EPISTOLA XC
CASTOKIENSIS 31ELDENSI.
De Apologia pro catkolicis ab Anuildo édita, et Oralione Meldensis in llistcriam unicersalem.
En Apologiam ejus Cleri (216), eujus lu pars magna ac <iecus es. Quamvis nullus dubito quin ejus auclor (217), pro suo in te studio, curam gerat ut aliquod ejus exemplar ad te perveniat, mei tanien oiiicii esse credo, illud libi, domine illustrissime, mitlere; si forte auclor isti oflkio non tam prompte satisfaire valeat.
Cum mei cordis non parva lœlilia percepi, dum Apologiam statu evolverem, islos dclectionis et rcveivntia? ardores, quibus clarissimus scriplor suum principe m , et Ecclesiee Gallicans) famam, conira hœrelici hominis calumnias tuelur. Tanto illi ardores in eo magis laudandi, quanlo eos ferventes servat in ter cas iniserias quas peregrinus, vix habens ubi capul reclinel, quottdie patitur.
Tu us, prœsul illustrissime, Discursus de Historia universali eodein 1ère tempore Amsterodami et Ha0a)-Comitis impressus
(21£>) A M. Na/.zari, auteur de la iradiiclion ililieiiue ite son Exposition.
r2H>) Advenus librum Jurii cui liuilus : La Pub-
lique du clergé de France, de quo supra, episl. 7ti.
{ï\l} Arnàldus.
OMI l ETES DE BOSSUET.
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fuii. \ aadibilior liber »ii ropentur; laula litate al) omnibus liicerailur.Sper » quod
ad min arum proticiet salulero, et quod i>"i
miï ■ le Ecclesiœ .lin servabil
olumera, ni diu rainislerio lingueo ci ca-
iami cam voleas œ lificare.
: Noreuib. 1681.
ai cuiiiiN m d'estréks.
Il lui parle des difficultés ou'on avait propo-
■ ts sur quelques endroits de son sermon,
■ rononcé à l'ouverture de rassemblée de 1681 ; lui rend compte des vues et des motifs qui Vont dirigé, dans la composition de cette pièce, it fait voir combien les Romains seraient peu fondés à s'en plaindre.
J'envoie, Monseigneur, h voire Eminenee le sermon (218) de l'ouverlurc sortant do dessous la presse, el avant qu'il soil publié. Je suis bien aise que votre Eminenee le lise avant qu'il ait été vu à Rome, et qu'elle soit instruite de tout. Je suis lâché de ne nfèlre pas avisé de l'envoyer manuscrit: mais j'avoue que cela ne m'est pas venu dans la pensée, et qu'en général je ne m'avise guère de croire que de telles choses méritent d'êlre envoyées à des personnes de votre importance.
Afin que vous soyiz instruit de tout le fait, je lus le sermon à M. de Paris (219) et a M. <îe Reims (220) deux jours avant que de le prononcer. On demeura d'accord qu'il n'y avait rien à changer. Je le prononçai de mot à mot comme il avait été lu. On a souhaité depuis de le revoir en particulier avec plus de soin, afin d'aller en tout avec maturité. 11 fut relu à MM. de Paris, de Reims, de Tournay (221) pour le premier ordre ; et pour le second, à M. l'abbé de Saint-Luc, et a MM. Coquelin, chancelier de Noire-Dame; Gourcier, théologal; et Faure. On alla jusqu'à la chicane; et il passa tout d'une voix qu'on n'y changerait pas une syllabe. Quelqu'un (222) dit seulement, à l'endroit que\ vous trouverez, page ko, où il s'agit d'un pa.-sage de Charlemague, qu'il ne fallait pas dire comme il y avait -.plutôt que de rompre avec elle: mais, plutôt que de rompre avec f Eglise, Je refusai ce parti, comme introduisant une espèce de division entre l'Eglise Romaine et l'Eglise en général. Tous furent de mon avis, el même celui qui avait fait la difficulté. La chose fut remuée depuis par le même, qui trouvait que le mol de rompre lit trop. Vous savez qu'on ne veut pas toujours se dédire. Je proposai, au lieu do rompre, de mellre rompre la communion, ce qui était, comme vous voyez, la même chose: la dilficullé cessa à l'instant. Le roi a voulu voir le Sermon : Sa Majesté l'a lu loulentier avec beaucoup d'alleniion, et m'a
-iS, Ce sermon est imprimé dans le VHC vélums o • telle édition.
