‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 205 sur 458 · DE DOM MABILLON · texte numérisé non relu

DE DOM MABILLON

Sur les paroles de l'Ordre romain louchent la communion du vendredi saint.

J'ai examiné, suivant vos ordres, nos anciens céré.moniaux romains , touchant la messe des présauclifiés pour le vendredi as-int. Je l'ai trouvée partout depuis le xe siècle; mais je n'ai rien trouvé ni pour ni contre avant ce temps-là. Il n'y a qu'un Ordre romain tiré d'un manuscrit de Saint Gai, qui porte expressément la communion le vendredi saint, et ce manuscrit me paraît être au moins de huit cents ans : et on ne peut douter de l'antiquité de cet ordre, d'autant qu'il est cité en propres termes par Amalaire, au chapitre 15 du livre premier des Offices ecclésiastiques, dès le commencement ou chapitre. Pour ce qui est de l'addition ou interprétation de l'archidiacre, qui porte que, in ea statione, ubi Apostolicus salulat cruccin,nemo communical ; cela s'entend, à mon avis, du peuple, et non pas du Pape lorsqu'il officiait ce jour-là; encore bien que, dans cet Ordre romain de Saint- Gai, il soit porté expressément que, lo s même que le Pape olïïcie, communicant omnes. Voilà, Monseigneur, ce que j'ai pu trouver là-dessus : si je trouve quelque chose davantage dans la suite, je ne manquerai pas de vous en donner avis. Jo n'aurais pas tant différé à m'acquitler de ce devoir, si je n'avais su que Votre Grandeur était ces jours passés à Fontainebleau. Maintenant que vous êtes de retour, permettez-moi, s'il vous plaît, Monseigneur, de vous remercier d toutes les bontés que nous avons reçues do vous pendant notre séjour à Germigny, et de vous assurer qu'on ne peut être avec plus de reconnaissance et de respect que je suis, etc.

Fr. J. Mabillox, moine, bénédictin.

A Paris, ce '2d octobre 1G8C.

LETTRE CXCU.

DE M. L'ABBÉ RENALDOT.

Sur différera» points de la liturgie des Grer.*,

(ttl \fir> COMPLETES DE BOSS1 ! I

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/ rt/lrai de M Hubert, it les affaira

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• i, Monseigneur de recevoir la ictus m'avei rail l'honneur de m*é-

,.mv ju g - Comme la discussion

.plus ample des faits donl vous voulez être

éclairci, pourrai! aller a quelques jours, et

qu'il i.i u t même que je la fasse bors de chez

n oi, parce que je n'ai pas tous les livres dont j ai besoin pour cela, je commencerai à

\o re un compte sommaire de ce que

j'. u sais.

Les Gr - èbrent la liturgie parfaite le

jeudi saint, comme le témoigne Siméoii do Thessaloniquedans sa réponse lvm : Cum et in muyno jrjunio, Sabbato et Dominion, perfectam missam célébra m us, et in aliïs etiam jejuniii guet violare ne fa*, veluli vigitia Chri- 5/1 Natalium, luminum, et magna pria quinta Uaperagimus, née in illis jejunium solvimus, quodperfecto tacrifieio ulamur. Ce passage est cité | ar Allatius, dans sa Dissertation de i liturgie des présanctifiés, pages 1575 et loTii. au bout du livre De perpetuo eonsensu.

suis trompé si celle discipline n'est marquée aussi dans le Typicon que je consulterai. Il semble que Balsamon et Zonare, aussi bien que les autres canonistes grecs, n'aient pas excepté le jeudi saint. Mais comme Siméon est postérieur, et que l'usage présent appuie son témoignage, il n'y a point de difficulté.

Les autres Orientaux célèbrent ce même jour la liturgie entière, quoique la plupart des Eglises aient la liturgie des présanctitiés.

