‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 187 sur 458 · A DH DISCIPLE DU P. M AIEBRANCUE · texte numérisé non relu

A DH DISCIPLE DU P. M AIEBRANCUE

Sur le livre de ce Père, De la nature et de la grâce, dont Bossuet fait sentir les erreurs et les funestes conséquences.

Je n'ai pu trouver, que depuis deux jours,

PART. X.1V. LETTRES DIVERSES

lo loisir de lire le discours que vous m'avez envoyé a voc votre lettre du 30 mars (297). Je suis bien aise de peser ces choses avec une liberté tout entière, et sans être distrait par d'autres pensées ; et si jamais j'ai apporté du soin à la compréhension d'un ouvrage, c'est de celui-là. Car comme vous autres, Messieurs, lorsqu'on vous presse, n'ayez rien tant à la bouche que celle répons» : On ne nous entend pas; j'ai fait le dernier effort pour voir si enfin je pourrai venir à bout de vous entendre. Je suis donc très-persuadé que je vous entends autant que vous êtes intelligible; et je vous dirai ingénument que je n'ai pas trouvé, dans votre discours, ce que vous nous promettiez autrefois à Monceaux et à Germigny, c'està-dire on dénoûment aux difficultés qu'on vous faisait. Vous nous dîtes alors des choses que vous vous engagiez de faire avouer à voire docteur, et moi je vous donnai parole aussi (pie, s'il en convenait, je serais content de lui. Mais il n'y a rien de tout cela dans votre discours : ce n'est, au contraire, qu'une répétition, pompeuse à la vérité et éblouissante, mais enfin une pure répétition de toutes les choses que j'ai toujours rejetées dans ce nouveau système; en sorte que plus je me souviens d'être Chrétien, plus je me sens éloigné des idées qu'il nous présente.

Lt afin de ne vous rien cacher, puisque je vous aime trop pour ne vous pas dire tout ce que je pense, je ne remarque en vous autre chose qu'un attachement tous les jours de plus en plus aveugle, pour votre patriarche; car toutes les propositions que je vous ai vu rejeter cent ibis, quand je vous en ai découvert l'absurdité, je vois que, par un seul mot de cet infaillible docteur, vous les rétablissez en honneur. Tout vous plaît de cet homme, jusqu'à son explication de la manière dont Dieu est auteur de l'action du libre arbitre, comme de tous les autres modes ; quoique je ne me souvienne pas d'avoir lu aucun exemple d'un plus parfait galimatias. Pour l'amour de votre maître, vous donnez tout au travers du beau dénoùmenl qu'il a trouvé aux; miracles dans la volonté Ces anges, et vous n'en voulez pas seulement apercevoir le ridicule. Enfin, vous recevez à bras ouverts toutes ces nouvelles inventions. C'est assez qu'il se vante d'avoir le premier pensé la manière d'expliquer le déluge de Noé par la suite des causes naturelles; vous l'embrassez aussitôt, sans faire réflexion qu'à la fin elle vous conduirait à trouver dans les mêmes causes, et le passage de la mer Rouge, et la lerre entr'ou verte sous les pieds île Coré, et le soleil arrêté par Josué, et toutes les merveilles de cette nature. Car si, par les causes naturelles, on veut entendre cette suite d'effets qui arrive par la force des premières luis du mouvement et du choc des corps, je ne vois pas comment le déluge y pourra plutôt cadrer que ces autres prodiges : et s'il ne faut

(Mie mettre des anges, à la volonté despjo.s Dieu se détermine à les faire; par cette vfiic, quand il me plaira, je rendrai tout naturel, jusqu'à la résurrection des morts et à la guérison des aveugles-nés.

Je vous vois donc, mon cher Monsieur, tout livré à votre maître, tout enivré de ses pensées, tout ébloui de ses belles expressions.Vous citez perpétuellement Vi'j nture; et les simples pieux seront pris par là : sans considérer seulement que de tous les passages que vous produisez, il n'y en a pas un seul qui louche la question. Il en est de même des passages de saint Augustin. Pour entrer en preuve sur cela, il faudrait faire un volume : c'est pourquoi, en deux mots, je vous dirai que, si vous voulez l rivai lier utilement à réconcilier mes sentiments avec ceux du P. Malebranche, il me paraît nécessaire de procurer quelques entrevues, aussi sincères de sa part qu'elles le seront de la mienne, où nous puissions voir une bonne fois si nous nous entendons les uns les autres. S'il veut du secret dans cet entretien, je le promets j^s'il y veut des lémoins, j'y consens ; et je souhaite que vous en soyez un. S'il se délie de no pouvoir pas satisfaire d'abord à mes doutes, il pourra prendre tout le loisir qu'il voudra, cl, comme je ne cherche qu'un véritable éclaircissement, qui me persuade qu'il a plus-de raison que je n'ai pensé, et qu'il ne s'écarte pas autant que je l'ai cru de la saine théologie, j'aiderai moi-même à ce dessein. Cela est de la dernière conséquence ; car, pour i vous rien dissimuler, je vois, non-seuloment en ce point de la nature et de la grâce, mais encore en beaucoup d'autres articles très-importanls de la religion, un grand combat se préparer contre l'Eglise, sous te nom de la philosophie cartésienne. Je vois naître de son sein et de ses principes, à mon avis mal entendus, plus d'un, i'< ; et

je prévois que les conséquences qu'on en lire contre les dogmes que nos pères ont tenus, la vont rendre odieuse, et feront perdre à l'Eglise tout le fruit qu'elle en pouvait espérer, pour établir dans l'esprit des philosophes la divinité et l'immortalité de l'âme.

