DE M. DE NOA1LLES , EVÊQUE DE CHALOXS , AL MÊME
Sur le même sujet et la même affaire (390).
Je suis persuadé que nous devons em- !ier, autant qu'il est en nous, les mariages dont vous me faites l'honneur de m'écrira, à moins qu'il n'y ait des raisons s-] ressanlesde les tolérer, comme la réunion d'une famille, la fin d'un scandale qui ne- pourrait êire arrêté par d'autres voies, et la réconciliation avec Dieu de deux personnes dont la damnation paraîtrait assurée sans cela. Hors ces cas là, qui n'arrivent pas si souvent qu'on croit, je pense que nous devons observer les règles à la rigueur.
II me paraitmeilleurd'écrireau cardinal dataire, pour empêcher qu'on ne donne trop légèrement des dispenses à Home, que de se pourvoir par appel comme d'abus; parce que les parlements les reçoivent, et les marais en profitent comme d'autres dans
l'occasion. Mais ces dispenses ne lient point les mains aux évêques : ils peuvent toujours en empêcher la fulminalion et l'exécution lorsqu'ils ne les jugent pas raisonnables, et
("90) Celte lettre s'élant trouvée jointe à celle de 1' u u nous avons cru ne devoir pas l'en séparer danst'impression; parce qu'elle en confirme la déci-
refuser les certificats de pauvreté, sans lesquels commnnémenl on n'accorde point ces dispenses à Rome. On peut encore déclarer aux banquiers, que s'ils ne communiquent
les causes des dispenses qu'ils veulent demander, on ne les recevra point. Je me suis servi de ce moyen, et m'en suis très-bien trouvé.
Voilà, Monseigneur, tout ce que je puis vous dire sur cette matière. J'ai bien de la joie de l'occasion qu'elle me donne de vous demander la continuation de l'honneur do votre amitié, et de vous assurer que je la mérite mieux qu'un autre, s'il ne faut peur cela qu'être avec beaucoup de respect et de sincérité, etc.
A Paris, ce 18 juillet 1G95.
EPISTOLA CCXXV1II.