Pour le samedi saint, vous savez, Monseigneur, que la Messe qui se dit depuis quelques siècles parmi nous, se disait autrefois la nuit, et l'oraison le marque formellement. Les Grecs et les Orientaux en ont toujours u>é de même, et quoique Je samedi fui un

.r de liturgie parfaite, même en carême, on ne célébrait néanmoins la liturgie à peu près qu'à la même heure. Ainsi on sauvait en même temps deux points de discipline : celui du jeûne eteelui de célébrer la liturgie le samedi. Les Orientaux non Grecs appellent ce samedi le grand samedi ; et le jeudi, la cinquième férié des mystères; non-seulement à cause de l'institution, mais aussi h rausede la célébration solennelle de l'Eucharistie, qui se faisait en ce même jour.

11 est vrai, Monseigneur, comme vous le remarquez très-bien, que les Gn es ont brodé souvent plus que de raison les rites ; mais les autres Levantins n'onl pas moins fait. Ainsi il est fort difficile de faire une critique exacte des rites grecs par cette comparaison. Sur celui qui est en question, nous trouvons que les Orientaux ont la Messe des présancl'.Siés, et qu'ils en fondent l'usage sur le canon i9 de Laodicée, qu ils ont dans leurs collections. Le mot de panis qui y est employé est ordinairement interprété courban, -i-a-dire l'Eucharistie, ou le corps ei ie sang de Jésus-Christ. Les Melchites seuls, qui onl les canons in trullo dans leurs collections appuient aussi celte coutume sur le tm m. Mais je n'ai uoini treuvé jusqu'à

présent ni un office particulier pour fa messe «les présanctifiés, ni aucun détail de celle discipline parmi les jacobiles cophtes ou syriens, ni parmi les nestoriens. Ces derniers, dont la discipline ecclésiastique à l'égard des rites est la plus simple de toutes, ne m'ont pas encore fourni de preuves authentiques, d'où on puisse juger si cette cérémonie était également en usage parmi eux. Je n'ai pas pour cela de meilleures preuves que des faits écartés et des arguments négatifs. Peut être manquons- nous de livres : car j'ai découvert bien des choses que j'avais ignorées longtemps, faute d'avoir connu un auteur, ou taule de l'avoir eu. Madame la chancelière Séguier a dû être en purgatoire pour avoir relusé toute sa vie la communication d'un théologien nestorien, que j'ai trouvé autre [/art el où j'ai appris mille choses nouvelles. Ainsi, Monseigneur, je vous demande un peu de temps pour ce fait particulier, afin de reprendre mes idées et tâcher de découvrir ce que je n'ai pu sur cela savoir certainement.

J'oubliais à vous dire sur le jeun» du samedi sainl que la coutume presque générale des Orientaux esl de ne point manger depuis le soir du jeudi saint jusqu'au jour de Pâques. Cela se pratique encore parla plupart des Levantins. Ainsi on disait la liturgie comme on voulait, et on le fait encore plus tôt ou plus tard, parce qu'on se fait un scrupule de manger lout ce jour-là.

11 y a peu de gens versés dans les écrit» des théologiens grecs des temps postérieurs, qui fassent cas du Pontifical de M. Habert. Cette partie d'érudition lui manquait, quoique très-nécessaire pour traiter sa matière. On a trouvé à redire qu'il n'ait pas mieux désigné les manuscrits. J'ai ouï dire à des savants qu'il s'en élait rapporté à d'autres, et que les copistes ou lui-même s'étaient acquittés fort négligemment de leur devoir. Vous êles plus capable que personne do juger du reste.

J'espère dans huit ou dix jours vous écrire sur tout ceci un peu moins confusément ; je ne serais pas si longtemps sans le désordre ordinaire de ma vie, qui renverse bien mes études. J'étais aujourd'hui politique, demain je pourrai être théologien, après-demain correcteur d'imprimerie. Ainsi je suis quelquefois huit jours à faire ce qu'un autre ferait en un. M. Pirot tient M. Simon; mais votre présence nous est nécessaire pour cela et pour bien d'autres choses, surtout pour ce qui me regarde. Je vous assure, Monseigneur, que je souhaiterais bien souvent retrouver ce bien que j'avais autrefois. Vous savez qu'en ce temps-là je me suis voué à vous, et que je ne puis avoir une plus grande joie que de faire tout ce que vous voudrez bien m'ordonner. Tout ce que je pourrais jamais faire ne remplira jamais mes devoirs. J'espère que la bénédiction que vous donnerez à mes études , et que je vous demande, me les rendra utiles. Si, lorsqu'il s'agit de vous obéir, elles ne m'étaient pas

PART. XIV. LETTRES DIVERSES

trop agréables, je serais assuré d'y trouver du mérite.