De ces mêmes principes mal entendus, un autre inconvénient terrible gagne sensiblement les esprits : car, sous prétexte qu'il ne faut admettre que ce qu'on entend clairement (cequi, réduil à certaines bornes, est très-véritable), chacun se dou'ne la liberté dédire: J'entends ceci, et jen'entends pas cela ; et, sur ce seul fondement, on approuve et on rejette tout ce qu'on veut, sans songer qu'outre nos idées claires et distinctes. \\ y en a de confuses et de générales qui ne laissent pas d'enfermer des vérités si essentielles, qu'on renverserait tout en les niant, il s'introduit, sons ce prétexte, une liberté de juger, qui fait que, sans égard à la tradition, on avance témérairement tout ce qu'on pense ; et jamais cet excès n'a paru, à mou

(29?) Cette lettre nous tttsmqae,

lU.1 VUES COMtM.KÏT.S l)K BOSSUKT.

a\ is, davantage que dans le nouveau \\ sterne; car j'j trouve fc la fois les inconvénients »lo toutes les sectes, et eo particulier ceux »lu pélagianisme. Vous détruiseï également M ina et les thomistes, à certains égards, je l'avoue; mais comme vous ne dites rien qu'on puisse mettre à la place, vous ne faites que payer lemonde de belles paroles. Vous pousse! si loin ce quevousavez pris de Molina, que lui-même n'aurait jamais osé aller si avant, et que ses disciples vous rejetteront autant que les autres, si. en se donnant un jour le foisirde pénétrer le fond de votre doclriuc,ils viennent à s'apercevoir que vous les avez vainement flattes. Enfin, je ne trouve rien dans votre système qui ne me rebute : tout m'y paraît dangereux, même jusqu'à ces belles maximes que vous y étalez d'abord ; parce que vous les proposez d'une manière si vague, que non-seulement on n'y peut trouver aueun sens précis, mais encore qu'on en peut tirer le mal plutôt que le bien.

Je ne demande pas que vous m'en croyiez sur ma parole : mais si vous aimez la paix de l'Eglise, procurez l'explication de vive voix que je vous propose, et menez-la à sa tin. Tant que le P. Malebranche n'écoutera que des flatteurs ou des gens qui, faute d'avoir pénétré le fond de la théologie, n'auront que des adorations pour ses belles expressions, il n'y aura point de remède au mal que je prévois, et je ne serai point en repos contre l'hérésie que je vois naître par votre système. Ces mots vous étonneront; mais je ne les dis pas en l'air. Je parie sous les yeux de Dieu, et dans la vue de son jugement redoutable, comme un évêque qui doit veiller à la conservation de la foi. Le mal gagne : à la vérité je ne m'aperçois pas que les théologiens se déclarent en votre faveur ; au contraire, ils s'élèvent tous contre vous. Mais vous apprenez aux laïques à les mépriser; un grand nombre de jeunes gens se laissent flatter à vos nouveautés. En un mot, ou je me trompe bien fort, ou je vois un grand parti se former contre l'Eglise: et il éclatera en son temps, si de bonne heure on ne cherche à s'entendre avant qu'on s'engage tout à fait.

Le succès dont vous paraissez si satisfait dans votre discours me fait peur : car, lorsqu'on a du succès en matière de théologie par l'exposition de la commune doctrine de l'Eglise, on a sujet de louer Dieu de la bénédiction qu'il donne aux travaux qu'il nous inspire. Mais lorsqu'on s'éloigne des sentiments de l'Eglise, et de la théologie qu'on y a trouvé universellement reçue, le succès ne peut venir que de l'appât de la nouveauté: et toute âme chrétienne en doit trembler : c'est le succès qu'ont eu les hérétiques. Comme vous, ils se sont donné un air de piété, en nommant beaucoup Jésus-Christ, et en se parant de son Ecriture ; comme vous, ils se sont souvent vantés de proposer des moyens de ramener les errants à la foi de l'Eglise; mais il faut songer à. cette parole : Tous ceux qui m'appellent Seigneur! Seiqneur! n'entreront pus pour cela dans le

royaume de l)ieu.(Matlh. vu, 21.) Citer souvent l'Ecriture , et nvn alléguer que ce qui ne sert d(! rien à la matière, c'est encore un des arlilicesdont l'erreur se sert pourattirer les pieux : et si vous ne convertissez les libertins et les hérétiques qu'en les jetant dans d'autres sortes d'erreurs, on ne vous sera non plus obligé qu'aux monothélites, lorsqu'ils se sont servis de leur erreur pour faciliter le retour des eulyehiens.

