que Frédéric et Ludovic avaient appelés vainement à leur secours. Ces infidèles avaient fait une irruption fâcheuse dans le Frioul, et avaient enleyé quelques places aux Vénitiens dans le Pél jponèse. On résolut de se venger de ces insultes; mais Ferdinand ne voulut jamais donner ses vaisseaux, quoiqu'il lût entré dans la ligue. Les Français et les Vénitien assiégèrent Mélelin, capitale de l'île de Lesbos : leur mésintelligence leur causa
101 l'AHT. &II. TI1BOL. HISTORIQUE.
mauvais succès, et les Français, battus ou retour par la tempête, trouvèrent dans les poils des Vénitiens un traitement aussi rude que celui qu'ils avaient éprouvé chez les Turcs. La négociation avec Maximbien avait toujours été continuée; cl pour y moitié tin, le cardinal d'Àmboise 1 alla trouver ù Trente avec un équipage magnifique.
On ne put convenir de l'affaire de l'investiture, parce que Maximilien ne voulut jamais l'accorder aux enfants mâles du roi, s'il en avait, mais seulement aux dites qu'il avait déjà. La maison d'Autriche semblait avoir conçu le dessein de s'agrandir par des mariages. La grande puissance de Maximilien lui était venue d'avoir épousé l'héritière de Bourgogne, qui lui avait apporté de si grandes terres. Il avait l'ait épouser à son fils, l'archiduc Philippe, Jeanne, tille de Ferdinand et d'Isabelle, et héritière de leurs royaumes ; il voulait encore avoir Claude, (il le du roi, pour Charles son petitfils et fils de Philippe, dont le mariage avait déjà été résolu avec cette jeune princesse : ainsi il ne voulait accorder qu'aux tilles de Louis l'investiture du duché, afin qu'il tombât encore dans sa maison. Le roi ne voulut point l'acceptera cette condition; et le cardinal se relira sans rien faire. Il fut parlé, (■ans ces conférences, de faire la guerre aux Vénitiens, dont l'ambition choquait les deux princes, et de réformer l'Eglise, principalement dans son chef, qui troublait l'Italie et scandalisait toute l'Église.
[1502] Outre l'affaire que le roi avr.it avec l'empereur, i! lui en survint une autre de bien plus grande importance avec le roi d'Espagne. Ce prince avait dessein de se rendre maître de tout le royaume de Naples, plutôt par surprise que par force. Il avait un bon instrument de ses desseins en la personne de Gonsalve , aussi artificieux qu'il était grand capitaine: celui-ci fit naître une difficulté dans le partage des terres, prétendant qu'un canton, nommé le Capitanat, était de la Fouille plutôt (pie de l'Abruzze, comme les Français le prétendaient. Ce pays était important,' tant à cause d'une douane de grand revenu, qui y était établie pour le bétail, qu'à cause aussi que da~s i'Abruzze il n'y avait que cet endroit qui portât du blé.
La seule situation donnait gain de cause aux Français, puisque le pays contesté tenait à I'Abruzze, et qu'il était séparé de la Pouille par la rivière d'Offente. Cependant le vice-roi qui était Louis d'Armagnac, duc de Nemours, et Gonsalve, convinrent d'attendre la décision de leurs maîtres. Le roi s'était avancé à Ast pour reprimer le duc de Valei.tinois, qui, appuyé de l'autorité de son père et des armes de France, entreprenait sur tous ses voisins, et désolait toute l'Italie par sa perfidie et ses cruautés, pour satisfaire son ambition. Il avait même sous ii ain soulevé des places aux Florentins, alliés du roi. Le gouverneur de Milan avait l'ait connaître à Louis que ce duché dans la suite ne serait pas en sûreté, s'il ne re!e-
— II. HIST. l)i.
naît un homme si en i reprenant. Aussi ai il déclaré, en sortant de France, qu il allait faire la guene h Alexan Ire \ I, et qui i guerre était plus saint" contre un chant Pape que contre le Turc.
