‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 16 sur 458 · OS · texte numérisé non relu

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ion irlillei ie, il passa ••ré à la rue de Gonsalre, qui s'était vante da l'empêcher; mais dès le jour même, il perdit la ronfianee des Fran<

e qu'ils disaient, épargné l'ennemi qu'il pouvait défaire, el il arma,

lelque temps après, qu'il abandonna l'aru ée et débaucha les Italiens, qui prirent I arti dans les troupes dea ennemis.

i marquis de Saluées, vice-roi, i rit le

oimandemenl do l'armée, et Gonsalve pour l'empêcher d'entrer plus aranl dans le royaume dans des marais, autrefois nomarais de Maintume. Il tint là l'armée de France, où elle se ruina par l'iu-

mraodité du lieu, par la rigueur de Murer et par les friponneries des commissaires qui retenaient la pave <\c* soldats. Gonsalve,

s ; . s uil'rait lioaucoup; et, comme

on lui conseillait dose retirer, il dit celte

leparo'e, qu'il aimait mieux mourir en avançant un pas contre l'ennemi, que prolonger sa vie de cent ans, reculant seulement d'une brassée. C'est ainsi qu'il iaisait i'r les Français, n'étant pas en état de les forcer; mais iï prit un chemin plus court, quand il se vit renforcé par la jonction uTrsin, qui, dès le temps d'Alexandre VI, avait abandonné le parti de France, rebuté par la protection que Louis donnait au duc de Valentinois, son ennemi, qui en était si peu digne.

Gonsalve ayant attaqué les Français ino- ( inément avec ce secours, la terreur et le désordre se mirent parmi eux. Le vice-roi fut obligé de se retirer à Gaète, et sa retraite fut si précipitée, qu'il laissa à l'ennemi une partie de son canon. Pierre de Médicis, après avoir été longtemps le jouet de la fortune, périt enfin en celte occasion, dans un bateau qui enfonça, parce qu'il était trop chargé.

Gonsalve, sans perdre de temps, alla assiéger Gaële, que la famine contraignit de se rendre. Le vice-roi avait mis dans les conditions que les prisonniers seraient mis en liberté; mais Gonsalve, fécond en expédients pour éluder les traités, exclut de la capitulation les barons napolitains qui avaient servi le roi; il acheva aisément de chasser les Français du royaume et de prendre le peu de places qui leur restaient. Les affaires n'allèrent pas mieux du côté de l'Espagne. En Guyenne, la division s'étant mise entre Albret et Gié, ils se présentèrent vainement devant Fontarabie, et retournèrent sans rien faire : en Roussillon, le maréchal de Ricux assiégea Salues; mais, après quarante jours d'attaque, Ferdinand, survenu en personne avec trente mille hommes, lui til lever îe siège. Ces tristes nouvelles affligèrent au dernier point toute La France, parce qu'elle aimait son roi ; car, au reste, le bonheur des peuples au dedans du royaume était extrême.

Au n.iiieu de tant de guerres le roi donna

ii bon ordre à ses finances, que jamais il

n'augmenta les impôts : les gens ue guerre

i faisaient aucun désordre, le commerce

était SÛr et abondant, tout le monde vivait a son aise, et le roi était appelé le Père dt la

patrie, qui est le plus beau tilre que puisse

avoir un roi, pourvu que la flatterie n'\ ait

point de part ; il avail grand soin de la juslice, et il voulait que les magistrats préposés à la rendre eussent non-seulement le savoir, mais encore la gravité convenable à une si grande charge. On remarque qu'étant entré dans un jeu de paume, il trouva des conseillers du parlement qui y jouaient ; et, comme cet exercice paraissait en ce temps plus propre aux gens de guerre qu'à ceux de leur robe, il leur dit qu'une autre fois, s'il les y trouvait, il les mettrait dans ses gardes.