Tout cela est encore bien général , je le confesse; mais aussi ne veux-je pas entrer dans le détail. Je réserve ce détail à la conversation que je demande. Elle ne sera pas longue, si on veut : quatre ou cinq réponses précises à quatre ou cinq questions que j'ai à faire, me feront connaître si c'est avec fondement que je crains ce grand scandale dont je vous ai parlé, ou si mes terreurs sont vaines. Si on a aussi bonne intention que je le veux croire, on verra bientôt ce qu'il faudra dire pour donner des bornes aux vaines curiosités, et aux nouveautés dangereuses. C'est à quoi je tends. Que si , sans jamais entrer dans le fond des inconvénients de votre système, on se contente de nous dire toujours, comme on a fait jusqu'ici: On ne nous entend pas ; sachez, Monsieur, qu'il n'en faudra pas davantage pour me confirmer dans mes craintes ; car ces hérétiques dont j'appréhende tant qu'à la fin on n'imite l'orgueil, comme déjà on en imite la nouveauté, prétendaient aussi toujours qu'on ne les entendait pas ; et c'était une des preuves de leur erreur, de ce que les théologiens ecclésiastiques ne pouvaient en effet jamais les entendre.

Ne croyez pas qu'en vous comparant aux hérétiques, je vous veuille accuser d'en avoir l'indocilité, ni ce qui les a enfin portés à la révolte contre l'Eglise ; à Dieu ne plaise! mais je sais qu'on y arrive par degrés. On commence parla nouveauté; on poursuit par l'entêtement. Il est à craindre que la révolte ouverte n'arrive dans la suite, lorsque la matière développée attirera les anathè- .mes de l'Eglise, et après peut-être qu'elle se sera tue longtemps, pour ne pas donner de la réputation à l'erreur.'

Voilà , Monsieur, vous parler comme on fait à un ami : et, afin do m'ouvrir à vous un peu plus en particulier, je vous dirai que, pour le peu d'expérience quevousavez dans la matière théolo0i que , vous me. paraissez déjà de beaucoup trop décisif. Croyezmoi, Monsieur, pour savoir de la physique et de l'algèbre, et pour avoir même entendu quelques vérités générales de la métaphysique, il ne s'ensuit pas pour cela qu'on sou fort capable de prendre parti en matière de théologie: et afin de vous faire voir combien vous vous prévenez , je vous prie seulement de considérer ce que vous croyez qui vous favorise dans mon Discours sur (histoire universelle. Il m'est aisé de vous montrer que les principes sur lesquels je raisonne sont directement opposés à ceux de votre système. Si de secondes réflexions vous le font ainsi apercevoir, vous m'aurez épargné

TARI. XIV. LETTRES DIVERSES

le travail d'un long discours : sinon, je veux bien, pour l'amour de vous, prendre la peine de vous désabuser sur ce sujet , afin que vous avez du moins cet exemple de ce (pie peut la prévention sur votre esprit. Je no vous en écrirai ici que ce mol : qu'il y a bien de la différence à dire, comme je fais, que Dieu conduit chaque chose à la fin qu'il s'est proposée, par des voit s suivies, et de dire qu'il se contente do donner des lois générales, dont il résulte beaucoup de choses qui n'entrent qu'indirectement danssesdesseins; et puisque, très-allaché que je suis à trouver tout lié dans l'œuvre de Dieu, vous voyez au contraire que je m'éloigne de vos idées des lois générales, de la manière dont vous les prenez ; comprenez, du moins une fois, le peu de rapport qu'il y a entre ces deux choses. Sauvez-moi, par une profonde et sérieuse réflexion , la peine do rn'expliquer ici davantage; et surtout ne croyez pas que je ne melle pas en Dieu des lois générales et un ouvrage suivi, sous prétexte que je ne puis me contenter de vos lois, plutôt vagues que générales , et plutôt incertaines et hasardeuses que véritablement fécondes (^98).

Vous aurez dû présentement recevoir l'oraison funèbre (299) par la voie de Pralard. Je vous prie de m'en accuser la réception , afin que, si on a manqué à mes ordres, j'y supplée. LèsVariations s'avancent, et vous en aurez des premiers. Mais, si vous aimez l'Eglise, venez procurer la conversation que je vous demande, etdonnez-yde si bons ordres par vos amis, qu'elle se fasse. Il y aura de mon côté non-seulement toute l'honnêteté, mais encore toute la sincérité et toule la sûreté qu'on y pourra désirer. Assurezvous du moins que je parlerai nettement : en sorte qu'on pourra bien n'être pas dans mon avis, mais qu'on ne dira point qu'on ne m'entend pas.

A Versailles, ce 21 mai 1687.

DE MII-ORD PEUTH (300).

