‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 178 sur 458 · A M. DIROIS, DOCTEUR DE SORBONNE · texte numérisé non relu

A M. DIROIS, DOCTEUR DE SORBONNE

Sur une affaire qu'un ecclésiastique avait à la Pénilencerie.

Après un si long silence, je ne laisse pas, .Monsieur, de recourir à vous avec autant de confiance que si je vous entretenais tous \i'S jours: je connais votre cœur et j'en ai trop éprouvé la générosité pour en douter.

Il s'agit d'une affaire que j'ai fort à cœur : vous en verrez le récit et l'état dans les mémoires (258) que j'envoie à Son Eminence, que je prie de vous les donner à examiner. La difficulté qu'on fait à Rome serait, à mon avis, bientôt levée, si l'on connaissait le mérite et la vertu des personnes dont il est parlé, aussi parfaitement que je les connais. Le prélat est à présent devant Dieu, et je le crois bienheureux. Jamais il

(256) Arnaldus.

[*i:>~) M'alebranchii.

(2Ô8) Nous n'avons point ces mémoires qui pourra eut no-is instruire de la nature de cet»e affaire, et nous l'aire connaître les pei sonnes qu'el e lézardait. Les letties suivantes nous apprennent

n'y eut de plus pures intentions que les siennes : celles de l'ecclésiastique dont il §*agit ne sont pas moins saintes. Je suis assuré que l'un et l'autre auraient eu horreur de la moindre pensée de simonie ou de confidence; et ;i l'affaire m'était renvoyée, je ne ferais nulle difficulté de les absoudre sur cet exposé. Je vous dis cela, seulement pour vous convaincre combien je me tiens assuré de l'innocence du procédé de ce bon piètre. Mais comme il s'agit de persuader les officiers de la Pénilencerie, qu'on a trouvés jusqu'ici fort rigoureux , j'ai recours au crédit de Mgr le cardinal, à qui je vous prie de rendre compte de cette affaire. Faites-moi le plaisir de vous employer auprès de vos amis à la faire réussir, et de nous mander en quoi l'on met la. difficulté; afin que nous voyions ce que nous pouvons dire pour l'éclaircir : vous ne saurez jamais m obliger dans une occasion où je sois plus aise de réussir.

J'ai vu avec plaisir, dans des lettres de vos amis, des marques de votre souvenir qui me sont très-chères. Je me suis aussi trèssouvent entretenu avec vous , et j'ai lu avec grand plaisir votre ouvrage sur la religion. J'ai vu aussi dans vos lettres un projet de réponse sur nos quatre articles, (pie vous pourriez exécuter mieux que personne. Donnez-moi un peu de vos nouvelles , et que ce me soit ici une occasion de rentrer dans un commerce qui me sera toujours lrès-a0réable. Je suis de tout mon cœur, etc.

A Germi0ny, ce 12 août 1684.

A M. DE RANGÉ , ABBÉ DE LA TRAPPE

Sur la mort de trois des principaux amis du prélat.

J'ai reçu votre lettre, Monsieur, et la prière de Muguet. Quant aux autres choses dont vous m'écrivez dans vos deux lettres, on n'y pourra penser qu'au retour de M. de Reims, qui est dans ses visites , et après que j'aurai achevé celles que je m'en vas continuer. Je pars dans deux heures, et je n'ai pas loin à aller: mais le reste sera fort pénible, par certaines dispositions qu'on me mande. Je> recommande a vos prières trois de mes principaux amis, et ceux qui m'étaient le plus étroitement unis depuis plusieurs années, que Dieu m'a ôtés en quinze jours par ries accidents divers. Le plus surprenant est celui qui a emporté l'abbé de Saint-Luc, qu'un cheval a jeté par terre si rudement qu'il en est mort une heure après, à trente-quatre ans. fl a [iris d'abord sa résolution, et n'a songé qu'à se confesser; et Dieu lui en a fait la grâce. Les deux autres (259) se sont vus mourir, et ont fini comme de vrais Chre-

qu'il s'agissait de permettre à cet ecclésiastique de posséder plusieurs bénéfi es qui, tous lé.nus, ne produisaient qu'environ 1200 \ï\. de revenu.

(ic9) M. de Vares, garde de la bibliothèque du ioi, et M. de Corde». oy, lecteur de M. le Dauphin, morto l'un ci L'autre en iGSi.

1 QEl'VRES COMPLETES DK DOSSUET.

lions. Co coup esl sensible, el je perds un - . m s. Cola n'empêchera pas que je

« nlinueceque je vous ai dit, priant Dieu que si c'esl pour sa gloire, il me soutienne lui seul, puisqu'il môle tout le reste. Vos prières : loul à vous. MM. île Fleurv et Jaui) h , qui sont venus me consoler, vous saluent.

A Meaux. ce -2'6 octobre 168V.

A M. DIUOIS, DOCTELR DE SORB0NNE.

Sur f affaire portée à la Pênitencerie , et sur

on traité imprime en Espagne contre les quatre Articles du clergé de France.

J'ai reçu, Monsieur, l'expédition de la Péuilencerie.Je n'ai pas su encore de celui qui

la demandait ce qu'elle a opéré, et si elle a tout à t'ait calmé sa conscience. J'ai joint h celle expédition l'endroit de votre lettre, où vous dites lout ce qu'il faut pour lui ôter lout scrupule. Je vous rends grâces de tout mon cœur de tout le soin que vous avez pris de celte affaire. J'attends avec impatience ce (jue vous me faites espérer.