[1505] Quoique les affaires du dedans fussent en si bon état, et que le roi eût acquis beaucoup de gloire à gouverner si bien son royaume, c'était une grande tache à sa réputation de laisser périr tant d'armées et de perdre tant de conquêtes; il sentit alors ce que c'était que de se laisser gouverner, et. résolut d'agir par lui-môme : car quoiqu'il y ait un ministre habile et bien intentionné, les affaires vont toujours mal, quand le prince s'en remet aux autres. Louis s'était reposé sur son ancienne réputation et sur Jes conquêtes qu'il avait faites au commencement de son règne, et il ne considérait pas qu'il ne sert de rien d'acquérir, si l'on ne conserve.

Quand le malheur fut arrivé, il en eut une si grande mélancolie, qu'il tomba dangereusement malade, jusque-là qu'Anne sa femme désespérant de sa vie, songeait à sa retraite en Bretagne, et, toute prête à partir, elle y envoya d'avance son équipage. Depuis sou mariage, arrêté avec Maximilien, elle avait toujours conservé beaucoup d'attachement pour les princes dAutriche, et avait formé en leur faveur des desseins contraires aux intérêts de la France ; c'est pourquoi le maréchal de Gié se résolut d'arrêter ses gens sur le passage : la reine, indignée qu'un homme né son sujet se fût opposé à ses desseins, ne voulut jamais lui pardonner, et persécuta tellement le roi, qu'il eut la faiblesse de faire faire le procès au maréchal, malgré le zèle qu'il avait témoigné au bien de 1 Etat ; mais le parlement de Toulouse, à qui il fut renvoyé, malgré toute sa rigueur, ne trouva matière de le condamner qu'à se retirer de la cour.

Après la convalescence de Louis, on tint des conférences pour traiter de la paix entre lui et Ferdinand. Il s'était fait une trêve \ aile moyen de Frédéric,que Ferdinand flattait toujours de l'espérance de le faire rétablir dans son royaume : et en effet il mettait son rétablissement en tête des propositions qu'il faisait au roi ; mais Louis s'étant aperçu qu'il ne le faisait que pour le brouiller avto l'archiduc, rompit tout le traité avec lui et fil la paix avec l'empereur, et par cette paix on renouvelait les conditions du premier traité du mariage de Clîarles avec Claude, fil e aînée du roi : et si elle venait à décéder, on luiaccordait llcnéc sacad ne £ux mêmes

PART. XII. TIIEOL. HISTORIQUE. — II. HISTOIRE DE FRANCE. I.IY. XIY. M '

conditions : l'empereur consenlil enfin à donner a Louis el à ses enfants, même aux mâles, s'il en avait, l'investiture du duché de Milan, moyennant soixante mille ducats comptant et soixante mille autres payables six mois après.

Le roU devait encore fournir cinq cents lances à l'empereur, quand il irait se faire couronner, el lui donner tous les ans, en reconnaissance, une paire d'éperons d'or : il était permis au roi d'Espagne d'accepter la paix dans un certain temps; mais en cas qu'il la refusât, il n'était pas spécifié si le roi pourrait lui faire la guerre.

En ce temps arriva la mort de Frédéric, et, ce qui fut plus considérable, celle d'Isabelle, reine de Castille. Ce royaume revenait à l'archiduc Philippe, du côté de Jeanne, sa femme, comme héritière de sa mère, et Ferdinand était réduit h son ancien royaume d'Aragon; mais comme Isabelle lui avait laissé par testament l'administration de la Castille, il se mit en état de la conserver, malgré son gendre, dont il commença à redouter la puissance.

