‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 206 sur 458 · UM · texte numérisé non relu

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PART. XIV. LETTRES DIVERSES

Psêï disent que l'avis que la Faculté donna ne plut pas au roi : d'où on doit conclure qu'il était autre que celui que l'on nous rapporte, puisque celui que l'on nous rapporte satisfaisant entièrement les prétentions de Henri VIII, il devait nécessairement plaire à François l", qui voulait pour lors faire plaisir à ce roi. Ce que dit M. Liset s'accorde assfz avec l'état des temps où l'on dît que pet avis a été donné. Tout le monde sait que François I" était irrité pour lors contre la Faculté , qu'il lui fit l'affront de vouloir que les ouvrages d'Erasme fussent examinés par toutes les compagnies de l'Université, conjointement avec celle de théologie, à qui il déclara ne pouvoir se fier; qu'il avait fait emprisonner, et ensuite exiler, le syndic et plusieurs autres docteurs. Une compagnie tout récemment maltraitée n'est guère en état d3 satisfaire, sur un point difficile, aux désirs d'un prince dont elle ressent si vivement l'indignation. Enfin, si la Faculté avait répondu à Henri VIII de la manière que Burnet nous le rapporte, il n'aurait pas été nécessaire qu'Elisabeth eût consulté la Faculté de droit canon de Paris, pour savoir si le mariage de son père

de la Faculté de

était légitime; la réponse théologie prévalant elle seule à tout ce que les autres Facultés du même lieu pouvaient décider. Or, nous avons dans la bibliothèque de M. Colbert la réponse en original de cette Faculté sur celte consultation.

Quant à ce que Dumoulin rapporte de la

M l'official qui lui parle, quoiqu'il se porta mieux, dont la médecine qu'on lui a fait prendre aujourd'hui est une marque.

J'ai fort pensé, depuis que nous avons parlé de la consultation que cite Burnet, h éclaircir ce fait. 11 est vrai que Fra-Paolo, dans son premier livre de VHisloire du, concile, dit que Henri VIII voulut consulter sur son affaire les universités de l'Europe, et que la plus grande partie des Ibéol )g!ens de Paris favorisa son dessein, en prononçant que la dispense qu'il avait obtenue de Rome pour épouser Catherine, veuve de son frère, était nulle, mais qu'on veut que son avis était plus fondé sur les dons du roi d'Angleterre que sur la raison. M. de Thou, dans son livre premier, page 23, met à peu près la même chose en ces termes : liex, qui jam ante annum, Catharina repudiata, Bolennm duxerat, exquisitis prius diversorum llieoloyorum sententiis imprimisque Parisie/isium, qui, ulirumor erat, pretio corrupti, consilio et divortio subscripseranl. Cet historien ne dit pas que la Faculté fut consultée; au lieu que le premier parlant de la plus grande partie, semble avoir lu Dumoulin, ou du moins écrit sur ses mémoires. C'est lui qui parle le plus distinctement de la consultalion. J'ai eu peine à trouver l'endroit : j'ai pour cela parcouru toutes ses œuvres, et je ne l'ai point vu dans celles qui portent sou nom, qui sont en trois tomes.

Enfin j'ai vu ce qu'il a fait sur les conseils de Decius, grand jurisconsulte milanais

nôtre, je m'étonne qu'il parle de visu, man- du siècledernier, qui n'est pas imprimé sous quant en deux faits dans son rapport : premièrement, dans la date de la réponse de la Faculté, qu'il dit avoir été faite au mois de juin; et, selon la pièce que produit Burnet, elle n'a été faite qu'au mois de juillet; secondement, en faisant entrer dans celte affaire Beda. qui était pour lors exilé.

Voilà, Monseigneur, ce que je sais présentement sur ce sujet : sitôt que je serai plus à moi et que j'aurai la liberté entière de mon appartement, que les maçons ont jusqu'ici occupé, j'approfondirai plus la chose, et ne manquerai pas d'envoyer à Votre Grandeur ce que j'aurai trouvé. Je suis, avec tout le respect possible, etc.

Le Feuvre, professeur en théologie.

Ce 16 mai 1687.

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