J'ai vu un traité imprimé en Espagne contre nos articles : je ne me souviens pas s'il porte le nom du P. d'Aguirre (2-30) : mais il a bien le caractère que vous lui donnez, d'être, surtout pour ce qui regarde la temporalité, beaucoup plus outré et plus emporté que Bellarmin. J'ai su aussi, par une relation assurée, que cet écrit, c'est-à-dire celui que j'ai lu, avait été déiendu par une ordonnance du conseil d'Espagne : si vous en savez davantage, vous me ferez plaisir de me l'écrire.

Je me prépare à aller saluer le roi à Versailles, où il arrivera demain. Je vous supplie d'assurer Son Eminence de mes respects, et de la reconnaissance que j'ai de la part qu'elle prend aux. affaires de mes amis, que je recommande. Je suis à vous, etc.

A Meaux, ce li novembre 1684.

LETTRE CXIL

A M. DE RANCÉ, AUBE DE LA TRAPPE

Il lui annonce la permission quil a obtenue des supérieurs de la congrégation de Saint- Maur, pour que dom Muguet, religieux de cette congrégation, prenne des engagements à la Trappe.

J'ai enfin obtenu le congé du P. Mu-

(?.G0) Le P. d'Aguirre, depuis cardinal, lit en effet un gros ouvrage contre bs quatre Articles de l'Assemblée ew 1HS2.

r(»l) Le lecteur s>Ta sans doute bien aise que ii us rapport ions ici la lettre qui avait été écrite a Bossnet, pour lui donr.er avis de l'écrit qu'on voulait imprimer sous son nom. Voici cetie lettre :

« Corneille Zwol, imprimeur et marchand libraire, demeurant à Amsterdam en Hollande, sur le Dam, a j'enseigne du Mercure, l'ait s-avcii à M. Bossoel, évéque de Meaux, qu'on lui a mis entre les mains, moyennant cent pisloles, un manuscrit composé avec g and opril, lequel a pour litre Ilis-

guet. J'ai fait de nouvelles instances, depuis la lettre où vous m'assurez que, pour olivier aux conséquences, vous vous engagiez à n'écouter dorénavant aucun des religieux qui voudraient aller chez vous, pourvu qu'on accordât la liberté à celui-ci. Je lis d'abord parler le P. Mabillon, qui me rapporta une négative dont il me paraissait un peu étonné. Dieu m'inspira de faire parler plus fortement par dom Rretaigne, prieur de Saint-Germain des Prés, qui me vint dire hier positivement, de la part du Pore général, que vous pouviez, en toute assurance, recevoir dom Muguet, sans que ni vous ni lui en fussiez jamais inquiétés par la congrégation. Je demeure dépositaire des paroles que vous vous donnez mutuellement.

Ces Pérès demandent que l'affaire se fasse sans bruit, et sans qu'il paraisse rien do leur part. Vous y consentirez aisément ; et ainsi je ne vois plus de diiliculté ni autre chose à faire que de recevoir dom Muguet.

Je me réjouis avec vous, Monsieur, de vous voir tiré de l'inquiétude que vous donnait son salut; et avec lui, de ce que, par une singulière grAce de Dieu, il va être au comble de ses désirs. Vous recevrez par la poste une lettre que je vous écrivis dès nier : mais comme j'ai appris de M. Muguet que la lettre ne pourrait partir que mercredi, je lui ai conseilléde vous envoyer ua homme exprès. Il m'a mis en main quelques cahiers que je verrai au premier loisir. Je suis à vous, Monsieur, très-sincèrement.

A Paris, ce 8 décembre 1684.

EP1STOLA CXI1L

CASTORIENSIS MELDENSI.

De libello maledice scripto, quem nebulones Meldensi affingere minabantur.

Simul atque mihi redditee fuerunt tuœ ad me litterœ, illustrissime domine, unum e domeslicis meis admodum lidelem e vestigio Amslerodamum direxi, inquisi urum num illic reperiretur quidem Cornélius Zirol. Comperit morari prope Dainmum , in domo cui appensum signum Mercurii , virum cui nornen Cornélius Zwol , non vero Zirol , eumque virum esse bibliopolam. Verum nec i J le, nec filius ejus conscius est istius epistolae (261), quae ad te, antistes illustrissime, procul dubio a nebulonealiquo scripta fuit. Plena esl Hollandia Calvinistis ex Galba profugis, quorum forte aliquis, ut suam

toire, etc. i (Le reste du litre a été effacé dans la leiire, el si fortement, qu'il est impossible d'y rien découvrir.) < Il ne l'a acheté qu'atin de le remelire à l'ordre dudit sieur évêq .e, à cause du respect qu'il a puur lui ; sur quoi il ai endra sa volonté.

« Corneille Zwol.

i A Amsterdam, ce 23 octobre lb84. > Bossnet a écrit de fca main, au bas de. la lettre, ces mots : « Mémoire d'une histoi e qu'on imprima t sous mon nom. L'importance de la matière me lit i lormer de la vérité par M. de Caslorie, qui me lit réponse que chez ce libraire on n'avait point ouï parler de celte lelirtt. i

PART. XIV. LETTRES DlVEtt

sectam, quaffl tanto vaiidius, quanlo modestius doctissimis et ingeniosissimis tuis lucubrationibus , autistes reverendissime , uppugnasti ulciscerelur, tibi voluerit sycophanlici libelli timorem inculere, dura armis bonestate et verilale fulgenlibus tibi CalvinisUe nequeunt résistera.

Velim autem,prœsul illustrissime et coleodissime, me credas futuruiu semper studiosissimum eoruoi, quee ad nominis lui claritatem speclare cognoscain : sum etiam observant! amantique studio, illustrissiraw domine, autistes reverendissirne, etc.

k Januarii 1685.

pression des nouvelles Ré/lexiong (2G2). Jo suis à vous de tout mon cœur.

A Meaux, ce 0 janvier IChSG.

Page 1