Les affaires d'Ecosse vont très-mal : le parlement est prorogé, parce qu'il n'a pas voulu consentir à un acte pour décharger les Catholiquesdusermentdu lest. Le pauvre mi lord chancelier a eu des peines incroyables, et sans aucun succès. Il était parti pour venir à Londres, et j'espère, Monseigneur, vous en mander bientôt des nouvelles. Je suis avec tout le respect possible, etc.

Rexaudot.

A Paris, ce 10 juillet 1687.

P. S. — Sur l'origine de la prière pour les morts parmi les Juifs , et la nature de leur purgatoire.

Le passage que les protestants citent ordinairement pour attribuer a l'exemple de rabbi Akiba le premier usage de la {trière pour les morts, se trouve dans le Gémara du TalmuJ, au traité Calla. Voici lès termes dont l'histoire y est rapportée : « Un jour rabbi Akiba se promenant rencontra un homme chargé de bois; et le fardeau était si pesant qu'il excédait la charge d'un Ane ou d'un cheval. Rabbi Akiba lui demanda s'il était un homme ou un spectre : l'autre répondit qu'il éiait un homme mort depuis quelque temps, et qu'il était obligé de porter tous les jours une pareille charge de bois en purgatoire , où il était brûlé à cause des péchés qu'il avait commis en ce monde. Rabbi Akiba lui demanda s'il n'avait point laissé d'enfants, le nom de sa femme, de ses enfants , et le lieu de leur demeure. Après que le spectre eut répondu à toutes ces questions, rabbi Akiba alla chercher le fds du défunt, lui apprit la prière qui commence par le mot Kadisch, c'est-à-dire saint, ei qui se trouve dans les rituels des Juifs, lui promettant que son père serait délivré du purgatoire, s'il la récitait tous les jours. Au bout de quelque temps le défunt apparut en songe à rabbi Akiba, le remercia, et lui dit que par ce moyen il avait élé délivré du purgatoire, et qu'il était uans le jardin d'Eden ; » c'est-à-dire dans le paradis terrestre, où les Juifs supposent que vont les âmes de leurs bienheureux.

Ce n'est pas sur cette seule tradition que les Juifs ont l'usage de la prière [tour les morts : elle est constamment en usage, de temps immémorial , dans toutes les synagogues. Dans le rituel espagnol , qui estïe plus généralement reçu, et qui tient à leur égard le même rang que le rituel romain parmi nous, il y a une longue prière qui se doit dire lorsqu'on porte un mort en terre. Elle contient entre autres choses ces paroles : « Ayez pitié de lui, Seigneur Dieu vivant, maître du monde, avec lequel est la source de vie, et que son âme repose in fasciculo titœ , c'est-à-dire parmi le nombre des élus à Ja vie éternelle. Que Dieu miséricordieux, selon l'étendue de sa miséricorde, lui pardonne ses iniquités; que ses bonnes œuvres soient devant ses yeux, et que devant lui il soit mis au nombre des fidèles; qu'il marcha

en sa présence dans les terres de rie : » et ensuite ils répèlent l'oraison suivante :

« Que les portes des cieux vous soient ouvertes : puissiez-vous voir la ville de | ail cl les tabernacles de sûreté; que les an. < s de paix viennent au-devant de vous avec joie : que le grand [«rôtie vous reçoive et vous conduise ; que votre Ame aille dans la caverne double d'Abraham , et de là sur [es chérubins, et de là au jardin d'Eden : que l'ange Michel vous ouvre les portes du sanctuaire; qu'il offre votre âme comme une oblalion à Dieu : que l'ange rédempteur vous accompagne jusqu'aux portes des lieux agréables, où sont les Israélites, » etc.