Mais le duc de Valentinois, qui n'étail pas moins arliûcieux que méchant, trouva moyen de l'a, aiseri il fut ai ié par le ca ual d'Amboise, toujours trop porté i Favoriser le Pape, dans le dessein d'obtenir de lui des grâces qui l'avançaient à la papau é, où il prétendait. Quant aux affaires ave.; Ferdinand, Louis offrit, pour les terminer, ou de rétablir Frédéric, avec qui apparemment il avait pris des mesures, ou de faire une trêve durant laquelle on terminerait a l'amiable le différend des limites.
Ferdinand, qui ne songeait qu'à ga du temps pour l'amuser et le surprendre, ne répondit rien ; mais Louis comman la à ses troupes de marcher contre les Espagnols:
ils perdirent la plus grande partie de leurs places, et Gonsalve, manquant de tout, se retira dans Barletle, où, sans ^assistance secrète des Vénitiens, il eût été sans r source : avec tout leur secours, si on i suivi le conseil d'Aubigny, la guerre eût été achevée.
Le duc de Nemours aima mieux partager ses troupes et prendre les autres villes, au lieu de s'attacher à liarîelle, d'où dépendait la décision ; ce qui donna le loisir à Gonsalve de se reconnaître. Cependant le roi, sereposant sur la trôve qu'il avait faite avec l'empereur, et croyant ses affaires très-assurées, résolut sou retour en France; il abandonna trop tôt une conquête encore assez mal affermie, et se lia trop à Maximitien, en qui il n'y avait point de sûreté.
En partant, iJ laissa des troupes au duc de Valentinois, et se chargea, en le protégeant, de la haine de ses entreprises : avant qu'il repassât les monts, ceux de Gênes l'ayant invité à venir dans leur ville, i'I y entra avec un grand appareil et y demeure: dix jours. Cependant le vice-roi agisdans la Pouille, et Aubigny dans la Calabre, où il prit Cosence, et remporta près de celte ville une victoire signalée sur les Espagnols. Ferdinand étonné chercha alors des moyens d'amuser Louis et d'arrêter ses progrès.
[1503] En ce môme temps, l'archiduc, qui avait passé de Flandre en Espagne par la France, devait retourner par le même chemin : il lui donna plein pouvoir de traiter la paix, et envoya avec lui deux ambassadeurs pour lui servir de conseil. Le prince, arrivé à Lyon auprès de Louis, fit l'accord à ces conditions que le mariage de Charles, fils de l'archiduc, se ferait avec Claude, fil iu aînée du roi, à qui il donnerait en dot le royaume de Naples et le duché de Milan; qu'en attendant (pue le n e pût s'acco
plir, les deux rois jouiraient de leur partage, et que l'archiduc aurait l'administration de la part de son beau-père, qui de venir à Charles; quo l'affaire des I traiterait à l'amiab e, et que cep
• 4 l VUKS C0MP1
pays contestés seraient séquestrés entre les n^ « i ii même archiduc.
ml i rêtées el signées . tant
r l'archiduc que par les ambassadeurs, <>n i»n même temps a Ferdinand pour la ratification , et aux deux gén raux, pour leur i s l'.n t dea i rinces, l'ordre
de surs r les hostilités. Le duc de Nemours ob h sans difficulté ; mais il n'en fut /■uir de Goi sali e : il lui était venu quelque renfort d'Espagne, el Maximilien,
vail envoyé deux mille l ., s le secours, que les Vénitiens, aussi peu i: - que lui, avaient laissés passer olfe. Il royail le peuple et celte republi . nés dea Français ; il prévoyait
aussi que nos -eus *e relâcheraient dans l'opinion de la paix; el déjà quatre mille hommes, venus nouvellement de France, s'étaient débandés, parce que les commisî, qui croyaient que dorénavant on n'aurait plus besoin de soldais, avaient négligé de les payer. Gon salve, qui était résolu de profiter de celle occasion, et qui sentait d'ailleurs les affaires d'Espagne en meilleur é al, répondit aux ordres de Philippe, qu'il ne les reconnaissait pas et n'en recevait que de son maître, soit qu'il en lût d'accord secrètement avec Ferdinand, ou qu'il le connût d'humeur à ne désavouer pas une fourberie dont le succès serait heureux.