Il lui exprime sa douleur sur l'opposition qu'avait rencontrée , de la part de certains religieux , i exécution du projet que Bossuet lui avait proposé , d'établir un évéque en Ecosse.

J'avoue que j'ai été trop longtemps à répondre à votre très-divine lettre : mais je ne différais à y répondre, que parce que j'avais toujours quelque espérance de vous pouvoir rendre un bon compte des effets

(298) Bossuel, voulant d'abord entrer un peu plus avant dans la matière, avait ajouté à son manuscrit, dans sa copie, les paroles suivantes, qu'il a ensuite barrées , parce qu'il a cru devoir, pour le moment, se borner à ce qu'il venait de dire. < Dieu est un , et dans ses ouvrages n'a qu'une seule pensée. Celte pensée, si simple et si unique, ne ;.sc peut développer au dehors que par une prodigieuse multiplicité d'effets ; et lous ces cflcls , qui expriment celte unique pensée, <!cs la sont toujours unis entre eux.i

qu'elle avait produits. Cependant il faut que je me plaigne de ma mauvaise fortune, en ce qu'un si excellent moyen ne produira pas apparemment l'effet qu'il devait produire : car si votre lettre eût été adressée a tout autre qu'à moi, il serait extraordinaire qu'elle n'eût pas porté nos supérieurs, de la volonté desquels nous dépendons , à nous procurer la salutaire bénédiction d'un bon évoque. Mais cette affaire, après que j'y ai employé de ma part les plus pressantes instances, étant présentement assoupie, voici tout ce que j'en puis dire : -c'est que le meilleur des évêques, dont la plume inspirée d'en haut, car il faut que je le dise, dont la plume charmante a défendu si noblement et avec triomphe l'honneur de la doctrine apostolique; contre les calomnies dont la malice des hérétiques tâchait de la noircir; celui qui, par sa dextérité à mettre 1s vérité dans son véritable jour, l'a fait embrasser à un si grand nombre de personnes, qu'il a retirées de l'erreur; celui dont l'exemple est un sermon continuel, auquel il est plus difficile de résister qu'à toute la force et l'énergie de celle éloquence avec laquelle il captive ses auditeurs, celui-là , dis-je, a trouvé parmi nous moins de docilité que parmi les hérétiques de France, malgré les mauvaises humeurs qui avaient régné si longtemps dans leurs esprits. Car au moins, à ce qu'il [tarait, nous ne pouvons être convaincus qu'un évêque soit le plus propre remède de nos divisions : mais nous sommes contents de demeurer dans un étal incommode, gémissant sous le poids de notre maladie, plutôt que de nous soumettre à une cure que quelques personnes trouveraient trop rude pour la pouvoir supporter aisément.

Je laisse l'explicalionde tout eecià***(301), qui en sera si pleinement instruit par un de mes amis, qu'il pourra vous satisfaire sur toutes les circonstances de cette affaire. J'espère que Notre-Seigneur aura quelque jour pitié de nous, et qu'il nous délivrera du malheur d'être à la charge les uns des autres , tandis que nous faisons tous profession d'être soumis à un même esprit, d'avoir en vue la même fin, et d'espérer d"êlro unis à Notre-Seigneur, et en lui les uns avec les autres par les liens d'une éternelle charité. Le saint apôtre a développé ce mystère de la cause des divisions, comme Salomon l'avait fait longtemps auparavant; et il nous a dit que notre gloire devait èlre à tâcher d'être assez humble pour imiter l'exemple de Notre-Seigneur, et qu'ainsi nous ne trouverons que de légères tentations : de soi le que nous ne nous intéresserons pas

(299) De Louis de Bourbon, prince de Condé, prononcée le 10 mars 1087.

(500) La lettre de Bossoet, à laquelle milord répond dans celle-ci, nous manque, comme plusieurs autres que le prélat lui avait écrites.

(50 ^Probablement l'abbé Renaudot , auquel milord Perili adressait les lettres qu'il écrivait *Rw»suet, et qui les traduisait.

UPLETES DE B0S3UET.

ÎISO

plus qu'il m.' bal ù ôlrc sous un chefc ûVur corps sépar<5 ilu reste des hommes, bornépar . limites de certaines règles en constituas, ti qui se prétend exempt de ses supérieurs naturels., on à marcher dans l'anvoie en obéissant à nos pasteurs apostoliques. Ce n'est pas que je croie que le choix soit égal , car certainement le pins sûr est le meilleur, mais je veu\ dire que si Bons pouvions rendre les choses égales par re choix, nous devrions nous attacher h tous les motifs >.\i>* passions humaines,qui entrent dans quelque part de cette affaire.