Ce changement des affaires fit prendre de nouvelles mesures à Louis. Philippe, fils de l'empereur, seigneur des Pays-Bas, roi de Castille, successeur et gendre du roi d'Aragon, était redoutable par lui-même, et plus encore par son alliance avec Henri Vil, roi d'Angleterre, dont le fils aîné, nommé Arthus, avait épousé Catherine, sœur de sa femme. En cet état, Louis, qui n'avait jamais pu trouver aucune sûreté avec l'empereur, avait beaucoup à craindre du roi de Castille son fils, et en demeurant encore en guerre avec Ferdinand il eût eu trop d'ennemis à combattre : ainsi il se résolut à faire la paix avec le dernier, qui avait aussi ses raisons pour la souhaiter, et qui, désirant de se marier pour avoir des enfants mâles, fut bien aise d'épouser Germaine de Foix, nièce de Louis, fille de Marie sa sœur, et de Jean de Foix, vicomte de Narbonne.

En faveur de ce mariage, Louis donna à sa nièce sa part du royaume de Noples, qui devait demeurer à Ferdinand, si Germaine mourait devant lui sans enfants; et revenir à Louis, si Ferdinand mourait devant elie. Ferdinand donnait à Louis une grande somme pour les frais de la guerre, et s'engageait à rétablir les barons napolitains qui avaient servi la France; il promettait d'aider Gaston de Foix, neveu de Louis et frère de Germaine, à recouvrer la Navarre sur Catherine de Foix, sa cousine, et son mari, Jean d'Albret. Ces deux rois faisaient ensemble une ligue défensive, et le traité marquait le secours qu'ils se devaient donner l'un à l'autre étant attaqués.

[iaG(j] Cependant Philippe alla en son nouveau ro\aume avec la reine sa femme: les Castillans s'attachèrent à leur princesse naturelle et à son mari, jeune prinoe agréable de corps et d'esprit ; de sorte que Ferdinand fut contraint de lui abandonner la Castille. Aussitôt après, il alla a Naples, où il soupçonnait que Gonsalve voulail se rendre le

maître ; toute l'Italie lui e»TOya den imba ■-

sadenrs, cl la limite opinion qu'oïl avait < eue do sa prudence en faisai attendre à tout le monde de grands effets: mais ils do répondirent pas à l'alleute qu'on en avait. Lis peuples ne furent 'pas soulagé-, el la noblesse fut mécontente, parce que Ferdinand récompensa mal ceux qui l'avaient servi, et ne rétablit pas tout h fait, comme il était obligé, ceux qui avaient servi la Frai,

Cependant le roi voyant la puissance de Maximilien devenue redoutable par relie de son fils, rechercha l'amitié du Pape en lui proposant de se joindre à lui contre les Vénitiens, usurpateurs de la Romagne. Le Pape avait mécontenté le roi, tant en disposant, sans sa participation, des bénéfices du Milanais, qu'en lui refusant le chapeau de cardinal pour deux évoques, l'un neveu du cardinal d'Amboise, et l'autre de la ïrimouille; mais de plus grands intérêts les firent réconcilier, quoique l'effet de leur accord [fût plusieurs fois suspendu. Selon que Louis craignait plus ou moins, Maximilien donnait plus ou moins de secours au Pape, en sorte qu'il ne pouvait rien entreprendre contre les Vénitiens ; et même Maximilien ayant fait savoir à Louis qu'il voulait aller à Rome pour se faire couronner, et lui ayant demandé non-seulement les cinq cents lances promises par le traité, mais encore qu'il lui avançât les soixante millo ducats dont le terme n était pas encore échu, il refusa Je dernier; et en faisant l'autre, comme il y était obligé, il prit secrètement des mesures avec les Vénitiens pour empêcher Maximilien d'enlrer en Italie.

Ce qui arriva dans le même temps augmenta beaucoup l'aigreur des deux princes, car Louis fiança a F:ançois, comte d'Angoulême, héritier présomptif de la couronne, Claude, sa fille aînée, promise par tant de traités à Charles, fils du roi Philippe.

