‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 26 sur 458 · II. HISTOIRE I)î: trame, ijv. XV · texte numérisé non relu

II. HISTOIRE I)î: trame, ijv. XV

Il !

lion; et sur ce que Pescaire objectai! que comme Napoliiaiu.il avait juré tiJélilé à l'empereur, on lui répondit qu'il devait plutôt obéir au Saint-Siège, à qui appartenait la souveraineté absolue, qu'à l'empereur qui en relevait.

Le marquis parut satisfait de ces réponses et le traité fut résolu entre lui, Je Pape, les Vénitiens, et Moron, qui agissait pour le duc Sforce. La chose fut portée en France à la din.hessed'Angoulême,qui entra dans la confédération , irritée des nouvelles difficultés (pie faisait naître l'empereur [jour la délivrance du roi son fils, depuis qu'il le tenait en Espagne. Le duc de Milan étant tombé malade dans le même temps, l'exécution du traité fut différée, et Pescaire continuait à tout écouler.

Le roi fut attaqué dans le même temps d'une maladie dangereuse, causée par le chagrin où le jetèrent ses espérances frustrées, et la dure persévérance de l'empereur à ne le point voir. L'extrémité où était le roi lui fit changer de résolution : l'empereur savait la cause de son mal, et jugeant bien que sa présence en serait le meilleur remède, il résolut de lui rendre une visite, tant il eut peur de le perdre sans pouvoir profiter de sa prise. Il vint donc en poste de Tolède à Madrid, et l'exhortant de songer à sa santé, il lui donna sa parole de lui rendre sa liberté aussitôt qu'il serait guéri.

Ce discours lui redonna la vie, et la duchesse d'Alençon, sa sœur, étant arrivée dans ce temps, elle aida beaucoup à le rétablir; mais à mesure que les forces lui revenaient, la négociation devenait plus épineuse, et les ministres de l'empereur proposaient toujours de nouvelles difficultés. Cependant, comme il s'af;issait de donner au roi la princesse qui était promise au duc de Bourbon, la bienséance ne permettait pas à l'empereur d'aller plus avant sans la participation de ce prince; île sorte qu'il lui écrivit de sa propre main, pour l'invitera venir en Espagne. Il partit aussitôt qu'il eut reçu celte lettre, et un peu après le duc de Milan, qui venait de recouvrer sa santé, se vil en état de perdre entièrement son duché.

L'empereur avait su la conspiration, et Pescaire lui-même lui en avait donné l'avis; mais on doute s'il le fit de son bon gré, ou seulement parce qu'il apprit qu'il avait été averti d'ailleurs. On dit que Levé, ayant pris du soupçon des entretiens fréquents de Moncade avec le marquis, trouva moyen d'arrêter Monlebona, ministre du Pape, qui jamais ne fut vu depuis, et qu'il découvrit la conjuration par ses papiers qu'il surprit.

On ajoute que la régente, troublée de ee que Senti, ministre des Vénitiens, qui remportait les paquets, avaii été tué pa? do voleurs, donna ordre de tout déclarera l'empereur, de peur que sous ce prétexte il ne traitât le roi plus rigoureusement, et que ce fut pour cette raison que Pescaire, de son côté, avertit son maître, craignant d'eue prévenu.

Quoi qu'il en soit, l'empereur ou crut, ou

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I . mi il- i roire que Pea< aire n'avait éi outé les propositions tjue i sur tiror le sei rel des cou s , et i e qui es! assure . l 'es! qu'il

ne parut point qu'il eflldiminuésa confiance : il agit, au contraire, comme étant obligé au ii arquis de ce qu'il lui donnait le rooj en de

«opérer des Etats du duc de Milan, qu'il couvain |uail de félonie.

Ainsi il lui commanda d'arrêter Moron, et lui envoya d< nies de gouverneur rie

Milan, avec ordre de s'en rendre maître. Il nu fol pas difficile de s'assurerdu chancelier,

i ne se défiait de rien; il vint avec joie à \ rare, où Pescaire l'avait mandé sous préla i . ii lure le Iraité, ci fut mis incontinent en prison. Après cela Pescaire surprit enl toutes les places du Milanais, et étant entré dans Milan, il obligea tout lepeu- I le à jurer fidélité à l'empereur.

Il ne restait au <\\w que le château de Crémone et celui de .Milan, dans lequel il se renferma avec huit cents hommes seulement, mais avec une résolution que Pescaire n'attendait pas. Toute l'Italie prit l'alarme d'une usurpation si ouverte; les Vénitiens, qui n'espéraient plus faire un accord solide avec la régente, depuis que François s'était mis lui même hors d'état de profiter de leur secours, étaient sur le point de s'accommoder avec l'empereur.