Toutes les antres prières qui se trouvent dans l'Office des sépultures, que les Juifs appellent Seder Abelut, OU Ordre du deuil, sont remplies de sensiblesexpressions. Ces prières sont la pluparlfort anciennes, et peut-être ne le sont-elles pas moins que la tradition de rabbi Akiba.

Il est aussi parlé du purgatoire dans le traité talmudique des Bénédictins, chap. 3 « L'âme, disent ces rabbins, ne va pas dans le ciel aussitôt qu'elle est séparée du corps : mais elle demeure errante dans ce inonde durant douze mois, au bout desquels ell > retourne dans le sépulcre. Elle souffre cependant beaucoup de tourments danc, le purgatoire; enfin au bout de douze mois elle entre dans le ciel où elle jouit du repos. «

Ee purgatoire des Juifs n'est pas notre purgatoire : car ils croient qr.e presque tous les Israélites y vont, qu'ils n'y sont que pendant un an; et qu ensuite les âmes, et même, selon l'opinion de qu<Vques-uns, les corps se rendent par des car.aux souterrains dans la terre d'Israël, d'ot\ ils vont après dans le paradis d'Eden. Tous les Israélites, disait le rabbi Eliézer, et dont la sentence est insérée dans le Talmud, ont part au monde à venir, c'est-d-dire à la béaliiude. Ils n'en excluent qiie les excommuniés et des gens qui meurent chargés de crimes. Et comme tous ceux qui meurent dans la communion judaïque sont sauvés, aussi presque tous pa jsent par le purgatoire. Ils ont une tradiii.on d'une peine qui arrive après la mort, lorsqu'un ange vient au tombeau, et qu'avec une chaîne de fer touto rouge il frappe trois fois le mort, lis prient aussi pour être délivrés de celte peine.

Rabbi Akiba vivait sous Adrien, et il fut un des sectateurs du faux messie Bar- Cocba, ou Bar-Cukiba ; il fut exécuté à mort après la prise de la ville de Ri lier, il est aisé de voir s'il y a aucun fondement à dire que la prière pour les morts est fondée sur l'histoire du rabbi Akiba; puisque les Juils marquent seulement qu'il leur apprit unu certaine prière efficace pour la délivrance des âmes, et qu'ils ne disent pas qu'il fut auteur de la coutume de prier pour les morts, qui est considérée parmi eux comme établie par toute l'antiquité de leur tradition

(fi VUES COMPLETES DE BOSSUET.

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Ions avec impatience, etuue ce que , il arqué dans votre lettre y a

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à »ous donner sur ce sujel aircissem nts

•h attendant que j'aie fait une s i te recherche de ce que je ne sais r je n'ai pas parmi mes livres celle :: de lui que vous me marquez; et ie je la connaisse., je pourrais néanins me tromper, si je vous en parlais affirma ml avant que de l'avoir trouvée,

j'irai , a à la Bibliothèque du roi, re-

muer toutee qu'il vii de semblables livres, parce qu'il y a trop longtemps que je les maniés pour m'en lier a ma mémoire. Voif i cependant, M nsi igneur, ce que j'ai à vous nain sur l'original, dont la vôtre doil être la traduction..

e Confession Je foi, imprimée à Cambridge en latin, en 1656, doit être la même que celle qui fut imprimée en anglais dès l'an 1652. Celle-ci reçut sa dernière forme i >. : .7. ms l'assemblée générale des Ecosà Edimbourg, et fui autorisée I te du 27 août (6 septembre) de la

n\9 année, pour servir d'acte d'uniformité en matière de religion pour les trois royauoséquence de la ligue solennelle, (,u i )ant, qui avait été arrêtée dès le

mois <;■ mbre 10't3. Les théologiens de

l'assemblée île Westminster, qui comnça en IGU-, avaient dressé des articles .ion, to;\s conformes à la créance des calvinistes presbytériens. Les commissaires >se, tous presbytériens, travaillèrent ii le avec eux, et en réglèrent la plus grande partie.