Le vice- roi, voyant contre son attente Gonsalve résolu à faire la guerre , rappela en diligence les troupes dispersées par tout le royaume ; mais elles se trouvèrent trop faibles contre un homme qui avait pris toutes les mesures nécessaires pour les surprendre : le roi sentit aussitôt le changement qui allait arriver dans les affaires. Pour le prévenir il manda à ses généraux de tirer les affaires en longueur, et de se tenir seulement sur la défensive, jusqu'à ce qu'il eût envoyé le secours; mais Aubigny, a\ar.t cru pouvoir empocher les Espagnols de passer une rivière à trois mi lies de Séminaia, lui surpris : car pendant que leur
inl-garde l'amusait à ('opposite de la rivière, l'arrière-garde passa d'un autre côté, et prit en liane noire armée, qui, s'en étant aperçue, prit aussitôt la fuite. Aubigny se retira à Angitone, en même temps que Gonsalve sortait de Barlette, pressé, par la pesle et par la famine.
Le vice-roi, craignant qu'il ne se joignît à l'armée victorieuse, résolut de lui couper le chemin ; et comme les Espagnols marchaient à.Cerignole, il les y suivit; mais Gonsalve y arriva le premier et s'y retrancha. Le vice-roi, arrivé peu de temps après, attaqua aussitôt le retranchement. Les Espagnols eurent peine à soutenir le premier choc, el furent d'abord ébranlés; mais sur la nuit, leur gendarmerie mit noire infanterie en désorure; le vice-roi fut tué, les reprirent cœur, el l'épouvante se mit parmi nos gens, qui prirent la fuite; il y eut peu de m >nde de tué, et les Français perdirent tout leur bagage. Ces deux <!é-
rES il BOSSl il. lui
faites venues coup sur coup ruinèrent les affaires de France. Les Napolitains révoltés appelèrent Gonsalve ; les Français se renfermèrent dans les châteaux de Naples.
Averse el Capoue ouvrirent leurs portes, et Aubigny , assiégé dans Angitone * se rendit prisonnier de guerre. Cependant Yves d' A lègre jeta dans Gaëte ce qu'il put ramasser
de la déroute de nus armées.
L'archiduc, après l'accord, avait fait un petil voyage en Savoie, et avant appris la conduite de Gonsalve, il revint sans hésiter eu fiance, où il était assez embarrassé ; car Ferdinand continuait toujours à amuser Louis, et ne voulait point se déclarer sur le procédé de Gonsalve, jusqu'à ce que son gendre lui mandât enfin qu'il était résolu de ne point partir de Franco qu'il ne se fût expliqué. Alors il répondit nettement qu'tl ne pouvait accepter la paix, et il désavoua l'archiduc, qui avait, disait-il, passé son pouvoir. Sur cette. déclaration l'archiduc se plaignit hautement de son beau -père, qui avait manqué de foi; il lit voir que loin d'avoir entrepris quelque chose contre ses ordres, il les avait tellement suivis, que môme les ambassadeurs que Ferdinand av it chargés de l'affaire, avaient signé avec lui. Louis avait l'âme grande ; étant incapable de trahison1, il crut aisément que Philippe avait des sentiments semblables aux siens.