J'avoue que je trouve plus étonnant qu'un religieux devienne un saint, que jo ne m'en étonne d'un paysan. Ce ne sont pas les les ni I les qui mènent au ciel , et,

a mon avis, Thomas à Kern pis n'aurait pas travaillé à empêcher qu'un pays ne reçût les bénédictions attachées à L'établissement d'un bon évèque pour y gouverner l'Eglise, afin de conserver ce gouvernement dans sa congrégation. L'état présent de nos affalées me donnerait lieu de faire sur ce sujet plusieurs semblables réllexions douloureuses; cependant j«; suis obligé de dire que les religieux | armi nous sont de fort bonnes as : mais la moindre chose leur fait ombrage, et ils sont si entêtés de leur ordre, que" cela les empêche d'examiner les choses avec exactitude. Car je suis sûr qu'ils sont fort capables d'être employés et très-disposés à s'appliquer à tout ce qui concerne le bien de L'Eglise, lorsque ce zèle pour leur corps ne les en détourne pas. Mais il faut prendre patience, prier, et être content que la sainte volonté de Dieu soit faite.

Je dois dans chaque lettre vous remercier t.'cs-humblemcnl des grandes obligations que je vous ai, par la grande bonté que vous témoignez à mon fils. Je suis fort aise que vous soyez content de ceux qui ont soin de son éducation. Je suis sûr qu'ils l'aiment, et que c'est un grand moyen pour les rendre soigneux , pourvu que l'amitié ne dégénère pas en une trop grande complaisance. La bonté que vous leur témoignez leur donne beaucoup de courage à bien faire , et je suis fort assuré qu'il n'y a personne au monde qui vous honore davantage. Mme. de Croly, ma beile-sœur, qui porte celte lettre, vous rendra compte, quand aura l'honneur de vous voir, de l'état «les affairas de notre Eglise. Je n'ai plus rien à ajouter. Monseigneur, sinon de me prosterner à vos pieds, pour vous demander trèshuinblemenl votre bénédiction, en vous témoignant ma reconnaissance des obligatians munies q le je vous ai, et en vous assurant que je serai jusqu'au dernier soupir, etc.

Ce li septembre 1687.

I M. Dl IIANCÎ: AUlît DM LA TRACT

Sur le commentaire du P. Mv'ije , qui combattait plusieurs des sentiments de l'abbé de la Trappe.

Il y a quelques jours, Monsieur, qu'on m'a donné avis (pie le P. Siège, de la congrégation de Saint-Maur, allait publier une version de la règle de Saiut-lienoîl avec quelques notes, où le livre De la vie monastique était attaqué en trois ou quatre endroits. J'avais su que M. l'abbé de Lamet et M. le curé de Saint-Laurent s'étaient excusés, par celte raison, de l'approuver. Eu môme temps j'écrivis de Versailles, où j'étais, au Père prieur do Saint-Cermain, qu'il me semblait que cet ouvrage ferait tort à la piété en général, et en particulier à la congrégation de Saint-Maur; et j.- le priais de donner avis de celte affaire au Père général afin qu'il en empêchât le cours. Le l'ère prieur m'envoya avec sa réponse une lettre du P. Mége, à. qui j'écrivis, et de qui je reçus une seconde lettre. Je vous l'envoie avec la première, et par là vous pourrez juger de ce que j'avais écrit.

J'arrivai avant-hier de Versailles , et ayant donné avis de mon arrivée à l'abbaye Saint- Germain, le 1*. Mége me vint voir hier. Nous convînmes qu'après que les Pères de la congrégation, qui doivent revoir son ouvrage, auront fait les changements qu'il faudra, on me fera voir le tout, et que nous tâcherions, parce moyen, en vous en donnant avis, de finir cette affaire à l'amiable. Je vois que tout roule principalement sur Je silence, sur les humiliations et sur les études (302J. Ce Père ajouta qu'il y avait beaucoup d'endroits du livre où vous les aviez fort maltraités , et m'ayant dit qu'il savait que vous deviez de votre côté faire imprimer une version de la règle avec des notes, et qu'il vous priait de ne [dus maltraiter sa compagnie; je l'assurai fort que vous étiez trèséloigné de cette pensée. Il me dit qu'il me donnerait les endroits, et nous nous séparâmes fort honnêtement. J'ai averti M. l'abbé Jannen de tout cela, afin qu'après mon départ, qui sera demain, il puisse porter les paroles qu'il faudra, suivant les instructions que je pourrai lui envoyer de mon diocèse. Voila, Monsieur, l'état où je laisse cette affaire : je veillerai à la suite. Je n'ai pas jugé à propos de prendre aucune mesure avec M. le chancelier, ni de rien dire à M. de Reims, qui se serait peut-être plus échauffé que je n'ai fait. Je vous prie de me renvoyer les lettres du Père quand vous m'en aurez dit votre sentiment. Je suis, Monsieur, avec vous comme vous savez.

Le livre est imprimé ; mais on fera des cartons.

A Paris, ce k octobre 1687.

(302) Dom Mége s'est appliqué (tans son Commentaire à prouver que saint Benoît n'a pas ordontie, comme le soutenait l'abbé tle la Trappe, un nasliques. ice absolu tt perpétuel à ses moines, qu'il n'a

pas approuvé les humiliations fondées sur des irr puiaiions arbitraires, ni condamné les études, usu-

PAHT. X!V. LETTiiLS DIVERSES.