Cette invasion suspendit le traité, et le Tape môme, malgré ses engagements précédents, ne voulait plus de paix avec l'empereur, s'il ne i établissait le duc Sforce. Cependant le duc de Bourbon arriva à la cour [l'Espagne, où il fut bien traité de Charles; mais il fut en horreur à tous les grands, jusque-là que, l'empereur ayant demandé à l'un d'eux sa maison jour le loger, il répondit que l'empereur pouvait disposer de tout; mais qu'il mettrait le feu dans son logis aussitôt que le duc en serait sorti, et n'y demeui ci ait jamais après qu'un traître y aurait logé.

La négociation pour la délivrance du roi se continuait et n'avançait pas. On lui demandait toujours des provinces, et ce prince, n'espérant plus aucune condition raisonnable, renvoya sa sœur, avec ordre de dire à sa mère qu'on ne pensât plus à lui, mais seulement au bien de l'Etat, et qu'on couronnât le Dauphin.

La duchesse partit quelque temps après avec, une extrême diligence , secrètement avertie que l'empereur voulait la surprendre sur ce que le terme de son passe-port allait expirer. On croit que ce fut le duc de Bourbon qui lui donna avis, touché d'amour pour celle belle princesse que le roi proposait de lui donner en mariage. Quoi qu'il en soit, elle se rendit en un jour dans les terres du roi de Navarre, à peu près dans le même

ops que ce prince s'était sauvé d'entre les mains des Espagnols , laissant à sa place un

ses pages qu'il avait mis dans son lit.

Par la retraite de la duchesse les affaires demeurèrent entre les mains des ambassadeurs que la régente avait envoyés avec elle. L'Italie cependant fut délivrée d'une

grande crainte par la mort de Pescaire, arrivée au commencement de décembre, il donna ordre en mourant qu'on délivrât Moron, hmieux d'avoir emprisonné un homme qui était venu sur sa parole. Il s'avisa trop tard de lui faire celte justice, et ses ordres demeurèrent sans exécution. Sitôt que l'empereur sut celle mort, il destina au duc de Bourbon le commandement de ses armées en Italie, et il fit mine de le vouloir faire duc de Milan. Voici ce qui le porta à ce dessein ou a cette feinte.

Il s'était embarrassé entre deux traités qu'on le pressait de conclure; le Pape et les Italiens demandaient le rétablissement de Sforce, prêts à s'accorder avec la France, s'il le refusait. D'un autre côté, les ambassadeurs de France s'étaient avancés jusqu'à céder la Bourgogne; il semblait que le roi ne s'en souciât plus, disant hautement que si on voulait qu'il tînt les conditions, il fallait qu'on lui en fît d'équitables.

Ce discours fut rapporté à l'empereur, qui ne s'en mit guère en peine, parce qu'il crut avoir trouvé les moyens de tenir le roi obligé par de bons otages qu'il se ferait donner en le délivrant : ainsi, la difficulté ne consistail, selon lui, qu'a déterminer avec qui il lui convenait le mieux de traiter. Les ministres espagnols étaient d'avis que ce fût avec les italiens; Lannoy et les Flamands, ravis de voir réunir en la personne de Charles loute la succession de la maison de Bourgogne, voulaient qu'il conclût avec le roi.

Les uns et les autres soutenaient que leur sentiment était le meilleur pour rendre l'empereur maître d'Italie. Les Espagnols prétendaient que, pourvu qu'il tînt le roi en prison, ni Sforce, ni le Pape, ni les Vénitiens ne lui seraient pas un grand obstacle: les Flamands disaient, au contraire, que pourvu que le roi lui abandonnât l'Italie par un bon traité, elie ne lui ferait aucune peine à conquérir.

L'empereur se détermina au dernier part:, ne pouvant se résoudre à rétablir Sforce, par la crainte qu'il avait d'être obligé de relâcher Moron en même temps. Il craignait ce rusé vieillard, qui remuait toute l'Italie, et il aima mieux encore délivrer le roi que lui; mais auparavant il appela Bourbon, et lui dit qu'il avait voulu le faire duc de Milan, du consentement des Italiens ; mais qu'ils s'obstinaient à conserver Sforce, et cependant que malgré eux il lui donnerait ce riche duché. Pour être en état de le faire , il lui dit qu'il fallait délivrer le roi de France ; et comme il ne le pouvait qu'en lui donnant sa sœur en mariage, il lui en demanda son consentement.

Le duc l'accorda sans peine, et à cause de sa nouvelle inclination pour la duchesse d'Alençon : pour la cachera l'empereur, il le pria seulement qu'il ne fût point présent aux fiançailles. L'empereur l'envoya en Italie, à la" place de Pescaire, et peu de jours après il conclut avec les ambassadeurs du France.

[15*26] Les conditions, arrêtées le ik de fé-

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