Ainsi, le voyant agité de la crainte qu'il avait qu'il ne se prît à lui de l'infidélité de Ferdinand , il l'assura qu'il n'avait rien à craindre pour lui ; qu'il lui avait donné sa parole, et que l'infidélité de Ferdinand ne l'obligerait pas à en faire une autre; au reste, qu'il aimait mieux perdre parcelle surprise un royaume qu'il saurait bien reçoit juérir, que de s'attirer, en manquant de toi , un reproche irréparable. Louis avait raison de mépriser des conquêtes faites par une perfidie; mais il n'était pas excusable de s'éire si aisément laissé surprendre.
Pouf Ferdinand, à qui ses finesses avaient, si bien réussi, il ne songeait qu'à les continuer ; ainsi il fit faire diverses propositions, enlre autres de rétablir Frédéric dans son royaume : la chose n'était plus praticable depuis le traité fait enlre Louis et Philippe ; mais Ferdinand la proposait pour brouiller ensemble ces deux princes. Le roi offensé ne voulut rien écouler, et renvoya les ambassadeurs.
Cependant Gonsalve assiégea le château Neuf, qu'il prit. par l'effet d'une mine chargée à poudre, que Pierre de Navarre fit jouer : c'était un soldat de fortune, qui avail pris ce nom parce qu'il était du royaume de Navarre. Il avait vu quelque commencement de l'invention des mines dans un siège de Génois; mais il l'avait perfectionnée, et les Français, qui gardaient le château de Naples, furent les premiers qui en senLirenl l'effet. Le château Neuf fut pris par la brèche, et les soldats furent tous prisonniers de guerre.
[1504] Après la prise du château Neuf, Gonsalve envoya Prosper Colonne clans !rA-
105 PART. XII. THEOL. UISTOlCQl F..— II. HIST. DE FRANCE. LIY. XIV.
hruzze, laissa Pierre de Navarre pour prendre le château de l'Œuf, et alla en personne assiéger Gaëlo par mer et par terre. Pierre acheva son entreprise en trois semaines par les mines, à quoi les Français n'étaient
point encore accoutumés. Peu de jours, après
la prise, le marquis de Saluées, nouveau vice-roi, parut avec le secours (pie le roi avait pu envoyer en diligence : il préparait de plus grandes choses, et il avait résolu do faire les derniers efforts pour faire sentir sa puissance au roi d'Espagne, 'qui s'était moqué de lui ; non content d'envoyer une grande armée de terre dans le royaume de Naplcs sous la conduite de la Trimouille, il résolut d'attaquer l'Espagne par deux endroits.
Albret, roi de Navarre, et le maréchal de Gié, devaient entrer par la Guyenne, et le maréchal de Rieux par le Roussillon ; une armée navale devait croiser les mers do celle province et du royaume de Valence ; mais il n'est pas si aisé de regagner un royaume que de le perdre. Le marquis de Saluées, avec sa flotte, obligea bien Gonsalve à dégager le port de Gaëtc, mais non à délivrer tout à fait la place, qu'il tenait le plus qu'il pouvait bloquée par terre. Pour la Trimouille, il se trouva fort embarrassé ; en sortant du duché de Milan , les Suisses , qui devaient fournir huit mille hommes, voyant nos affaires en mauvais état, différaient de jour en jour.
Le Pape et le duc de Valentinois avaient suivi la fortune, et on avait intercepté de leurs lettres, par lesquelles ils paraissaient être en grande intelligence avec Gonsalve. La Trimouille n'osait passer plus avant sans s'assurer d'eux, et le Pape l'amusait de propositions en propositions; mais toute cette négociation se termina par sa mort, arrivée d'une manière tout à fait tragique, et digne d'un si méchant homme. 11 avait formé le dessein avec son fds d'empoisonner le cardinal Adrien Cornet, qui avait de grandes richesses , pour profiter de sa dépouille ; pour cela, il prépara dans une vigne, près de Rome, un festin, où il convia plusieurs caidinaux et les plus grands seigneurs de Rome.
Le duc de Valentinois y envoya deux bouteilles empoisonnées, avec ordre de n'en donner que par son commandement exprès.