Cet ouvrage, qui fui d'abord proposé en diverses manières, toutes plus ridicules les unes que les autres, no fut réglé et réduit à la forme qui est dans los éditions anglaises d'Ednubou'g et de Londres, qu'en IG47. Il contient une Confession de foi en Irente-lrois chapitres ' le premier, de la sainte Ecriture ; le U ente- troisième, du dernier jugement; le grand Catéchisme et le petit Catéchisme, qui t-it fait le dernier; ensuile le Directoire pour le service public de Dieu, selon qu'il devait être pratiqué dans les trois royaumes. Ce Directoire fut ordonné par acte du parlement rebelle, !e 13(3) janvier 16V4 ; mais il ne lut mis en lumière que longtemps après. l'arcel acte, le Livre des communes prières, le Rituel de l'ordination, et tous autres ayant rapport a l'épiscopat, furent abolis; et tous lus actes d'Edward VI, d'Elisabeth , de Jacques et de Charles I", pour établir l'unicité de la religion et du service, furent

') Vllinoire des. Variations, dont la prern ère It en 1688.

Ii4u h manque ici quelques mot» nécessaires

cassés. Cet acte. Je Convenant , et parconséquent la Confession de foi, les catéchismes grand el petit, elle Directoire furent depuis cassés par le grand acte de la quatorzième année de Charles il, 1602, par lequel tons les Anglais sont obligés à renoncer à tous ces actes précédents des rebelles, nommément au Convenant, et h tout ce qui fut fait en conséquence contre les actes (l'uniformité, particulièrement contre ceux d'Elisabeth.

Le roi régnant n'a pas dérogé h ces actes par un autre acte solennel, qui porte avec soi le consentement de toute la nation a->semblée en parlement. Mais ayant accordé (340) par une proclamation et par des déclarations particulières, qui sont des acte- du second ordre, émanés du pouvoir et prérogative royale de dispenser des lois, ces actes de 1602 et ceux d'Elisabeth subsistent encore, el ont une entière aulorilé à l'égard de l'Eglise anglicane éiMblie par les lois.

Ain-i, Monseigneur, la Confession, etc., imprimés depuis 1645 jusqu'en 1660, à Cambridge et ailleurs, ne peuvent être considérés que comme des actes des rebelles, formés sur le même bureau où on dressa la sentence de mort contre Charles l*r, et les sentences par lesquelles l'épiscopat, et toute la forme de la religion anglicane fut entièrement renversée. Cela soit dit par rapport à l'Etat.

Par rapport à l'Eglise, vous a\ez très-bien jugé que cette Confession et les catéchismes sontpurementcalvinistes, etn'ont aucun rapport à la véritable croyance de l'Eglise anglicane. Aussi funiversiléd'Oxford, quoique quelques-uns de ses membres fussent engagés dans le parti des parlementaires, se contenta de céder à la violence en se taisant sur ces articles : mais elle ne les adopta jamais avec les formalités solennelles, comme lit celle de Cambridge, qui était toute remplie de presbytériens, qui firent la traduction que vous avez.

Voici les confessions de foi les plus solennelles, qui ont été laites eu Angleterre par l'autorité légitime des rois et du parlement.

La première est celle d'Edward VI, faite en 1552, et publiée en 1553, sous ce litre : Ariiculi de quibus in synodo Londinensi, anno Domini 1552, ad lollendam opinionum dissensionem, et consens um verœ reliyionis firmandum, inter episcopos et alios eruditos viros convenerat, regia auctoritale in lacem edili. Excusum Londini apud Reginaldum rVolfium, regiœ maj estait s in Laiinis typographum, an. Dom. 1553. 11 y en a une édition anglaise de la même année, chez Jean Day. Ils contiennent quarante-deux articles.

Le deuxième est de 1502 : Ariiculi de quibus conuenit inter archiepiscopos et episcopos utriusque provinciœ et clerum universum tn synodo Londini, anno 1562, secundum

au sens de la phrase : nous aimons mieux les laisser suppléer par le lecteur, que de rien hasarder.

