‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 213 sur 458 · DE M. PIROT, DOCTEUR DE SORBONXE · texte numérisé non relu

DE M. PIROT, DOCTEUR DE SORBONXE

// lut rapporte différents textes des Pères, gai ont pris le mot de « personne >< pour celui de « nature. »

Il est aisé de vous satisfaire sur la curiosité que vous avez de savoir si le mot de personne, soit en grec, soit en latin, a été pris pour celui de nature, et si saint Athanase et saint Ambroise ont parlé quelque part comme s'ils eussent reconnu deux personnes en Jésus-Christ. Je suis trèspersuadé que pas un des deux n'a mis en Jésus-Christ doux personnes, à prendre le mot de personne dans un sens propre; et

vous remarquez fort bien, Monseigneur, que

le premier, au contraire , dit positivement èv 7r/5ÔT<a-ov. Il ledit plus d'une fois dans le seul petit traité qu'il a fait De incarnat* Yerbi Dei, contre Paul de Hamosatc, qui est son ouvrage, quoique M. Dnpin s'imagin • sans raison qu'il n'est pas de lui : il le dii do même ailleurs. Mais Facundus Herrnianensis, dans son li\re xi, chapitre 2, cite un endroit de saint Athanase, comme tiré d'une épître Ad Anliochenos où ce Père dit formellement : Duas personas de Domino inveniens, unain quidem circa hominem , altérant autem tirca \erbum. Il est vrai que cette épître ne se trouve pas dans saint Athanase; c'est de ces OEuvres que l'injure dos temps nous a enlevées. Nous en avons une qui porte ce titre, et où cela n'est point : mais il n'y a pas d'apparence d'accuser Facundus de citer faux. Le P. Sirmond, dans ses notes, dit que c'est une autre épître que celle que nous avons , remarquant au reste que saint Athanase n'a pu mettre en Jésus-Christ deux personnes, mais seulement deux natures parfaites.

Saint Ambroise au livre n, De fide , chapitre k des anciennes éditions, qui dans la dernière est le 8e, numéro 60,parle ainsi de Jésus- Christ : Minor in nalura hominis, et miraris si ex persona hominis Palrein dixit majorem. qui in persona hominis se vermem dixit esse, non hominem Les Pères de Saint- Maur mettent cette note : Paulo durior videlur ea lo~ cutio, quippe quœ hominis naturam personamque saltem voce tenus confundat. Et ils foui encore une autre noie semblable au livre iv, ancienne édition, chapitre 3, et nouvelle, chapitre G, numéro 69. Quanvis ex personœ hominis incarnait susceptinne loqueretur; ce sont les paroles de saint Ambroise en cet endroit, et voici ce qu'y disent lesscholiastes : Jammonuimus vocan persono1 non semper stricte et scholastico riyoresumptam ab Ambrosio. El sanc hoc loco nihil aliud sonat, nisi in quantum homo. Qu'on fasse sur cela toute la glose qu'on voudra: si on dit qu'il est visible que saint Ambroise ne prend là le mot de personne i\u'abusive pour une qualité de nature, je l'avoue; mais il est toujours vrai qu'il l'a ainsi pris, quoique ailleurs il ne laisse nu' Jieu de douter de .-a foi. Le P. Pelau , au livre iv De la Trinité, chapitres 1, % 3 et h, mais particulièrement en ce dernier, et au livre v De. l'incarnation, chapitre 7, numéros 7, 8, 10 et autres, et à lire sur les différentes nolion> des tcviues(ïusie,tntijpostase, de nature, do personne, etc. : mais, Monseigneur, vous saurez mieux trouver tout cela (pie je ne pourrais vous I indiquer. Pardon de ma liberté : je suis avec un très-profond respect, etc. En Sorbonner ce 9 septembre 1G93.

P. S. J'aurais pu apporter encore, outre l'autorité de saint Athanase, tirée de Facundus, celle d'Luslaehe d'Antioche, que Facundus cite au môme livre xi, chapitre 1, pour prouver qu'il a mis ausai deux p*«i sonnes en Jésus-Christ , mais comme cela

,„ , li.i il S DE BOSSl ET

: tel, je no l'ai pas mar-

toutes mes libertés ; je n'en suis pas avec no respect moins profond, etc.

En Sorbonne, ce l\ juillet 1700.

1 il l*HE CCX1I.

m m»': Mr.

lad trinedei , touchant la décision

K8; '! sur les propositions qui tient être - oar l'assemblée du

Il me semble qu'il y a bien do temps que n'ai an de vus nouvelles. Pardonnez-moi je débute si familièrement : la bonté dont us foules bien me faire l'honneur d'en r avec moi , m'a accoutumé à vous avec eette liberté. Depuis le jour r< as me marquâtes que vous me donneriez vos ordres (je crois qu'il y a plus - semaines), je n'en ai reçu aucun de vous. Vous m'aviez ordonné de re- ; 1er l'autorité des évêques dans Gerson, r le sujet lies décisions dans la censure qu'ils ont droit de l'aire, dontje vous avais Dtretenu autrefois :je m'engageai à revoir ce qu'il en avait dit dans soir traité De exanatione doetrinarum. Je le lis aussi, et étais tout prêt à vous en rendre compte sur le premier ordre : apparemment vous aurez vous-même voulu examiner la chose. Si cela u'étail pas , j'y suppléerai aisément quand il \ous plaira : en attendant, vous pourrez à •dr voir ce que dit cet auteur, particulièi ement d;ms deux endroits où il traite cette i latière ex professo. Le premier est dans la remière partie de ses ouvrages, dans son traité De examinatione doetrinarum, partie première, considération m, où il marque le pouvoir des évêques de faire dans leurs dio- Bes un article de foi, en usant de leur droit avec les précautions convenables : l'auire est dans la quatrième partie de ses OEuvres, page 223, où en un feuillet il établit sa OClrine De propositionibus ab episcopo hœreticandis; et marque en quelle occasion un évêque doit user du pouvoir qu'il a de déclarer une proposition hérétique.

Si grand qu'on dit que soit le secret que *\ les prélats se sont promis sur la liste des : propositions à condamner, tout le monde ne laisse pas d'en parler ici. On dit qu'il y a un cahier imprimé, de 100 pag. , et qu'il fut donné à toute l'assemblée lundi dernier. Je croyais que vous m'eussiez dit que vous me donneriez des ordres sur cela : cependant je n'en ai rien su, et jusqu'à présent je n'ai point vu l'imprimé, et ne sais de quoi il s'auit. Vous savez, Monseigneur, que je ne me mêle de rien, si on ne m'y fait entrer ; et avec un autre même je n'en parlerais pas : ce n'est que l'attachement ijue j'ai à voire péroné, et que j'aurai toujours inviolablement, qui me fit vous offrir- tout ce qui serait à ma portée. Je ne doute pas que vous ne soyez l'âme de tout ce qui se fait, et que t ut ne se décide uniquement par vos conils. Vous savez qu'en quelque temps que -oit, et pour quelque affaire qui puisse .'■ mon ressort, personne n'est si absoimenl en voue main que moi. Pardon de

LETTRE CCXHI.

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