LETTRE CXI.'l.

AV Ml': VI..

// l'instruit de la publication du Commentaire du P. Mége, et lui marque ce qu'il • convient de faire dans cette circonstance.

Je ne mo suis pas trouvé ici, Monsieur, quand un religieux de Fontevrault y a apporté l'explication de la règle de Saint-Benoîl. M. l'abbé Fleurv l'a reçue en mon

absence, et je la reçois à présent avec votre lettre du 28 octobre. Le Père général de Saint-Maur m'a écril que son intention était de supprimer par nies conseils lo livre du P. Mége (303), et de faire faire sur la règle quelque chose de plus correct, .l'apprends la même chose par une lettre du P. Mége, qui se justifie en même temps de l'envoi des exemplaires dans les provinces, en rejetant la faute sur son libraire, qui l'a fait à son insu. Je ne me payerai pas de cette excuse, et je m'en plaindrai au Père général. Mais ce qu'il v a de meilleur à faire, c'est d'imprimer au plus tôt votre Explication : je ne perdrai pas de temps à la voir, si vous êtes toujours dans la pensée que je l'approuve. Tout ce qu'on pourra faire pour diligenter, c'est d'envoyer toujours à l'imprimeur pendant que j'achèverai la lecture. Je serai, s'il plaît à Dieu, samedi prochain à Paris pour très-peu de jours, mais assez pour donner Jes ordres qu'il faudra, et de là je vous écrirai plus amplement. Je suis, Monsieur, à vous comme à moi-même.

A Meaux, ce 11 novembre 1G87.

AU MÊME

Il témoigne à M. de Rancé quil trouve à propos que le Commentaire de cet abbé sur la règle de Saint-Benoît, paraisse avec les approbations ordinaires plutôt qu'avec la

sienne.

En partant pour m'en retourner dans mon diocèse, je suis bien aise de vous dire que je n'ai aucune nouvelle ni des diligences de ce Père de Fontevrault auprès de M. Courcier, ni de la lettre que j'ai écrite de ce docteur. Tout ce que je puis vous dire, Monsieur, c'est qu'il est à propos, pour des raisons qui assurément ne me regardent pas, que le commentaire paraisse plutôt avec les approbations ordinaires qu'avec la mienne.

.Je ne crois pas qu'il y ait rien de solide dans les bruits qui ont couru, si ce n'est peut-être quelque mécontentement par rapport à Mme de Guise (30i). J'ai dit ce que je devais sur ce sujet-là, partout où j'ai cru le devoir faire. Au surplus, je vous supplie de ne pas douter que je ne sois affectionné à la Trappe, comme serait un de vos religieux ;

(503) En effet, comme nous Pavons déjà dit, les sollicitations vives et pressantes de Bossuct porlèivni la diète annuelle de 168(5 à condamner le Commentaire du P. Mége, par un règlement qui en interdisait la lecture aux religieux de la congrégation.

el à vous comme à on ami cordial, et à un homme que je crois à Dieu, et en qui je crois que Dieu est.

A Paris, ce k décembre 1687.

LETTRE i;XL!V.

A M. LE KKYRK u'oKM ICSSON .

Sur la source du mérite des bonnes œuvres , et la manière dont la chnrité opère.

Il n'y a nul doute, Monsieur, que l'opinion dont nous parlâmes à Paris ne soit liè-sainc. C'est même une doctrine très-commune, ou plutôt une maxime très-universelle dans l'école, que font le mérite des bonnes œuvres a sa source dans la charité habituelle , ce qui suit aussi de la doctrine du concile de Trente, lorsqu'il déclare que le mérite de l'Homme juslilié vient de l'influence continuelle de Jésus-Christ comme chef dans ses membres (305). De dire maintenant que la charité influe dans les bonnes oeuvres sans qu'on y pense, et sans qu'elle leur serve de motif, c'est trop la faire agir comme une chose morte et inanimée. Aussi trouverez - vous partout, dans saint Thomas, qu'il n'y a de mérite que dans les œuvres qui sont ou produites ou commandées par la charité.

Et quanta ce que vous disiez, qu'ii s'en suivrait que les actes de loi el d'espérance, même ceux de la crainte des jugements de Dieu et des peines éternelles, ne seraient pas méritoires; la réponse est bien aisée. Si la charité ne pouvait pas exciter ou commander une œuvre de foi, saint Paul n'aurait pas écrit aux Corinthiens que la charité creit tout. (I Cor. xni,7.) Si elle excite el fait agitla foi, elle peut bien faire agir la crainte, dont la foi est le fondement. Et qui doute qu'un homme qui aime Dieu ne soit bien aise d'abattre en lui-même la concupiscence, en se représentant les motifs de la crainte, afin <pie la charité soit d'autant plus ferme qu'elle sera moins attaquée? 11 en est do même de l'espérance, puisque saint Pau!, qui a dit : La charité croit tout, dit aussi que La charité espère tout Jbid.) Il est vrai qu'on ne peut pas dire qu'elle craigne, puisqu'au contraire elle tend, de sa nature, à chasser la crainte. Mais comme elle n'opère ce grand eil'et que lorsqu'elle est parfaite, comme le dit expressément l'apôtre saint Jean (/ Joan. rv, 18) , elle peut bien, pendant qu'elle est infirme, se servir de la crainte pour se fortifier.