irm

compututionein Ecclesiœ Anglicanes, ad tollendam opinionem dissensionum et consensum in vera religione firmandum, editi auctoritnle sercnissimœ reginœ Londini, apud Joan. Day, 1571. Ils furent imprimés en 1602, et ne lurent confirmés que celte année-là, suivant ces paroles qui sont à la lin : Hic liber antedictorum articulorum jam denuo approbatus est per assensum et consensum serin issimœ reginœ Elisabcthœ dominée nostrœ, Dei gratta Anyliœ, Franciœ et Hiberniœ reginœ, defensoris fidei; et rctinendus, et per tôt ton reynwn Angliœ exsequendus. Qui articuli et lecti sunt, et denuo confirmati subscriptione 1). archiepiscopi et episcoporum superioris àomus, et tolius cleri in [cricris domus, in convocation^ anno Domini 1571. Il y a en tout quarante articles, en y comprenant ce dernier. Ces articles, ou confession de foi, appelés communément les articles de 15G2, sont la lègle certaine de la créance de l'Eglise anglicane conformiste. On n'y a fait aucune innovation que par la confession de foi des parlementaires, qui est celle que vous avez. Car le roi Jacques, à son avènement h la couronne, confirma ces articles d'Elisabeth; et Charles Ier de même : ce qu'ils

PART. XIV. LETTRES DIVERSES. ItW

dictionis est communicalio sanyuinis Christi.

l'unis et rini transsubslantiatio in Eucharistia, ex sacris litteris probarinon potest; sedapertis Scripturœ verbis adversatur, sacramenti naturam evertit , et multturum superstitionum dédit occasionem. Ces paroles sont ajoutées et ne sont point dans l'article d'Edward, où suiventees paroles supprimées entièrement dans Elisabeth.

Cum naturœ humanœ veritas requirat ut unius cjusdernque hominis corpus in multis locis simul esse non possit, sed in uno alicpio et definito loco esse oporteat ; ideirco Chrisli corpus in multis et ditersis locis eodem tempore pressens esse non potest. Et quoniam, ut tradant sacrœ litterœ, Chrislus in cœlum fuit sublàlus, et tôt usque ud fincm sœ cuti est permansurus, non débet quisquam (idelium carnis ejus et sanguinis realem et corporalcm ut loquuntur, prœsentiam in Eucharislia vel credere ici profiteri.

Elisabeth poursuit par ces paroles, qui ne se trouvent point dans Edward :

Corpus Christi dalum accipitur et manducatur in cœna tantum cœlesli et spiritali ralione. Médium autem corpus Christi accipi-

v aj'iulèrenl fut quelques points concernant lur et manducatur in cœna, pcles est

ïa discipline ecclésiastique et la hiérarchie, qui n'ont pas de rapport à mon sujet.

Le roi Charles li, à son rétablissement, établit, par l'acte solennel dont il a été parlé ci-dessus, qu'on ferait une déclaration formelle avec serment de renoncer au Convenant, etde là à la doctrine de ceux qui disent qu'on peut prendre les armes contre son roi ; qu'on se conformerait à la liturgie et au rituel de la consécration des prêtres et évêques : et ces articles sont, devenus articles de foi pour les Anglais, comme celui du lest (3rtl), par lequel on renonce à la doclrine de la transsubstantiation, qui fut établi huit ou dix ans après ; car je ne me souviens pas précisément de l'année. Depuis ce lempsià, il n'y a eu aucune innovation.

Il est à remarquerqu'il y a une grande différence entre les articles d'Edward et ceux d'Elisabeth, en plusieurs articles. Le docteur Heylin, protestant très-modeste, les a fait imprimer e reyione dans sonHistoire delà Réfor

Sacramentum Eucharisties ex institutions Christi non servabatur; circumferebatur, elevabatur, nec adorabatur. Cet article est dans tous les deux.

Impii et fide viva deslilulijicct camaliter et visibililer, ut Augustinus loquitur, corporiset sanyuinis Christi sacramentum dentibus premant , nullo lamen modo Christi participes efficiunlur : sed polius tantœ rei sacramentum seu symbolum ad judicium sibi mandat ont et bibunt Cet article manque entièrement à ceux d'Edward VI.