Le Pape étant venu le premier, fort échauffé, demanda à boire ; le sommelier se persuada que les bouteilles qu'on lui avait données en garde était quelque vin excellent, et jugeant que la défense n'était pas faite pour le Pape, il lui en donna ; comme il achevait de boire, le duc arriva et en but aussi : ils furent tous deux empoisonnés ; mais le Pape, qui était fort vieux, en mourut peu de temps après, et le duc, jeune et vigoureux, fut sauvé à force de remèdes.
A la nouvelle de la mort du Pape, la Trimouille lit avancer l'armée aux portes de Rome, où il ne put aller lui-même, parce qu'il demeura malade à Parme. A la faveur de ces troupes, le cardinal d'Amboise crut
OElVRES coiur-L. de Bossuet. XL
qu'il pouvait aisément se faire Pape; m le cardinal de Saint-Pierrc-aux-Liens , qui aspirai! comme lui à la papauté, lui conseillait d'éloigner les soldats, lui disant qu'en les retenant il mettait lui-même un obstacle a son élection ; que quand il se serait fait élire par force, son élection faite en celte sorte lui serait plutôt honteuse qu'honorable, cl ne serait pas reconnue par la plus grande partie de la chrétienté ; ainsi, qu'il n'avait qu'à faire retirer les troupes , et qu'en môme temps il serait élu tout d'une voix, sans s'attirer le reproche d'avoir violé la liberté du collège. Le cardinal d'Amboise crut ce conseil , et le cardinal de Saint- Pierre lui fit, aussitôt après, donner l'exclusion.
Les cardinaux estimaient le cardinal de Saint-Pierre; il était riche et libéral, et avait la réputation d'homme de courage et qui tenait sa parole ; mais comme sa partie n'était pas encore faite dans le conclave, il lit élire un vieux cardinal, qui apparemment laisserait bientôt la papauté vacante : ce fut François Picolomini , qui prit le nom de Pie III. Il ne tint le siège que vingt-six jours, et le cardinal de Saint-Pierre, qui avait les vœux de tout le collège, fut élu d'un commun consentement, dès le soir qu'on entra dans le conclave. L'ambition et la simplicité du cardinal d'Amboise furent la risée de toute l'Europe ; mais le roi ne sentit pas assez combien mal à propos sou autorité avait été commise en cette occasion , où les mesures étaient si mal prises.
Leduc de Valentinois avait concouru à l'élection de Jules II (c'est le nom que prit le Pape), parce qu'il avait promis de lui faire recouvrer les p'aces de la Romagne; car aussitôt après la mort d'Alexandre VI, les seigneurs étaient rentrés dans quelquesunes, et les Vénitiens en avaient envahi d'autres; mais Jules, au lieu de l'aider à les recouvrer, le fit arrêter pour tirer de lui la cession de celles qui lui restaient.
Comme les gouverneurs firent peu d'état des ordres de leur maître, parce qu'il était prisonnier, le Pape fit semblant de vouloir le relâcher et l'envoya a Ostie. Les places furent rendues à Jules; le duc ne fut délivré qu'en s'échappant de ses gardes et en se réfugiant auprès de Gonsalve, qui lui envoya un sauf-conduit ; mais il le lit arrêter maigre la parole donnée, et l'envoya prisonnier en Espagne, d'où il se sauva encore; et s'élaut réfugié en Navarre, il fut tué dans une bataille, à la tôle de quelques troupes du roi de Navarre, qui combattaient pour soumettre des rebelles qui s'étaient révoltés contre ce prince.
Cependant l'armée française avait fait quelques progrès durant la maladie de la Trimouille : le roi en a unit donné le commandement au marquis de Mautoue, étranger, Italien et ennemi irréconcilié, qui, pour ces raisons, devait être sus; ect. Au bruit de sa marche, Gonsalve abandonna les environs de Gaëte et laiss.i cette j lace eu liberté. Le marquis fit un pont sur le Gari-
VM S COMPLET! S DE UOS UET.