Mais on voudrait peut-être que l'exercice de la foi fût méritoire, sans que le motif de la charité y entrât. Je ne le puis croire , puisque saint Paul, après avoir dit tout ce qui ne sert de rien, ne compte parmi les choses qui servent que la foi qui opère par la charité. ( GalaL v, G.) Et à vqus dire le

(504) L'abbé de la Trappe était en grande relation avec cette dame, et il composa pour die un écril qui fut publiéà l'iusu de cet aube en 1G67, sou* le. titre de Conduite chrétienne adressée à son ail. royale Mme de Cuise.

(305) Scss. 6, De jtiblif., cap. l(i.

i , .. couple'! i s de nossi i r.

•roi, il m v a mille apparence que la foi puisse être méritoire, ni doive agir dans l'homme justifié, sans la charité qui en est Pâme el la forme, du consentement unanime île toute l'Ecole.

.Mais enfin, demandiez-vous, que sera-ce donc 1111*1111 acte de foi détaché de l'exercice delà charité? Sérail il bon ? serait-il mauvais? serait-il indifférent ? Il est encore aisé de répondre qu'il sérail bon; mais qu'il ne s'ensuit pas qu'il fût immédiatement méritoire. Il en serait comme d'un acte de foi qu'un homme ferait hors de l'état de grâce. Il est bon, sans doute, parce qu'il met touj >urs dans le cœur de bonnes dispositions. Vinsi cet acte de foi, que vous présupposez dans l'homme juste, le disposera sans doute à rendre la charité |>lus active; et je crois même bien dillicile qu'un homme juste exerce un acte de foi, sans que son cœur soit excité à aimer la vérité éternelle, et à s'attacher h celui qui est l'auteur comme l'objet de la foi.

Quoi qu'il en soit, je ne comprends pas la théologie qui semble donner à la charité habituelle quelque chose pour nous exempter d'en exercer les actes: au lieu qu'elle n'est donnée que pour nous y incliner, et pour nous les rendre faciles; ce qui rend l'obligation de les exercer plus étroite. En un mot, je conclus, Monsieur, que la charité n'influe dans nos bonnes œuvres que d'une manière vivante el vitale : d'où il s'ensuit qu'elle ne fait rien dans ceux qui n'y pensent pas, c'est-à-dire, qui n'agissent que par ce motif. Vous entendez bien, au reste, qu'il ne s'agit pas ici d'avoir toujours l'esprit actuellement tendu pour penser à Dieu : vous savez trop ce que c'est que l'intention virtuelle, pour vous arrêter à une si légère difficulté.

Voilà, Monsieur, mon sentiment, et une partie de mes raisons. Je vous exhorte à entrer dans ces vrais et solides principes : mais, sans mes exhortations, vous saurez toujours bien faire, et penser tout ce qu'il y a de meilleur.

Une petite fluxion à l'épaule, qui fait que

(505*) Nous croyons faire plaisir au lecteur de meure ici le Mémoire dont il s'agit dans celle lettre. Le voici.

« Je ne me souviens point d'avojr vu aucun Acte •le martyrs qui soit bon, sous la persécution de Maxence. Il n'y en a aucun dans le petit recueil sur lequel je travaille. Eusèbe dit que Maxence donna d'abord un édit en faveur des Chrétiens («), pour inre paraîlrequ'il avait de la douceur; mais qu'ensuite il se laissa aller à toute sorle de cruauté, d'impiété et d'injustice; il ne parle pas néanmoins qu'il les ail exercées en particulier sur les Chrétiens, quoiqu'il le compare avec Maximin, qu'il dit les avoir 1> ■ ucoup persécutés. Ce même historien rapporte pins au long, dans la Vie du grand Constantin, les dérèglements de Maxence (b) ; mais il ne marque point non plus en cet endroit que ce tyran ait l'ait de la distinction entre les Chrétiens et les païens ; sinon que les femmes chrétiennes témoignent bien pMs de courage que les païennes, pour conserver

j'ai peine h écrire, m'oblige à emprunter une main qui ne vous est pas inconnue.

A Meaux, ce Ti octobre 1087.

A DOM MABILLOX.

Il lui demande des éclaircissements sur retendue de la persécution dans l'Occident, sous Diocléticn et ses successeurs.