Cela vous fera voir, Monseigneur, quelle est l'effronterie ou l'ignorance de Burnel, qui, dans son histoire, rapporte les paroles latines que vous avez lues, et que vous trouverez conformes dans le sens à cet article supprimé par celui d'Elisabeth sans marquer que c'était le sens Je celui d'Edward : d'où l'on peut juger de la vérité de Ja conséquence qu'il en tire, et qui est toute contraire à celle que lire Heylin dans sa

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wm/i'cmavecdes chiffres qui étaient faits pour préface de la Vie de William Laud, archevè renvoyer à des notes qu'il avait promises, el que de Cantorbéry.

qui furent supprimées; parce qu'apparem ment il ne jugea pas à propos de les publier.Je transcrirai ici l'article 27 d'Elisabeth, avec la différence de celui d'Edward VI.

Cœna Domini non est tantum signum mutuœ benevolentiœ Chris tianorum inier sise ; verum potius est sacramentum nostrœ per mortem Christi redemptionis (342).

Atque adeo, rite, digne et cum fide sumen

Burnet dit : « Cela fait voir que la doctrine de l'Eglise, souscrite par toute la convocation ou assemblée du clergé, était alors contraire à la doctrine de la présence réelle ou corporelle dans le sacrement. » En quoi il commet une insigne falsification, en donnant à entendre que réelle est la même chose que corporelle. Or, Heylin établit et prouve, que l'Eglise anglicane n'exclut que la pro-

tibus, panis quem franyimus est commtinica- sence corporelle, et tient la présence réelle tio corporis Christi : simililer poculum bene- Il cite Ridley, qui dit que dans le sacrement

(541) Test signifie épreuve, el le serment qu'il impose à ions ceux qui doivent exercer en Angleterre quelque office public, est ainsi appelé, parce qu'il sert à manifester leurs sentiments sur la religion. La parlement établit ce serment en 167", sous

Charles 11, pour s'opposer plus efficacement aux vues pacifiques de ce prince en faveur des Catholiques.

(542) Edward, ibid.

lr»«") Edward» ibid

:, Uhl VUES COMPLETES DE UOSSU ET. IU4ft

de l'autel Ml . le sang naturel do pou. ire à rotre Grandeur sur ce qu'elles jésus-l ■ \ iandre Nowel, t>roïocuteur voulu savoir de moi, louchant une concluion de 1562, où la transsuhs- sion que l'on dit avoir été faite par noire lantielion fut d raire à l'Ecriture, Faculté sur le mariage de HenriYJII Je voua qui, dans son Catéchisme, dit : Question, dirai, Monseigneur, ce aue j'en peux. savoir, tel ut omni sensu externe longe vous avouant que je n'ai sur ce sujet que ,,.rnnm est' RépoNSE. Corpus r! des conjectures, les registres de ce temps ne

