EPISTOLA LXXVII
MCI.DEtNSIS CASTOR1ENSI.
Rcsponsionem ad Spondii episiolam eximie nrob'at ; quantum optet ut idem auctor lil.rum cui titulus : « La Politique du clergé de France, » confutet, satis denuntial ; pro e.rporlando in Suedam Ejposilionia libello, novis urget horlamcnlis.
Accëpi equidem luculentam, alqnc onmi elegantia et eruditione refertain responsionera ad Spondii episiolam ; ac velim mulla bujtrs praBclarissÏMii lihelli exemplaria ad nos peivenianl. Libellum cui litulus : La Politique du clergé de France, utinara il le confutet qui episiolam Spondii tantis jam viiihus, tantaque eruditione confecit (200). Te vero e;iam atque etiara rogo, praesul illustrissime, ut hujus raihi responsionis copiam facias, ubi erit édita. Gonfido enim l'ore ut mendaciorum pudeat auclorem etiam ipsum, si res accurate exponatur; quoque ille liher majore est arte conlexlus ad capiendas levés imperitasque animas, eo magis necesse est ut ejus fraudes publiée détenant ur.
De Spanhemio videro quid agendum, ubi per olium licuerit : tuis certe consiliis ol)tcmperatnrum me [«roliteor. Urgel illustrissimus atque excellentissimus régis nos tri in Suecia legalus, ut ad eam regionera nostra) Expositionis Latine versio deferatur; pi urim unique in ea re momenti ponit, ac rerura necessitudines excilandœ fidei opportunissimas esse scribit.
Pro le etiam atque etiam, utSedis apostolicee huilas prope diem exspectantem, atque ad episcopale opus se accingentem precibus tuis subleves, ut exemplo incendis. Me vero ne dubiles surama cura reverentia el esse et fulurum, illustrissime piaesul, libi obedicnlissimum et conjunctissiraum.
J. Benignum, Episc. Condomensem, Meldensera designalum (201).
LETTRL LXXVIH.
A lit. DIR01S, DOCTEUR DE SORBONNE.
// lui annonce son dernier ouvrage, qu'il lui recommande auprès des savants de Rome,
(19!J) Hujus lihelli aurinr ertl Ani.Vûus; sic inscriiitMS esl : Remarques sur tuie lelirc de M. S/iuit.
(11)7) Aucioie Juricu.
(I9S) Arnaî.lus, qui Jur i libniw coiifiilav il. np->re
c«liw. sKhlmc ilulo : .\po!»q c ttour lesCalholiiiurs.
P-ul.) âme, scilx.l 2 Uaii, lîossacl de^i^na-
l;is fneral episcopus Meldensis.
(200) Anialdus-
(2011 Dies non est aj .posilus: cer'e tamen scripla esi episiola hichsc Juuio, pryccedenirque respou-
<let.
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
8ÏM
et le prie de travailler à lui obtenir le gratis de ses bulles.
Je n'ai pas eu le loisir, Monsieur, dans les derniers ordinaires , de vous donner de mes nouvelles : vous en aurez appris de Mgr. le cardinal d'Estrées.
J'espère que quelque jour vous viendrez produire à Germigny (202) quelqu'un de ces grands ouvrages (203) que vous méditez pour l'unilé de l'Eglise.
Je vous enverrai, par la première commodité, un ouvrage (204) que j'ai donné depuis pou : j'en ai envoyé quelques exemplaires à Rome par les derniers ordinaires ; j'en destine un à la bibliothèque Vatieane. Faites-le un peu valoir aux savants de Rome et de l'Italie, parmi lesquels votre savoir vous donne tant de créance.
Aidez-moi de vos offices auprès de messei^neurs les cardinaux, et faites-moi la grâce d'entrer dans ce que feront pour moi Mgr le cardinal et M. le duc d'Estrées, qui trouveront en vous un agréable exécuteur des ordres qu'ils auront à donner pour mes intérêts (205). Je m'y attends, et suis trèsparfaitement, etc.
A Versailles, ce 23 mai 1681.
A M. DE RANCÉ, ABBÉ DE LA TRAPPE
Sur un ecclésiastique que cet abbé l'avait prié d'ordonner, et sur le projet d'une retraite ï la Trappe, pour se préparer aux fonctions de l'épiscopat.
J'ai reçu, Monsieur, trois lettres de vous depuis environ quinze jours. La première parlait de mon livre (206) avec les sentiments ordinaires de la bonté dont vous m'honorez. La seconde regardait une ordination faite par M. de Séez à voire prière. J'écris à ce prélat que je lui en suis obligé et de la civilité qu'il me fait sur cela. La troisième, qui ne m'a été rendue qu'hier seulement, par la voie du grand couvent des Carmélites, était du 21 du passé.
Sur votre témoignage, je ne ferai aucune difficulté d'ordonner l'ecclésiastique dont vous me parlez, à moins que je n'y reconnaisse des empêchements que vous pourriez ne savoir pas; ce que je ne présume point : et au contraire, je sens une secrète consolation que le premier homme dont on me parle pour l'ordination, soit approuvé de vous. La promesse que vous me faites de prier Dieu qu'il me conduise dans les fonctions de l'épiscopat, m'est d'un grand soutien ; mais vous n'en serez pas quitte oour cela.
(202) Maison de campagne dépendante de l'évéclic «le Meaux, ?uquel Bôssuel éiuit alors nommé.
(205) M. Diroiâ a donné au public plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue celui qui :i pour litre : Preuves cl préjugés peur lu relit/ion chrétienne ft catholique , contre les fausses religions cl /'«ihèisme.
(2<!4) Son Discours sur l'Histoire universelle.
(i\}">) Il y a toute apparence qu'il s'agit ici d'ob-
11 y a dix ans que j'eus dans l'esprit qne, si Dieu me remettait en charge dans son Eglise, j'aurais deux choses à faire : l'une d'aller passer quelque temps en action avec feu M. de Châlons (207), l'autre, d'aller aussi passer quelque temps en oraison avec \ous. Dieu m'a privé du premier par la mort de ce saint prélat : je vous prie de ne me refuser pas l'autre. J'accompagnerai mon voyage de toute la discrétion possible ; et comme j'ai des raisons pour aller en Normandie, ce voyage couvrira celui de la Trappe. Il n'y aura que le roi seul a qui il faudra le dire, et qui très-assurément le prendra bien. Mon cœur est rempli de joie quand je songe à l'accomplissement de ce dessein : je vous supplie de l'agréer. Si vous me faites cette grâce, aussitôt que j'aurai réponse de Rome, je disposerai mes alfaires au départ. Je suis, Monsieur, de tout mon cœur à vous.
A Paris, ce 22 juin 1681.