Je vous remercie do voire Mémoire sur Maxence (305*). J'en avais assez pour mon dessein de ce qui en était dans Eusèbe; mais j'étais bien aise de savoir s'il n'y avait rien davantage. Je puis aussi me contenter de ce que dit Lactance de Constantius Chlorus , De mortibus persecutorum; mais je souhaiterais savoir si en Espagne ou ailleurs, dans sa portion de l'empire, il n'y a point eu quelque martyre ou quelque exécution contre les Chrétiens, durant la persécution. Pour les Gaules, où il était, je ne crois pas qu'il y en ait eu : mais il est bon de savoir ce que les magistrats pourraient avoir fait, en exécution des édits qu'il n'avai-t point révoqués (30G).

La même chose du césar Sévère; quoique pour celui-ci je ne voie pas qu'il puisse rien y avoir, ni tant qu'il a été césar, ni dans le peu de temps qu'il a été empereur.

Je m'avise que quelques canons du concile d'Elvire marquent en Espagne quelques souffrances de l'Église : la question est de la date, et il me semble que ce doit être sous Constantius Chlorus. Je sais l'endroit d'Eusèbe sur la durée de la persécution en Occident: mais ces choses générales ne sont pas toujours sans quelque exception. Je vous demande pardon, mon révérend Père, de la peine que je vous donne

A Paris, ce 29 janvier 1688.

A M. DE RANCÉ], ABBÉ DE Ll TRAPPE.

Sur les incidents qui retardaient la publica-

leur honneur ; ce qui était à quoi ce lyran en voulait le plus. 11 marque même qu'une femme de qualité aima mieux se taire mourir, que de souffrir la violence de Maxence.

Pour ce qui est des Aclcs de saint Marcel, Pape et martyr, on ne doit point du tout les tenir pour sincères. Le cardinal Baronius avoue même qu'il y a des faits qui sont tout à fait insoutenables. Je crois que tout ce qu'où peut croire de sûr de ce saint est renfermé dans les vers que saint Damase, Pape, a faits de lui, où il dit qu'il lui envoyé en exil. Baronius rapporte ces vers au troisième tome de ses Annales, et après lui Bollandus au 16 de janvier. »

(3Ûlj) Sur ces quesinms, voy. la prélace que dom Titien i Kuinarl a mise à la lete des Actes des martyrs, g 5, n. 60 et seq., p. 66 et seq., édit. 1715. II y prouve que la persécution fut générale dans tout l'empire, quoique moins violente dans la porlion soumise à Constance Chlore.

{a) ffitf, eccles , lib. vu, cap. Helseq.

[b) Lib. i, cap. 33 et seq.

PART. XIY. LETTRES DIVERSES

lion du Commentaire de cet abbé , cl sur

Varmement du prince d'Orange.

Il est vrai, Monsieur, que nous entendîmes durant quelques heures beaucoup de difficultés assez légères, parmi lesquelles il y en avait deux ou trois que je jugeai do conséquence, et dont M. du Perrier a dû vous rendre compte. Je n'ai pu rejoindre M. de Reims, quelque soin que j'en aie pris, et quoique j'aie attendu a partir jusqu'à la veille de mon synode, qui ne me permettait plus de relarder. Ce n'est pas qu'il y ait aucun changement dans ce prélat, qui, comme moi , a beaucoup estimé l'ouvrage. Mais ou il a été malade, comme il l'est encore, ou il est arrivé d'autres incidents, autant imprévus qu'inutiles à raconter. Je lui avais proposé de convenir par lettres ; il n'y a pas eu

afin d'exciter les peuples à la prière. Dans ces menaces terribles qu'on fait autant contre l'Eglise catholique que contre l'Etat (307),

c'est le cas plus que jamais d'invoquer Dieu] et de demander les prières de l'ancien prolecteur de nos rois et de la France. Je suis avec vous, mon révérend Père, de tout cœur, et avec loute la sincérité que savez.

A Coulommiers, ce 9 octohre 1688.

mon vous

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moyen : il a Irouve cette voie trop longue; y faudrait appeler; mais cela se mène d'une

LETTRE ÇXLVI1I.

\ m. l'abbé rexacdot.

Il lui témoigne le désir qu'il a de le' voir admis dans V Académie française (308).

Si nous faisions bien à l'Académie, ce serait, Monsieur, des gens comme vous qu'il

et comme j'eusse pu prendre le parti de faire un tour à Paris pour achever, il a été attaqué très- violemment des hémorrho'ides , mal qui lui est assez ordinaire , si bien que la chose est remise. Cependant cela fait beaucoup discourir. On a dit que je ne voulais pas approuver, et puis qu'on faisait beaucoup de cartons. J'ai répondu ce que je devais, mais cependant ces conlre-temps me fâchent beaucoup.

On mande de tous côtés que ce grand armement du prince d'O'range tombe enfin sur la France, où les huguenots remuent de toutes parts; c'est-à-dire qu'il faut beaucoup prier, et s'abandonner à la volonté de Dieu. Il n'y avait point d'apparence de s'éloigner dans l'état où l'on était. A vous, Monsieur, de tout mon cœur.

A Germigny, ce 2 septembre 1088.

LETTRE CXLVÎI.

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