Toute la France avait crié contre ce mariage, qui aurait transporté à la maison d'Autriche les droits de Claude sur les duchés de Bretagne et de Milan, et aurait peulêtre donné à Charles une occasion de prétendre même à la couronne de France, prétention chimérique à la vérité, dans un royaume où jamais fille n'a succédé, mais qui donnait à un prince, d'ailleurs si puissant, un prétexte éternel de faire la guerre: c'est pourquoi les grands du royaume et les plus notables personnages assemblés a Tours , supplièrent le roi de rompre un traité si ruineux à son Etat, el si peu sûr en la personne de Maximilien et de Ferdinand, qui l'avaient toujours trompé, et de donner la princesse à son successeur, pour tenir unis à la couronne les Elats dont elle héritait. Louis se rendit à ces raisons, cl I assa par-dessus toutes considéra. ions pour contenter ses sujets.

Le Pape jugeait bien, après cela, que le roi, que cette rupture chargeait de tant li'ennemis, ne songerait pas a Venise; mais ii s'ennuyail de ne rien faire, et i. entreprit de réduire Pérouse et Cologne. Il fit tant

m uti \i.i s coj

r le 9 |uoiqu'il en lui

I il Baglione, seigneur de \s , qu'il le i« ii lil de pure frayeur, un -i bon sut i es, il poursui\ il cbau- D igneur de Bologne ;

il lui eu lé i ar les l ; - dans celte conquête.

i aumont déclai livoglie qu'ilavait

de l'attaquer ; el celui-ci, qui n'ai s i u d'autre i rolecleur que le nu, quand il le mi contre lui, lui trop heureux :i abandonnant celle place, le ii os ri sa personne. Jules lit Chaumonl qui l'avait m i ien servi, èi lui promit le chapeau pour d frère l'évoque orAJbi : ainsi, eu loulcs ;ageail dans ses intérêts le cardinal d'Amboise, leur oncle. Mais pour l'obliger davantage, il s'expliqua sur les i i bapeaux demandés, dont il y en avait iin pour un autre neveu du cardinal ; mais il s'expliquait par degrés, et savait ménager - grâces; car il promit d'abord les chapeaux, ensuite il en lit expédier les brefs, s déclarer les personnes ; enfin il acheva l'affaire en les nommant publiquement, et autant de pas qu'il faisait, aulant il tirait de nouvelles faveurs de Louis, qui se laissait mener par les plaisirs qu'on faisait à son ministre. Jules lui accorda en même temps la disposition des bénéfices du Milanais.

[1507] Mais pendant qu'il le favorisait en apparence, sous main il s'entendait avec l'empereur, pour lui susciter des affaires et lui révolter les Génois : cette révolte arriva à l'occasion des vieilles factions qui partageaient la ville, et principalement de la jalousie immortelle entre Ja noblesse et !e peuple, sur le sujet du gouvernement : le peuple se souleva, et s'élant rendu le plus fort, après avoir massacré beaucoup de noblesse, il créa desjmagistrats à sa mode, de la lie du peuple. Raveslin , que le roi avait laissé pour gouverneur, fut contraint de condescendre au désir de la populace victorieuse, qui, enllée de ce succès, secoua le joug tout à fait, et contraignit le gouver- ' neur à se retirer. Les Français qui étaient restés dans le château furent tués avec leur commandant, et le peuple demeura le illre. Mais le roi ne laissa pas longtemps cet attentat impuni, et résolut de marcher à Gènes avec une puissante armée.

Le Pape lit ce qu'il put pour le détourner de cette entreprise, qui reculait si loin celle qu'il désirait tant contre les Vénitiens. Et les Génois ayant prolesté d'abord que si le roi voulait seulement autoriser le gouvernement établi, ils demeureraient soumis, l'affaire fut prête à s'accommoder; mais ces i pies séditieux ayant fait de nouvelles les, Louis, sans rien écouler, marcha conlre eux. Sur cela, le Pape irrité se mit uans l'esprit que le cardinal d'Amboise, réu de l'empoisonner pour prendre sa place, faisait avancer le roi pour ce dessein; il auffa en même temps Maximilien déjà aien lui écrivant que cet armement et le

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