(-2*!*) François de Harlay de Clianvaloi . e2-20) '.Jliailes-Maurice Le Tellier.
l'ait l'honneur de me dire qu'elle en était très-contente, et qu'il le fallait imprimer. L'assemblée m'a ordonné de h: faire (223), elj'ai obéi.
J'ai l'ail celle histoire h voire Emmenée, par- e que le bruit qui s'est répandu, qu'on trouvait de la difficulté sur le sermon, j ourra:l avoir élé jusqu'à elle ; cl qu'il faut qu'elle soil instruite qu'il n'y a eu île difficulté que celle-là, qui n'en est j as une II y a eu certains autres petits incidents, mais qui ne sont rien, et qui ne valent pas la peine d'èlre écrits à votre Eminenee, Lu revoyant tout à l'heure l'endroit du sermon que je viens de citer, je remarque qu'on a mis en italique quelque chose qui n'y doit pas être; et je ferai faire un carton pour le corriger, afin que tout soit exact.
Pour venir maintenant un peu au fond, je dirai à voire Eminenee que je fus indispensabloinent Obligé à parler des libertés de l'Eglise gallicane: elle voit bien à quoi cela m'engageait : et je me proposai deux choses : l'une, de le faire sans aucune diminution de la vraie grandeur du Saint-Siège; l'autre, de les expliquer de la manière que les entendent les évoques, et non pas de la manière que les entendent les magistrats. Après cela, je n'ai rien à dire à votre Eminenee: elle jugera elle-même si j'ai gardé les tempéraments nécessaires. Je puis dire en général que l'autorité du Saint-Siège parut très-grande à tout l'auditoire. Je [tris soin d'en relever la majesté autant que je pus; el en exposant avec tout le respect possible l'ancienne doctrine de la France, je m'étudiai autant à donner des bornes à ceux qui en abusaient, qu'à l'expliquer elle-même. Je dis mon dessein : votre Eminenee ju0era de l'exécution.
Je ne lui fais pas remarquer ce que j'ai répandu par-ci par-là, pour induire les deux puissances à la paix : elle n'a pas besoin d'être avertie. Je puis dire que tout le monde jugea que le sermon était respectueux pou- elles, pacifique, de bonne intention : et si l'elfe t de la lecture est semblable à celui de la prononciation, j'aurai sujet de louer Dieu. Mais comme ce qui se lit est sujet à une plus vive contradiction, j'aurai besoin que votre Eminenee prenne la peine d'enlrer à fond dans tous mes motifs, et dans toute la suite de mon discours, pour justifier toutes les paroles sur lesquelles on pourrait épiloguer. Je n'en ai pas mis une seuie qu avec des raisons particulières, et toujours, je vous l'assure devant Dieu, avec une intention très-pure pour le Saint-Siège et pour la paix.
Les tendres oreilles des Romains doivent être respectées; et je l'ai fait de tout mon cœur. Trois poinls les peuvent blesser:
l'indépendance de la temporalité des rois, la juridiction épiscopale immédiatement de
(221) Gilbert de Chois. -ni du Plessis Pra lin.
(222) L'archevêque de Paris.
(223j Ce sermon ne fui rendu public qu'au mois
de janvier 1682.
ne,:;
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
Jésus-Christ, et l'auloiilé des conciles. Vous savez l'ion que sur ces choses on ne biaise ■point en fronce; et je me suis étudié à parler do sorte que, sans trahir la doctrine de l'Eglise gallicane, je pusse ne point offenser la majesté romaine C'est tout ce qu'on peut demander à un évêque français, qui est obligé par les conjonctures à parler de ces matières. En un mot, j'ai parlé net ; car il le faut partout, et surtout dans la chaire : mais j'ai parlé avec respect; et Dieu m'est témoin (jue c'a été à bon dessein. Votre Eminence m'en croira bien : j'espère même que les choses les lui feront sentir, et que la bonlé qu'elle aura de les pénétrer lui donnera le moyen de former la bouche à ceux qui pourraient m'altaquer.