- i, <ju<r /idelibus in Ccena Domi- se trouvant plus que dans nos archives. ■ mur. ab Mis nreipiuniur, come- Il est vrai que Bui nel rapporte celle con- ! ihuntur. culrsti tuntum et spiri- clusion loul entière dans son premier livre tuali modo, tere (amen atque re ipsa. Il en en anglais, page 62 de son Recueil : niais la cite encore d'autres, et surtout ce passage dilliculié est desavoir si elle a été vériiablc- Ireu s, évè |ue d*- Winchester, qui, éc'ri- ment laite par notre Faculté, telle que Burnel i contre Bellarmin, dit : Prœsentiam cre- nous la rapporte, ou si elle est supposée. us vu minus qttam vos veram : deinde de Sur quoi mon sentiment e*t qu'il est certentia modo nihil (ancre dejtnimuè. Je tain que notre Faculté a été consultée sur i s extrait l'article de l'Eucharistie : si ce sujet, et qu'elle a répondu à la cousultas m de ceux de la justification, lion qu'on lui avait faite. Cela parait par les s n verrai; ils sont aussi purement lettres originales du premier président Listes. Voilà pour ce qui regarde la set, qui était chargé de ménager la Faculté ssion de loi. sur cette alla ire. Ces lettres sont dans la bi- P :r Molinos, je crois, Monseigneur, que bliothèque du roi, et elles marquent que la vous avez vu le décret par lequel ses propo- Faculté a donné en ce temps son avis. Et silions sont censurées au nombre de soixante- M. Charles Dumoulin, dans ses notes sur le huit, qui esi imprimé. Il y a outre cela le cons il 602 de Décius, imprimées à Francprocès entier, qui tient plus d'une main de fort l'an 1587, en parle de celte manière : lapier, que j'ai lu; mais on ne me l'a pas Hanc quœstionem in magno fervore vidi in envoyé, el je n'ai osé prier mes amis de ce Sorbona, anno 1530; et tandem mense Junio de me faire une si longue copie, steterunt quadraginta duo Sorbonici pro af- M - j'ai un extrait de tout ce long procès, firmativa, quod Papa potest, quinque vero fait ne main de maître, avec diverses lettres; remittendum Ecclesiœ papali : sed quinquatoul à votre commandement. Il faut quelques ginta très major em partem facientes tenuejours pour copier tout cela. J'ai aussi le pro- runt pro negaliva : de qua parum curandum; i i - n extrait de ses deux disciples, dont les quia corrupti angelotis anglicis ita censueerreurs.étaient encore plus grandes. J'atten- runt. ut vidi pe.r attestaliones, jussu Frandrai vos ordres sur tout cela. cisci Galliarum régis, factas per defunctos Il est vrai qu'on fait des affaires à If. le Dufresnet et Poliol, parlamenti Parisiensis cardinal de Grenoble sur sa Lettre pastorale, prœsides, quibus lieda decanus Sorbonœ, et que le Pape lait examiner. 'Joules ces allai- Lisetus. tune ejusdem parlamenti prœses pri- - ont fort chagriné le Saint-Père, qui, de mus, multum gravabanlur. Voilà ce qui me colère, a été un mois au lit; car il se porte à 'ait croire qu'il y a eu un avis de notre Famerveille, culte sur ce sujet. Mais je crois aussi que Molinos était un des plus grands scélérats l'avis que rapporte Burnet n'est pas celui que qu'on puisse s'imaginer. Il est vrai qu'il di- 'a Faculté a donné.

rigeaït M. Favorili, el qu'il l'a asristé à la Premièrement, le style de cette conclumort. Il n'y a ordures exécrables qu'il n'ait sion» lel|e qu'elle est rapportée par Burnet, commises pendant vingt-deux ans, sans se n'est point conforme à celui dont la Faculté confesser. Par le procès, il paraît qu'il a se servaiten ce siècle. Cela paraîlpar la conavoué toutes ces choses. On y marque celles frontalion que l'on en peut faire avec les qu'il a niées. J'aurai l'honneur de vous en autres monuments de notie compagnie, que mander plus de nouvelles dans quelques nous avons du même temps, comme les deux jours. Il est temps de finir cette lettre, qui censures contre Erasme, faites en 1526 et p'esl que trop longue, en vous assurant tou- 1527 ; les articles proposés à François 1" en jours, Monseigneur, de la continuation de 15V2, et la censure contre Dumoulin en 1552. mes très-humbles respects. Aussi je me souviens que cette pièce, faisant Je remercie M. l'abbé Fleury de son sou- de la peine à un de mes amis, il demanda à venir, et le salue avec votre permission. M. Burnet, lorsqu'il vint à Paris, s'il avait A Paris, ce 13 octobre 1687. vu l'original : il lui avoua franchement qu'il

ne l'avait jamais vu ; mais seulement une

ipttrp rvriv copie dans un livre anglais imprimé sous LLiiKtLxuv. Htnri VUL de m. le feuvre, doctelr de soRBONNE. En second lieu, la pièce que rapporte lé- Sur une corn lusion que Von prétendait avoir dit sieur Burnel dit '\ue ''avis de la Fac"ulté été faite par (a Faculté de théologie tou- a élé donné» unammi consensu ad pluralitachant le manage de Henri VIII iem vocum •' f;e qu> ne convient pas avec ce ... qu'en dit Dumoulin, qui rapporte que le ri L j semaines que je n'ai point la sentiment pour Henri Vlll ne l'emporia que imerte ce mon appartement ni de mes livres; 0e dix suffrages. -est ce qui ma empêché jusqu'ici de ré- Troisièmement, les lettres du président

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