Sur ce qui regarde l'autorité du concile et du Pape, je crois devoir faire observer à Votre Eminence ce que j'en ait dit dans YExposition (art. 20, tom. I", col. 1165), et dans Y Avertissement qui est a la tête. Votre Eminence se souvient de l'approbation donnée à Rome à Y Exposition, puisqu'elle a contribué elle-même à me la procurer. La version italienne a laissé l'article sans y rien toucher; et le Pape n'en a pas moins eu la bonté d'autoriser ma doctrine. Pour ce qui est de Y Avertissement, j'ai aussi pris la liberté de l'envoyer à Sa Sainteté, qui m'a l'ait l'honneur de m'écrire, par son bref du 12 juillet 1G79, qu'elle avait reçu cet Avertissement, et même de lui donner beaucoup de louanges. Voici les termes du bref: Accepimus libellum de Expositions fulei catholicse, que m pia, eleganti, sapienlique, ad hœrelicos in viam salutis reducendos, oratione auclum,'reddi nobis curavit fraternilas tua. Et quidem libenti animo confirmamus libères laudes, quas libi de prœclaro opère merito tribuimus, et susceptas spes copiosi fruclus exinde in Ecclesiam profecturi.
Après cela, Monseigneur, je ne dois pas être en peine pour le fond de ma doctrine; puisque le Pape approuve si clairement qu'on ne mette l'essentielle autorité du Saint-Siège que dans les choses dont tous les Catholiques sont d'accord. Tout ce qu'on pourrait dire en toute rigueur, c'est qu'il n'est pas besoin de remuer si souvent ces matières, et surtout dans la chaire, et devant le peuple : et sur cela je me condamnerais moi-même, si la conjoncture ne m'avait forcé, et si je n'avais parlé d'une manière qui assurément, loin de scandaliser le peuple, l'a édifié.
J'ai toujours eu dans l'esprit qu'en expliquant l'autorité du Saint-Siège, de manière, qu'on en ôte ce qui la fait plutôt craindre que révérer à certains esprits, cette sainte autorité, sans rien perdre, se montre aimaible à tout le monde, même aux hérétiques et à tous ses ennemis.
Je dis que le Saint-Siège ne perd rien dans les explications de la France, parce que les ultramonlains même conviennent que, dans les cas où elle met le concile au-dessus, on peut procéder contre le Pape d'une autre manière, en disant qu'il n'est plus Pape: de sorte qu'à vrai dire, nous nedisputons pas
OEuyres coupl. ne Bossi'FT. Xî.
tant du fond que de l'ordre de la procédure; cl il ne serait pas difficile de montrer que la
procédure que nous établissons, étant restreinte, comme j'ai fait, Au cas du concile de Constance, est non-seulement plus canonique et plus ecclésiastique, mais encore plus respectueuse envers le Saint-Siège, et plus favorable à son autorité.
Mais ce qu'il y a de principal, c'est que les cas auxquels la France soutient le recours du Pape au concile sont si rares, qu'à peine peut-on trouver de vrais exemples eu plusieurs siècles : d'où il s'ensuit que c'est servir le Saint-Siège, que de réduire les disputes à ces cas; et c'est, en montrant' un remède à des cas si rares, en rendre l'autorité perpétuellement chère et vénérable à tout l'univers.
Et pour dire un mot en particulier de la temporalité des rois, il me semble qu'il n'y a lien de plus odieux que les opinions des ultramonlains, ni qui puisse apporter un plus grand obstacle à la conversion des hérétiques ou infidèles. Quelle puissance souveraine voudrait se donner un maître qui lui pût, par un décret, ôter son royaume? Les autres choses que nous disons en Franco ne servent pas moins à préparer les esprits au respect dû au Saint-Siège, et c'est, encore une fois, servir l'Eglise et le Saint- Siège, que de les dire avec modération. Seulement il faut empêcher qu'on n'abuse de cette doctrine; et j'ai lâché de le frire autant que j'ai pu : ce qui doit obliger du moins au silence, et à nous laisser agir à notre mode, puisqu'au fond nous voulons le bien.
Je demande pardon à Votre Eminence de la longueur de cette lettre. Mais quoiqu'elle fasse assez ces réflexions, et de beaucoup meilleures, et par elle-même, j'ai cru que, s'agissant ici de mes intentions plus que do toute autre chose, je pouvais prendre la liberté de les lui expliquer. Au surplus, nous autres qui sommes de loin, nous discourons à notre mode, et souvent en l'air. Votre Eminence, qui voit tout de près et à fond, sait précisément ce qu'il faut dire, etc.
A Paris, ce 1er décembre 1081 .